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John Waters

Pink Flamingos

[Dreamlanders - 1972]

Notation : 4

Attention à la Chanson de l'anus : risque de perte de mâchoire inférieure !

Certains films sont des ovnis cinématographiques. Les premiers du réalisateur américain John Waters méritent ce qualificatif et ‘Pink Flamingos' plus que les autres. Du kitch et du trash, il va très loin. Le spectateur alterne entre une bouche bée, un rictus de dégoût et des lèvres légèrement retroussées en forme de sourire. Explicitement : ‘c'est quoi ce délire', ‘c'est vraiment dégueu', ‘mais c'est drôle' (ordre désordonnable à l'infini + ajout de la mention ‘rire').

Babs Johnson, interprété par Divine, acteur-phare de John Waters, est l'être le plus répugnant des Etats-Unis. Il/elle est isolé(e) pépère dans sa caravane avec son fils aviphile, sa mère (parquée dans un parc pour enfants et à l'alimentation TRES restreinte) et une amie. Tout irait pour le mieux, si le titre honorifique (et justifié) n'était pas revendiqué par un couple, les Marbles. Attaque : ces deux envoient à Babs un colis ! (l'affront est si horrible que je n'ose en dévoiler le contenu. Quoiqu'il en soit…) …La guerre est déclarée !!!

Sous forme d'un reportage, un journaliste nous guide et créée des interludes parfois nécessaires à nos contractions maxillaires. L'action se situe à Baltimore, Maryland, ville que l'on retrouve dans quasi tous les films du réalisateur.
Même ville, mais aussi, même troupe d'acteurs. Les retrouver un peu partout dans la filmo est très agréable. Une sorte de famille : pour le meilleur et surtout pour le pire. Cette unité conduit, certainement, à la liberté visible de cette Extravagance : eux-mêmes, leurs personnages et leurs dialogues. Leur jeu est théâtral : exagéré dans les costumes, maquillages, gestes et parler…(les dialogues sont vraiment un point très fort du film)… Les statuts de direction d'acteurs et de réalisateur superbrain prennent du sens.

Le coffret dévédé, actuellement édité par Seven, offre un beau panel de la carrière de John Waters (souvent homme à plusieurs casquettes : écriture, montage, prise de vue…) :
‘Pink Flamingos'.
‘Hairspray' (1988) : histoire d'une ado ronde sachant danser le madison, sous fond de dénonciation de ségrégation. Visa : tout public.
‘Polyester' (1981) : filmé en Odorama ! Des pastilles odorantes sont fournies (temporairement. A l'époque, Canal + en distribuait à ses abonnés) pour immerger le spectateur dans l'ambiance sensorielle odorifique du film.
‘Female trouble' (1974) : fausse biographie où Divine, ado fugueuse puis femme, est persuadé(e) par un couple d'être une reine de beauté et de bon goût. Evidemment, à tort…
‘Desperate living' (1977) : après le meurtre de son mari, une névrosée et sa femme de ménage sont obligées d'aller vivre à Mortville, la ville de tous les déchets humains.
(ces deux derniers sont à rapprocher de ‘Pink Flamingos' pour le côté trash'n'kitch)

Personnellement, j'ai préféré ‘Pink flamingos' pour son côté dégueu et décalé, novateur à mes yeux (même si sorti en 1972, période ‘Rocky Horror Picture Show' et cinéma de minuit américain), et qui change des films édulcorés à grosse dose de marshmallow qui s'oublient direct après visionnage.

Du sexe hors frontière de la décence habituelle, du scato, du crado et une grosse dose d'humour (exhibitionnisme à base de saucisse de Strasbourg, la Chanson de l'anus…Ma scène préférée reste celle où ils lèchent toute une maison pour remporter le titre du plus immonde) sont la base du film… Du tellement hallucinant, que la question de notre positionnement en complément circonstanciel du lieu est en suspens jusqu'à l'apparition du générique de fin.

C'est le genre de film dont il faut absolument connaître l'existence, car c'est un Monument ! (mais âmes sensibles s'abstenir)

[Anne A.]

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John Waters - Pink Flamingos

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