Papercuts, le webzine qui tranche
Bronson, à ne pas confondre avec l'acteur lituano-américain, est le nom de guerre de Michael Peterson, a.k.a le prisonnier le plus dangereux d'Angleterre. Mais qu'on ne s'y trompe pas ; Bronson (le film) n'est pas un film de prisonnier qui tenterait de s'échapper des geôles de sa Royale Majesté, car avec 34 ans de prison dont 30 en isolement entrecoupés de seulement deux périodes de libertés de 69 et 52 jours, le souhait de Charlie Bronson serait plutôt d'y rester.
Bronson est avant tout un personnage. Nous l'avons déjà dit, il est le prisonnier le plus dangereux et par la même le plus couteux d'Angleterre. Mais il est également le plus connu : auteur de onzes livres dont un guide de musculation (Solitary Fitness) et un recueil de poèmes salué par la critique littéraire londonienne, il s'est consacré également à la peinture (un rendu entre Francis bacon, George Grosz et la tripotée d'aliénés de Dubuffet). Il n'empêche que même jugé sain d'esprit, il reste détenu de catégorie A. Il est également le seul prisonnier à être resté en prison si longtemps derrière les barreaux, sans avoir tué ni violé personne.
Pour mener à bien ce biopic, le producteur a fait appel à une sérieuse équipe de gros bras. D'abord le réalisateur danois Nicolas Winding Refn, déjà responsable de films musclés alternatifs tels que la trilogie « The Pusher » ou « Inside Job ». A noter que NWR s'est vu remettre le prix « sang neuf » du Festival du film policier de Beaune pour son dernier né.
Ensuite Tom Hardy, qui porte véritablement le film de bout en bout. Souvenez vous, on l'avait aperçu dans « Band of Brothers » et « La Chute du Faucon Noir » à ses débuts ; puis dans « Layer Cake », à côté du futur body buildé Daniel Craig, et dans le « Marie Antoinette » de Sofia Coppola. Pour camper un personnage tel que Bronson, hyperviolent, crâne rasé à blanc, moustaches en guidon de vélo, capable d'enchainer 2500 (oui, deux mille cinq cents) pompes par jour, notre jeune Hardy a donc du prendre quelques kilos, le métamorphosant en quelque matamore improbable, digne de nos lutteurs de foire d'antan. Du fait du peu de scénario inhérent à ce genre de biopic, le film repose donc entièrement sur la performance de Tom Hardy, qui a su rendre toute la violence et la folie, mais aussi l'humour décalé et le perpétuel questionnement intérieur de Charlie Bronson.
Dans sa structure, Bronson est un enchainement chronologique de scènes de brutalité (plus que de violence) extrême, entrecoupées de scénettes comiques, durant lesquelles Bronson, grimé en clown blanc et noir (mi clown triste, mi baron samedi), sur une scène de théâtre, se fait le narrateur de sa propre histoire, thuriféraire de sa philosophie de vie.
On notera également la qualité de la direction du film ; la caméra est toujours juste, la photographie à chaque instant adéquate, et l'action servie par de la musique classique symphonique (Le chœur des esclaves du Nabucco de Verdi, Madame Butterfly de Puccini, Le Crépuscule des Dieux de Wagner), tant et ci bien que la comparaison avec « Orange Méchanique » de Stanley Kubrick n'est pas vide de sens. Aussi, si vous êtes un temps soit peu amateur de films indy – nul besoin ici de goûter au gore, vous seriez d'ailleurs déçus – ruez vous dans les salles, c'est un « must see » !
Bronson est avant tout un personnage. Nous l'avons déjà dit, il est le prisonnier le plus dangereux et par la même le plus couteux d'Angleterre. Mais il est également le plus connu : auteur de onzes livres dont un guide de musculation (Solitary Fitness) et un recueil de poèmes salué par la critique littéraire londonienne, il s'est consacré également à la peinture (un rendu entre Francis bacon, George Grosz et la tripotée d'aliénés de Dubuffet). Il n'empêche que même jugé sain d'esprit, il reste détenu de catégorie A. Il est également le seul prisonnier à être resté en prison si longtemps derrière les barreaux, sans avoir tué ni violé personne.
Pour mener à bien ce biopic, le producteur a fait appel à une sérieuse équipe de gros bras. D'abord le réalisateur danois Nicolas Winding Refn, déjà responsable de films musclés alternatifs tels que la trilogie « The Pusher » ou « Inside Job ». A noter que NWR s'est vu remettre le prix « sang neuf » du Festival du film policier de Beaune pour son dernier né.
Ensuite Tom Hardy, qui porte véritablement le film de bout en bout. Souvenez vous, on l'avait aperçu dans « Band of Brothers » et « La Chute du Faucon Noir » à ses débuts ; puis dans « Layer Cake », à côté du futur body buildé Daniel Craig, et dans le « Marie Antoinette » de Sofia Coppola. Pour camper un personnage tel que Bronson, hyperviolent, crâne rasé à blanc, moustaches en guidon de vélo, capable d'enchainer 2500 (oui, deux mille cinq cents) pompes par jour, notre jeune Hardy a donc du prendre quelques kilos, le métamorphosant en quelque matamore improbable, digne de nos lutteurs de foire d'antan. Du fait du peu de scénario inhérent à ce genre de biopic, le film repose donc entièrement sur la performance de Tom Hardy, qui a su rendre toute la violence et la folie, mais aussi l'humour décalé et le perpétuel questionnement intérieur de Charlie Bronson.
Dans sa structure, Bronson est un enchainement chronologique de scènes de brutalité (plus que de violence) extrême, entrecoupées de scénettes comiques, durant lesquelles Bronson, grimé en clown blanc et noir (mi clown triste, mi baron samedi), sur une scène de théâtre, se fait le narrateur de sa propre histoire, thuriféraire de sa philosophie de vie.
On notera également la qualité de la direction du film ; la caméra est toujours juste, la photographie à chaque instant adéquate, et l'action servie par de la musique classique symphonique (Le chœur des esclaves du Nabucco de Verdi, Madame Butterfly de Puccini, Le Crépuscule des Dieux de Wagner), tant et ci bien que la comparaison avec « Orange Méchanique » de Stanley Kubrick n'est pas vide de sens. Aussi, si vous êtes un temps soit peu amateur de films indy – nul besoin ici de goûter au gore, vous seriez d'ailleurs déçus – ruez vous dans les salles, c'est un « must see » !
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