Papercuts, le webzine qui tranche
Faire un remake est toujours un exercice difficile, qui plus est
lorsque l'original est déjà une référence dans le style. Tel est le cas
d'Infernal Affairs, polar made in Hong Kong sorti en 2002 et ayant
donné naissance à une trilogie. On pouvait donc être dubitatif sur
l'intérêt de revisiter ce film sauf que la personne en charge de cette
entreprise se nomme Martin Scorsese !
Pour son retour à son style de prédilection, le polar mafieux, le
réalisateur des Affranchis et Casino s'est totalement réapproprié le
scénario. Si l'histoire reste assez proche de l'original (bien qu'il
dure une heure de plus), le milieu n'est plus le même (la pègre
irlandaise à Boston) et surtout le ton du film change radicalement. Si
Infernal Affairs était un polar tendu et nerveux, Les Infiltrés joue la
carte du second degré avec un humour présent tout le long du film.
Chaque acteur livre son petit numéro, à l'instar de Jack Nicholson plus
cabotin que jamais, dans des scènes toutes aussi jouissives les unes
que les autres! Pourtant parmi toutes cette pléiade de stars, c'est
bien le plus sobre d'entre eux qui vole la vedette. Leonardo Di Caprio
prouve, film après film, qu'il est bien un grand acteur et pas
seulement le joli gamin de Titanic.
Au final, plus qu'un énième remake américain, il s'agit d'une véritable relecture du sujet tant les enjeux des films sont différents. Malgré une fin « grand guignolesque », Scorsese signe là un grand remake comme il l'avait déjà fait avec Les Nerfs à Vif prouvant qu'il reste encore l'un des plus grands réalisateurs actuels.
[Bob]









