Papercuts, le webzine qui tranche
Sortie salles en France : 17 mars 2010
De prime abord, Pascal Chaumeil semble ne rien vouloir nous épargner. Sa radicalité à accumuler les poncifs pourrait nous laisser croire que nous tenons là le nanar de l'année, le coup de grâce, la sailli ultime des grandes œuvres sur le mal-être des trentenaires célibataires. Le synopsis est assez effrayant : Alex, briseur de couples professionnel, a pour mission d'empêcher le mariage entre Juliette et son milliardaire de boyfriend avant de succomber au charme de sa « victime ». Ajoutez à cela des paysages de carte postale, des chansons néo-bobo ultra-calibrée (Cocoon, Peter Von Poehl…), le cabotinage de Romain Duris, la dentition « Yannick Noah » de Vanessa Paradis (qui au passage n'avait jamais vraiment brillé sur grand écran), des aberrations scénaristiques (les motivations du père de la future mariée restent somme toute très sommaires), des situations éculées (de 'Mary à tout prix' aux intrigues élaborées par Barbara Cartland et Danielle Steel) ou, dans une moindre mesure, le jeu de mot fort dispensable du titre. Arrosez le tout avec un message racoleur prônant l'amour comme valeur ultime aux dépens de toute forme de matérialisme ou confort social, dans un film pourtant dépourvu du moindre souffle contestataire et un tant soit peu subversif.
Et pourtant, le film, tel un exercice d'équilibriste parfaitement maîtrisé, fonctionne. En prenant la mesure de la catastrophe potentielle, le réalisateur a l'intelligence de détourner les codes de la romance avec humour, sans pour autant sombrer dans la parodie qui aurait dévitalisé le film de sa puissance romantique. Il peut s'appuyer pour cela sur les personnages incarnés par François Damiens et Julie Ferrier, parfait contrepoint du couple Duris/Paradis contraint de respecter le cahier des charges induit par toute comédie romantique (leur refuser une idylle équivaudrait à priver Jean-Pierre Pernaut de son sujet sur l'héroïsme des marmottes en Haute-Savoie). En héritier – quoique lointain – de la screwball comedy, Pascal Chaumeil n'hésite pas, par endroits, à sortir des sentiers battus allant jusqu'à s'autoriser un hommage à ce grand nanar qu'est 'Dirty Dancing', notamment dans une scène au charme désuet et à l'absurde hautement assumé.
Loin, très loin, d'être un film innovant sur quelque point de vue, 'L'Arnacoeur' n'en demeure pas moins une excellente surprise promise à un grand succès, pour une fois bel et bien mérité.
De prime abord, Pascal Chaumeil semble ne rien vouloir nous épargner. Sa radicalité à accumuler les poncifs pourrait nous laisser croire que nous tenons là le nanar de l'année, le coup de grâce, la sailli ultime des grandes œuvres sur le mal-être des trentenaires célibataires. Le synopsis est assez effrayant : Alex, briseur de couples professionnel, a pour mission d'empêcher le mariage entre Juliette et son milliardaire de boyfriend avant de succomber au charme de sa « victime ». Ajoutez à cela des paysages de carte postale, des chansons néo-bobo ultra-calibrée (Cocoon, Peter Von Poehl…), le cabotinage de Romain Duris, la dentition « Yannick Noah » de Vanessa Paradis (qui au passage n'avait jamais vraiment brillé sur grand écran), des aberrations scénaristiques (les motivations du père de la future mariée restent somme toute très sommaires), des situations éculées (de 'Mary à tout prix' aux intrigues élaborées par Barbara Cartland et Danielle Steel) ou, dans une moindre mesure, le jeu de mot fort dispensable du titre. Arrosez le tout avec un message racoleur prônant l'amour comme valeur ultime aux dépens de toute forme de matérialisme ou confort social, dans un film pourtant dépourvu du moindre souffle contestataire et un tant soit peu subversif.
Et pourtant, le film, tel un exercice d'équilibriste parfaitement maîtrisé, fonctionne. En prenant la mesure de la catastrophe potentielle, le réalisateur a l'intelligence de détourner les codes de la romance avec humour, sans pour autant sombrer dans la parodie qui aurait dévitalisé le film de sa puissance romantique. Il peut s'appuyer pour cela sur les personnages incarnés par François Damiens et Julie Ferrier, parfait contrepoint du couple Duris/Paradis contraint de respecter le cahier des charges induit par toute comédie romantique (leur refuser une idylle équivaudrait à priver Jean-Pierre Pernaut de son sujet sur l'héroïsme des marmottes en Haute-Savoie). En héritier – quoique lointain – de la screwball comedy, Pascal Chaumeil n'hésite pas, par endroits, à sortir des sentiers battus allant jusqu'à s'autoriser un hommage à ce grand nanar qu'est 'Dirty Dancing', notamment dans une scène au charme désuet et à l'absurde hautement assumé.
Loin, très loin, d'être un film innovant sur quelque point de vue, 'L'Arnacoeur' n'en demeure pas moins une excellente surprise promise à un grand succès, pour une fois bel et bien mérité.
[Thomas]
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