Papercuts, le webzine qui tranche
Comme l'indique le titre, le thème central du film est le regard, lavision ; point de départ que la jeune réalisatrice explore dans lesmoindres recoins. Ainsi, tout d'abord, vis-à-vis de la narration,Jennifer Chambers Lynch propose trois visions différentes d'une mêmehistoire subtilement filmées avec chacune leur propre esthétique etphotographie. De plus, les trois témoins sont filmés pendant leurinterrogatoire : vieux mythe du méta-film et du questionnement duréalisateur sur son rôle dans le monde comme un clin d'œil auspectateur. Enfin, c'est le regard de la petite fille qui sera à deuxreprises un point clé du film, un regard qui démasque ce que lesadultes ne remarquent pas ou plus.
Le film est un régal du début à la fin avec une ironierafraîchissante dans les dialogues et les situations, qui le transformeen un manifeste de l'humour noir. Les grains de sable du désertcanadien sont si bien rendus par le grain de la pellicule (exacerbé àson maximum pour l'histoire de Bobbi et Johnny) que l'on se croiraitpresque en train de respirer le même air sec et suffocant que lespersonnages. Et pour couronner le tout, la bande-son est entraînante.
Cependant, le film semble jouer sur une certaine mode du cinémaindépendant américain (avec Quentin Tarantino en tête de file) quiremet au gout du jour les nanars et séries B (voire Z) qui n'étaientprojetés que dans les petits cinémas de quartier.
Par ailleurs, les clins d'œil de Jennifer à son papa David ne sontpas subtils : les bruitages faits de sons "lourds" typiquementlynchiens, la présence de Bill Pullman qui plus est quand il est filméen noir et blanc par la caméra (exactement comme dans ‘Lost Highway'),les deux "super flics" du FBI qui viennent prêter main forte à lapolice locale d'un bled paumé (référence évidente à ‘Twin Peaks')… Toutcela brouille les pistes et on peine véritablement à trouver la"marque" personnelle de la réalisatrice.
Le film aurait-il été présenté à Cannes si Jennifer n'était pas "lafille de" ? Je répondrais à cette polémique, qui a préoccupé nombres decinéphiles et critiques au mois de mai, en disant qu'il faudra surementattendre le troisième film pour savoir si le génie chez les Lynch estréellement héréditaire.
Le film est un régal du début à la fin avec une ironierafraîchissante dans les dialogues et les situations, qui le transformeen un manifeste de l'humour noir. Les grains de sable du désertcanadien sont si bien rendus par le grain de la pellicule (exacerbé àson maximum pour l'histoire de Bobbi et Johnny) que l'on se croiraitpresque en train de respirer le même air sec et suffocant que lespersonnages. Et pour couronner le tout, la bande-son est entraînante.
Cependant, le film semble jouer sur une certaine mode du cinémaindépendant américain (avec Quentin Tarantino en tête de file) quiremet au gout du jour les nanars et séries B (voire Z) qui n'étaientprojetés que dans les petits cinémas de quartier.
Par ailleurs, les clins d'œil de Jennifer à son papa David ne sontpas subtils : les bruitages faits de sons "lourds" typiquementlynchiens, la présence de Bill Pullman qui plus est quand il est filméen noir et blanc par la caméra (exactement comme dans ‘Lost Highway'),les deux "super flics" du FBI qui viennent prêter main forte à lapolice locale d'un bled paumé (référence évidente à ‘Twin Peaks')… Toutcela brouille les pistes et on peine véritablement à trouver la"marque" personnelle de la réalisatrice.
Le film aurait-il été présenté à Cannes si Jennifer n'était pas "lafille de" ? Je répondrais à cette polémique, qui a préoccupé nombres decinéphiles et critiques au mois de mai, en disant qu'il faudra surementattendre le troisième film pour savoir si le génie chez les Lynch estréellement héréditaire.
[Rosine]









