Papercuts, le webzine qui tranche
Invisible sur les écrans depuis plusieurs années, Emilio Estevez
(fils de Martin Sheen et frère de Charlie Sheen donc) se tourne petit à
petit vers une carrière de réalisateur. Si ses précédentes œuvres me
sont inconnues, celle ci risque d'être une pierre angulaire de sa
filmographie, un tournant même !
Avec Bobby, il signe un film choral (oui, encore un !) où 22
personnages se croisent dans un hôtel durant la journée du 5 Juin 1968
qui se finira par l'assassinat du candidat Robert F. Kennedy. Le
principal tour de force d' Estevez est d'avoir réussi à rendre toutes
ces histoires suffisamment intéressantes, humaines et touchantes pour
que l'on ne décroche pas tout le long du film. Grâce à un casting
hallucinant (plusieurs générations d'acteurs), chaque acteur joue son
petit numéro dans la peau d'un personnage attachant et rapidement
reconnaissable pour le public, le tout étant filmé avec une fluidité
déconcertante.
L'autre intérêt du film réside dans le portrait de l'Amérique en 1968 qui est dessiné. A mi-chemin entre l'espoir d'une nouvelle politique incarnée par RFK et l'exaspération de la guerre du Vietnam. De là à penser que le film fait écho à la politique actuelle, il n'y a qu'un pas…
Bobby est une œuvre politique et nostalgique de très belle facture juste gâchée par les quelques violons de la fin.
[Bob]









