Papercuts, le webzine qui tranche
Un film à écouter au casque, usage impeccable de la B.O. qui vient
souligner les instants avec puissance et justesse. Jefferson Airplane,
Pink Floyd, Rolling Stones, puis The Cure mêlent histoire de la musique
à l'enfance puis l'adolescence d'un gamin tiraillé par ses conflits
intérieurs.
‘CRAZY' synthétise une harmonie familiale rêvée par un père qui a du mal à tout accepter.
Le fils culpabilise et défie la mort par trois fois, cherchant à se
purifier des incompréhensions et devenir ce qu'on attend de lui. Pas
comme les autres, c'est « madame chose » qui vend des Tupperware qui le
lui a affirmé. Et pas uniquement parce qu'il a le don de calmer les
bébés et de guérir les brûlures.
Film québécois à l'accent attendu et aux expressions délicieuses, CRAZY fait perler les larmes aux cils derrière un nuage de Ventoline, de découvertes, de rages et d'humiliations. Le voyage initiatique, la douleur, les retrouvailles, tout est mené de main de maître et avec profondeur.
On commence par apprendre pourquoi Zac déteste Noël, on le voit grandir, chanter Bowie dans une chambre où s'affichent successivement ‘Dark Side of the Moon' et Sid Vicious, nettoyer la voiture en dansant sur ses patins à roulettes et bien mis dans son pattes d'eph. De 1960 à 1980, le rythme est dépourvu de temps mort et vous fait valser entre la boule à la gorge et le sourire heureux.
Mystique maternelle insufflant une dimension symbolique dans la quête de soi, un paternel chantant Aznavour aux réunions familiales, trois grands frères complètement abrutis et un disque qui représente tout. En somme, un film rock‘n' roll qui vous prend aux tripes.
[Clémence]









