Shane Acker | Numéro 9
[Focus Features - 2008]


Sortie salles en France : 19 août 2009
‘Numéro 9’ est un film d’animation mi-figue mi-raisin.
Pas assez motivant pour être incontournable. Techniquement bluffant pour ne pas être une daube. Niveau animation, rien à redire ; mais pour l’histoire, la profondeur des personnages, la crédibilité, ce n’est malheureusement pas le cas. A la fin de la projo, ’Numéro 9’ rend triste : on ressent la volonté d’avoir voulu faire un beau film, mais le rendu général n’est pas à la hauteur. Souci scénaristique ? Tout a-t-il été misé sur la qualité de l’image au détriment de l’ensemble ? Contrainte du format sur la durée du film ?
Afin de se mettre dans l’ambiance, un bref résumé :
L’espèce humaine a été éradiquée par les machines. Univers post-apocalyptique, la Terre est dévastée. Seuls subsistent quelques créatures faites de tissus et dotées d’une âme, ainsi que les machines. Une troupe de ces personnages en chiffons d’à peine 20 centimètres se constitue, au nombre de 9, pour lutter contre ces machines aux allures vraiment terrifiantes, hautes comme des immeubles, dotées de lames acérées et d’une intelligence artificielle puissante. Une rébellion dans le but de constituer un monde meilleur.
Qui gagne ? Malgré l’aberration, on s’en doute sans spoiler. Mais bon…il n’y a plus d’humains et certains numéros sont morts. Fin sur un coucher de soleil.
Peu touchant, peu drôle, peu attachant. On se demande aussi quel est le public visé. Adulte ? Enfant ? D’un côté, un univers très dark, peut-être trop pour un jeune public. De l’autre, pas suffisamment de force, ni de lectures, pour un public adulte. Sur quel pied danser ? Sur celui de l’image.
Car effectivement : c’est bien fait et très beau. Beaucoup de détails pour les décors et les personnages, des effets sonores intéressants, des mouvements fluides et précis. Mais l’intrigue, la chute, le contenu ? Le fait le plus frappant est le manque de compassion que l’on peut éprouver envers les héros, les liens sont difficiles à nouer. Vraiment trop déstabilisant. Finalement décevant.
Quand sur l’affiche du film est inscrit « La nouvelle production de Tim Burton, du jamais vu ! » (premiere.fr) ou « par le réalisateur visionnaire Shane Acker », après projection, on doute une nouvelle fois…
[Anne A.]