Papercuts, le webzine qui tranche
Cinéaste spirituel et peintre amoureux de Paris ou il fit ses classesd'arts plastique, Kim Ki Duk, bien qu'ayant commencé sa carrière avecdes films violents, imposa peu à peu sa patte lénifiante aux amateursoccidentaux de cinéma coréen. Sa filmographie, bien que discrète,recèle pourtant quelques trésors, tels le contemplatif « L'île »(2001), le très zen « Printemps, été, automne, hiver... et printemps »(2004) ou le sulfureux « Bad Guy » (2005). Si l'ensemble de ses filmsest plastiquement irréprochable, tant par la beauté des images, lapudeur sentimentale dont font preuve les personnages que parl'universalité des thèmes abordés (le pardon, le cycle de la vie,l'amour, etc.), le réalisateur n'en oublie pas pour autant de sedémarquer de la nouvelle vague coréenne, en refusant les clichés «fluo-clipés».
Dans son dernier opus, une mère de famille (Park Ji-Ah), trompée,s'éprend d'un condamné à mort (Chang Chen), et va vivre avec lui unefolle passion durant ses dernières heures. Elle quitte ainsi sonappartement post moderne ou rumine son yuppie de mari, pour l'universcarcéral, ou se déclineront sur le thème des quatre saisons, desvariations sur la jalousie, le pardon, l'espoir et les manèges de lapassion. Particulièrement touchant et poétique, « Le souffle », àtravers la relation entre cette héroïne romanesque et ce condamné muet(il s'est tranché les cordes vocales en tentant de se suicider), nouslivre une fable silencieuse mais passionnée, à l'intensité croissante.Entre beauté décalée, sketches émouvants et présence de plus en plusasphyxiante de la finitude (celle du couple légitime, celle ducondamné, celle de l'amour), « Le souffle » passe peu à peu duburlesque (les chansonnettes dans le parloir) à l'âpreté la plustotale, lorsque l'héroïne tente de tuer son amant en l'étouffant dansune ultime étreinte. Tout en jeu de regard, brouillant les pistes,refusant toute explication au spectateur, la force dramatique desscènes insolites et poignantes nous laisse pantois et désarçonnés.
Mais la lenteur narrative se fait à son tour de plus en plus pesante,et le mutisme forcené des personnages, n'éructant que pour s'envoyerdes menaces conjugales au visage (c'est aussi vrai pour le couple quepour les détenus entre eux) freinent l'emphatie du spectateur. Tousdeviennent désagréables et les saynètes deviennent prévisibles. Deplus, la beauté des images qui faisaient jusque là la réputation de KKDest totalement absente : les couleurs sont fades, le grain grossier etles cadres, sans être assurément mauvais, n'ont rien de transcendant.
Dommage.
Dans son dernier opus, une mère de famille (Park Ji-Ah), trompée,s'éprend d'un condamné à mort (Chang Chen), et va vivre avec lui unefolle passion durant ses dernières heures. Elle quitte ainsi sonappartement post moderne ou rumine son yuppie de mari, pour l'universcarcéral, ou se déclineront sur le thème des quatre saisons, desvariations sur la jalousie, le pardon, l'espoir et les manèges de lapassion. Particulièrement touchant et poétique, « Le souffle », àtravers la relation entre cette héroïne romanesque et ce condamné muet(il s'est tranché les cordes vocales en tentant de se suicider), nouslivre une fable silencieuse mais passionnée, à l'intensité croissante.Entre beauté décalée, sketches émouvants et présence de plus en plusasphyxiante de la finitude (celle du couple légitime, celle ducondamné, celle de l'amour), « Le souffle » passe peu à peu duburlesque (les chansonnettes dans le parloir) à l'âpreté la plustotale, lorsque l'héroïne tente de tuer son amant en l'étouffant dansune ultime étreinte. Tout en jeu de regard, brouillant les pistes,refusant toute explication au spectateur, la force dramatique desscènes insolites et poignantes nous laisse pantois et désarçonnés.
Mais la lenteur narrative se fait à son tour de plus en plus pesante,et le mutisme forcené des personnages, n'éructant que pour s'envoyerdes menaces conjugales au visage (c'est aussi vrai pour le couple quepour les détenus entre eux) freinent l'emphatie du spectateur. Tousdeviennent désagréables et les saynètes deviennent prévisibles. Deplus, la beauté des images qui faisaient jusque là la réputation de KKDest totalement absente : les couleurs sont fades, le grain grossier etles cadres, sans être assurément mauvais, n'ont rien de transcendant.
Dommage.
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