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Shawn Levy

Crazy Night

[20th Century Fox - 2009]

Notation : 1

Sortie salles en France : 12 mai 2010


Il est possible de s'amuser devant un drame raté, un film d'action ringard, un trip expérimental fumeux, voire devant une bande de Schtroumpfs géants communiquant leur amour de la nature avec leur trompe. Mais comment prendre du plaisir devant une comédie qui ne propose que les oripeaux de l'humour ?
Dans 'Crazy Night', un couple vivote tranquillement dans la banlieue new-yorkaise en mangeant des patates au saumon au restaurant (humour, chacun prend toujours le même plat), en imaginant les conversations des couples l'entourant (humour, vie par procuration), puis se retrouve pris dans un engrenage suite à un quiproquo (humour, « j'suis pas Tom Cruise »). Idée de départ sympa, matinée d'hommages plus ou moins affichés à quelques grands classiques – on pense pèle mêle à 'La mort aux trousses', aux 'Affranchis', ou à 'After Hours'. Las, après un démarrage laborieux, de laborieuses courses poursuites viennent compléter des dialogues non moins laborieux avant d'aboutir à un dénouement lui aussi – ô surprise – laborieux. Cette cohérence est d'ailleurs la principale réussite du film.

Face à pareil désastre, on ne cherchera même pas à déceler les clichés véhiculés par le film : le couple comme valeur-refuge, la luxure comme ultime hérésie, la virilité comme mode de reconquête de la femme, etc. 'Crazy Night', en pur produit « familial », s'évertue à ne surtout pas heurter la sensibilité du moindre spectateur - un comble pour une comédie produite en 2010, à l'ère des frères Farrelly, de 'Austin Powers' ou de 'OSS 117'. Les méchants – qui incarnent en général l'élément transgressif et perturbateur au sein du récit – sont ici quasiment absents et personnifiés par deux flics corrompus passant leur temps à tirer n'importe où et n'importe comment. Même Ray Liotta, en mafieux notoire, ne suffit pas à élever le niveau. Reste Mark Wahlberg en espion bodybuildé qui a égaré sa chemise, malheureusement trop peu exploité.

On regrette d'autant un tel échec que le bêtisier dans le générique de fin laisse entrevoir tout le potentiel comique qui émane de Steve Carell et Tina Fey, potentiel absolument subsumé par un scénario à l'encéphalogramme plat. Pour peu, on serait prompt à défendre le prochain film de Michaël Youn plutôt que ce nanar d'un autre temps. Non mais là, c'est nous qui plaisantons.

[Thomas]

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Shawn Levy - Crazy Night

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