Marc Forster | Les cerfs-volants de Kaboul
[Dreamworks - 2007]


Sortie cinéma France : le 13/02/2008
Titre original : The kite runner
D’après le roman d’origine afghane de Khaled Hosseini paru en 2003 aux Etats-Unis et en 2005, en France, aux éditions Belfond.
Le film est superbe en tout ! Dès le générique début plein d’arabesques et de musique crescendo jusqu’aux premiers cadrages (cerf-volant, descente, pano, protagoniste, second plan, cartons contenant des livres fraîchement emballés), en quelques instants, on peut oublier la technique, car confiance en la maîtrise. Du coup, centrons nous sur l’histoire : deux amis, l’un domestique, l’autre fils de maître, l’un protège toujours l’autre, l’autre écrit des histoires et en lit à l’un, mais ensemble ce sont les sultans des cerfs-volants. Puis, Amir et Hassan se perdent de vue par lâcheté, mais se retrouvent, vingt ans plus tard, à cause de/grâce aux changements d’Histoire et par besoin de repentir. Kaboul, 1979 – San Francisco, 2000. Des émotions et des situations sans cesse renouvelées par un bon découpage de scénario. Quitte à faire critique à donf : « les cerfs-volants de Kaboul » est un chef d’œuvre !
Je n’ose pas raconter davantage l’histoire, car elle doit se vivre. On trépigne devant les secrets, on se cache les yeux, on se sent impuissant, bouleversé, on a envie de crier, de juger, de secouer, de tuer. Mais de quel droit possédons-nous la vérité ?
Une histoire…même si la réalité des faits et des passions nous fait envier la fiction.
Des acteurs naturels en profondeur, autant les enfants que les adultes (la séquence du responsable de l’orphelinat, qui se justifie, résume à lui seul l’ensemble), en personnages emportés malgré eux par l’Histoire et ses conséquences (l’Afghanistan est envahit par les soviet’, puis la mise en place des Talibans). Un débat ouvert sur l’actualité et un autre sur les personnalités. Un film coups de (Ka)boule à plusieurs couches.
La musique et les décors aidant, on est absorbé d’un bout à l’autre du film. Avec ce sentiment de frustration, lié à la position de spectateur. On reste assis et on écoute nerveusement, passivement. Les enseignements, les choix et le secret nous pèsent, peut-être davantage que les protagonistes eux-mêmes. Des images autant rudes, que joyeuses ou elliptiques, renforcées par des silences et des dialogues qui tranchent nets, adoucissent ou soulagent…
Au générique de fin, on ne sait plus quoi penser, sinon que « Les cerfs-volants de Kaboul » doit être vu pour vivre et que je n’oublierai jamais ce film.
[Anne A.]
www.lescerfsvolantsdekaboul.fr