Papercuts, le webzine qui tranche
AMIS ROCKEURS CINEPHILES, BONSOIR !
Voici une modeste chronique sur un film qui est depuis trop
longtemps inconnu en France. Papercuts et moi, nous remédions à cette
absurdité par les phrases que vous trouverez ci-dessous. Bonne lecture
et que le rock'n'roll ait un meilleur futur que nos enfants !
Ce film est à la base une comédie musicale jouée en tant que ‘off
broadway' (l'institution ‘Broadway' est divisé en 3 parties : le
‘broadway' prestigieux sur Times Square, le ‘off broadway' plus intime
et dont les salles de représentations font entre 500 et 100 places, et,
le ‘off off broadway' avec une capacité d'accueil inférieure et une
vision expérimento-undergroundo-avant-gardiste. Le tout situé dans
Manhattan, à New York) en 1998. De nombreux acteurs se sont succédés
pour le rôle d'Hedwig. Mais un seul est resté dans l'histoire : John
Cameron Mitchell. Egalement acteur principal et vrai chanteur du film,
il est en plus le réalisateur (pour info : son dernier film sorti en
novembre 2006 est ‘Short Bus'). Homme multi-facettes, John Cameron
Mitchell colle à la peau d'Hedwig et ne fait plus qu'un avec ce corps
étrange et sensuel.
Succès théâtral grandissant, cette comédie dramatique fut alors un film dont voici l'histoire…
Hedwig est un transsexuel ayant passé son enfance en Allemagne de
l'Est. Sa transformation physique faite par amour la révèle, avec la
sensibilité et surtout une féminité que rare ont les femmes.
Naturellement, ‘elle' remplace le ‘il' dans la bouche pour parler du
personnage. Hedwig est une femme avec les qualités de ce sexe multiplié
par 10, mais aussi quelques défauts…
Hedwig est aussi leader rock star d'un groupe qui s'inspire de son histoire (son opération ratée ou Hedwig comme le mur de Berlin, qui sépare en deux les hommes et les femmes, sur lequel on crache dessus…). Ecumant les bars déserts et les fast foods, suivant obstinément son amour qui ne veut plus la reconnaître après avoir profité d'elle, vivant sa réalité avec comme support le rock et les paillettes … Hedwig a mal et pourtant, garde toujours la tête haute et combat. C'est pour ça que je l'aime : elle possède cette force d'avoir été piétinée et réussit à remonter la pente.
On compare Hedwig à ‘Priscilla folle du désert' pour le côté trans aux multiples costumes et perruques hors-normes. Mais la comparaison se fait davantage avec ‘The Rocky Horror Picture Show' (sorti en 1975, avec Tim Curry et Susan Sarandon). Pourtant ce n'est pas le même résultat. Tandis que l'un est une comédie musicale rock déjanté avec un transsexuel, l'autre est l'histoire d'une chanteuse déjanté avec son groupe de rock. Et la différence est énorme, comme l'émotion et l'humanité engagées.
Le film, après moult péripéties, le Prix du public et le Grand prix de la mise en scène au Festival de Sundance en 2001, est devenu une œuvre inconnue à tort. Une réalisation, une mise en scène à faire frémir tellement les angles de vue, l'agencement des scènes. Une rigueur et une beauté dans le jeu des acteurs à faire tomber (le rôle de Yitzhak est magnifique).
Ce film est extraordinaire. Une vie, du rock, de l'amour, du rire et des larmes, ce film d'un genre à part est une merveille. Par exemple, les séquences d'animation pleine de magie de Emily Hubley sur la chanson ‘Origin of Love' : de la poésie et de la violence brutes. Le film n'a peur de rien et se permet de marcher à contre-sens de la circulation avec le regard vers l'horizon et les cheveux dans le vent.
Hedwig and the angry inch, c'est aussi un cd agréable à écouter en boucle. La musique a été composé par un vrai rockeur de musicien, Stephen Trask. C'est par une rencontre dans un avion, que lui et John Cameron Mitchell créeront le projet Hedwig. L'un à la réalisation et au scénario, l'autre à la musique et aux paroles. Ces dernières sont une entité à part entière, si bien que l'album peut se suffire à lui-même. Car Hedwig est aussi une musique complète. Des morceaux doux, des morceaux virulents, de la pop, de la country, du punk avec le nuage bienveillant de l'esprit rock'n'roll qui plane au-dessus de tous les titres. Le matin, ça réveille et le soir après le boulot, ça apaise (expérience perso inside).
Du live ??? C'est désormais possible ! Vous pouvez aussi découvrir Hedwig and the angry inch sur les planches françaises. Avec une salle comble à La Scène Bastille le 19 janvier dernier, la troupe reprend pour un public francophone les débuts de Broadway et fait redémarrer la machine ! J'avais un peu peur, adorant la version originale, mais le spectacle live de la troupe est excellente. Les acteurs et les musiciens sont parfaits, ils ont réussi à prendre la pièce à cœur et à corps. J'en ai pleuré à la fin, comme à chaque visionnage du film.
Conclusion :
Le film est super. La Bande Originale est super. Du live et du rock !
Hedwig est donc une œuvre plus que entière et complète. A connaître
absolument !
[Anne A.]









