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Sortie salle cinéma en France : 16 juillet 2008

Ce film est une expérience, autant pour le spectateur que pour son réalisateur. L'histoire : Kitano, dans son propre rôle, souhaite réaliser THE film. Dans une première partie, un narrateur extérieur narre. S'enchaînent alors différentes esquisses de styles de film, entrecoupées du regard et de la stature de Kitano, et de son pantin remplaçant.
Un rythme soutenu, une grosse dose d'humour, des séquences inoubliables constituent le second volet d'une trilogie qui se veut intimiste (le premier étant ‘Takeshis'' sorti en 2005 et le troisième ‘Achilles to Kame' sortira en 2009). Ce film fait mal par où il passe. ‘Glory to the filmmaker' ne laisse pas indifférent et permet une nouvelle ouverture sur le style cinématographique. Un monument !

Pour faire le film ultime, quel genre faut-il utiliser ? Après essais, ce sera finalement TOUS !!! Cette révélation amènera à la seconde partie. Romance, film d'époque, absurde, de combat, ninja, SF, gangster, institutionnel, comique, animation, fin du monde…Condensé agréable sous le couvert du Japon. On y reconnaît tous les aspects (temples, soupe de nouilles, ingéniosités robotiques, arts martiaux, vie d'antan, geisha, modernité…), un délice pour les amateurs du pays du Soleil Levant. Un certain regard ironique est lancé sur le cinéma américain qui copie et joue les Sauveurs. Le Japon en force et c'est Kitano aux commandes.

Il s'insère dans chaque séquence, parlant peu. Son expression faciale inexpressive se veut facilitateur d'effet Koulechov et tranche de rigolade pour le spectateur. Il est là et il est grand. Tout sort de sa tête, ça foisonne et fusionne. Ça part dans tous les sens. La première partie tâtonne pour le plaisir, la seconde accélère le processus de création. Car il s'agit ici d'un concept de création nouveau dans le monde du cinéma ! Dans les styles, les lieux, les formes et les actions…reprenant EN PLUS l'histoire cinématographique japonaise.

Difficile à décrire plus en détail. C'est un film entier qui se voit et s'absorbe. Certains parleront de Kafka, d'autres d'une œuvre révolutionnaire ou de rébellion contre les étiquettes. Perso, ce fut un grand moment sur grand écran. Une envie de le revoir plusieurs fois de suite, par gourmandise, pour le côté décalé et loufoque, ou pour reprendre plus facilement chaque détail bien visible ou non.

Première semaine, une unique salle de projection à Paris…'Glory to the filmmaker' mérite plus ! Genre : expérimental. Et alors ? Peu conforme oui, mais non informe, plutôt même multiforme. Ce réalisateur/scénariste/acteur a 12 réalisations à son actif (dont ‘Aniki, mon frère', Dolls' et ‘Zatoichi'). La critique a toujours été de son côté, pourquoi alors cacher ce film ? Prouesse scénaristique, car les idées englobent l'ensemble de l'écran et se poursuivent sans temps mort.
Définitivement, ce film vaut le coup d'être reconnu.

[Anne A.]

www.myspace.com/

Kitano Takeshi - Glory to the filmmaker (Kantoku Banzai !)

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