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Interviews

Gojira | Buddha rocks !
[Christian Andreu au Zénith - 2008]

Gojira

Ils mangent bio, méditent sous un arbre de bouddha, jouent du death en première partie de Metallica, sont frenchy et sortent leur quatrième album. Interview express avant un changement de plateau au Zénith de Paris avec Christian, guitariste de Gojira :

 Apres cette tournée européenne d’une vingtaine de dates, vous enchainez dès novembre sur une nouvelle tournée américaine avant de revenir pour une tournée française. Ca y-est, vous êtes devenus stakhanovistes ?
Ouais, on est hyper motivés !

Vous terminez cette tournée par deux dates chez vous, à Biarritz, à l’Attabal. Vous gardez le meilleur pour la fin ?
Exactement ! (rires) Nan en fait c’est Emma, notre tour manager, qui a géré ça, donc ça n’a rien d’une volonté particulière, mais on est super contents. On n’est pas chauvin, mais en tout cas moi ça m’enchante.

La première fois que je vous ai vu, c’était dans une petite salle de 600 personnes, et ce soir vous jouez dans une salle de 6000 personnes. Dans quelle genre de salles jouiez-vous aux States ?

On a fait trois tournées aux US ; avec Machine Head et Lamb of God, on a fait que des grosses salles, entre 2000 et 5000 personnes. Sur la première tournée en revanche c’était plus petit, mais tout en restant de super salles, entre 1000 et 1500 places à peu près.

Avez-vous eu le sentiment, depuis la scène, qu’un buzz se créait aux EU autour de Gojira, qu’au fur et à mesure, des fans venaient pour vous ?
Oui, il commence vraiment à y avoir un buzz, grâce à Randy (le chanteur de Lamb of God) qui nous a mis un coup de boost, et notre album est bien attendu là bas. From Mars… s’était bien déjà vendu, et il nous tarde d’y retourner pour voir ce que ça donne.
Parle-moi de cette tournée à venir.
On y retourne avec In Flames, en tête d’affiche, avec trois autres groupes dont nous. On joue en seconde position, donc c’est pas encore la tête d’affiche mais ça va venir !

Et les conditions de tournée ne sont plus les même que pendant « The Link Alive » j’imagine.
Ah ouais c’est sûr ! On est plus en van, on est en tour bus, c’est vraiment génial, chacun a son espace, et tout… c'est vraiment confortable.

Même équipe ?
Non, l’ingé son est toujours là, mais l’ingé lumière nous a quitté. Tu sais c’était Toto, ce fameux personnage, qui est parti. Il continue sa vie, fait autre chose… Donc là c’est Céline pour cette tournée, et après on verra avec qui on travaillera… Mais sinon, oui, on prend les même et on recommence.

Et pour ce qui est de la vidéo, vous travaillez toujours avec Alain Duplantier ?
Non, alors on va surement refaire un clip avec Alain Duplantier, qui est en fait un cousin un peu éloigné du père de Joe, en tout cas on aimerait bien, mais là on a bossé (pour le clip de Vacuity) avec une équipe tourangelle. Et ils ont vraiment fait du bon boulot, le clip est superbe.

Bon, parlons album. Vous aves enregistré les batteries avec Logan Mader, puis les instruments chez vous à Ondres, et vous êtes retournés faire le mastering aux US. C'est une nouvelle méthode pour vous, alors rétrospectivement, comment trouvez vous cette façon de faire ?

On voulait sonner plus sombre, plus gros, plus américain… Plus pro en fait, par rapport aux albums précédents qu’on avait fait à la maison en fait. The Link était un essai par rapport au studio qu’on venait d’acquérir, on s’est fait la main dessus en quelque sorte. From Mars…était un peu mieux maitrisé, même si les batteries ont été enregistrées au Florida à Agen. Mais là on voulait quelque chose d’un peu plus concret, donc Joe a rencontré Max et Igor Cavalera pour enregistrer la basse sur leur projet, et là bas il a rencontré Logan Mader, et ils sont devenus très proches, vraiment liés, et donc Logan était super motivé pour faire l’album, il n’arrêtait pas de dire à Joe « vas y moi je veux le faire cet album » et donc il s’est dit pourquoi pas, et ça s’est fait naturellement. Et quand il a annoncé ça au groupe on était tous super excités parce que c’est un mec qui bosse vraiment super bien. Et on sentait qu'il pouvait nous apporter le son qui nous correspondait. Et puis on voulait se détacher de ce boulot là aussi. Et au final on est très satisfait du son !

Enorme son effectivement. Alors justement question son, le matos joue une part importante, et lorsque vous êtes passés de Gibson à Jackson pour votre endorsment, j’avoue ne pas avoir compris…
Ouais, c’est vrai que c’est très différent… mais je t’avoue qu’on a pas réellement la possibilité de choisir sur quoi on joue, c’est pas aussi simple, il y a plein de contrats. Et avec Gibson, il y a des choses qu’on n’aimait pas forcement dans leur façon de travailler. La dessus Jackson nous a proposé un contrat, on a choisi des guitares, et là moi j’adore, le modèle que j’ai, la Randy Rhoads c’est vraiment un modèle que je voulais depuis longtemps, donc j’ai sauté sur l’occasion ! Et puis les mecs de Jackson nous suivent à fond, les contrats sont respectés, on est contents du partenariat, alors qu’à l’époque Gibson, ça se passait bien mais… il y avait un « mais »…

Et question endorsment, vous êtes équipés de pied en cape : lunettes avec Von Zipper, basquettes avec Globe, à quand les caleçons Pull-In ?
(Rires) On y pense ! Ca arrive !

En tout cas c’est très axé « Hossegore – Cap Breton » ces marques, vous surfez ?
Mario oui, il fait du body board, moi aussi pendant des années, mais pas à son niveau.

Bon assez parlé fringues ! Parle-moi plutôt de la genèse de « The Way of all Flesh ». Thématiquement on l’aura compris, cet album tourne autour de la mort, mais musicalement, comment arrives-tu à retranscrire cela ?
Moi j’accompagne Joe, parce que c’est lui qui amène les riffs. En tout cas pour cet album, c’est lui et Mario qui ont quasiment tout composé à deux, même si j’ai amené deux ou trois riffs. Mais on se connaît depuis dix ans, on se parle beaucoup dans le groupe, et on a tous le même état d’esprit par rapport à ce que dit Joe. Je vis ce qu’il dit dans ses textes, je ne pourrais pas te les expliquer aussi bien que lui, mais, tu vois la mort, c’est un sujet qui me parle : on a 30, 35 ans, et puis, bon on finira tous dans un caveau, donc voilà. C’est comme l’environnement, je me sens très concerné par ce qui se passe sur la planète… Mais sur ce point c’est plus dans mes gestes quotidiens que je vis ça : je mange bio parce que ce faisant tu favorises le fait que les agriculteurs ne mettent pas de pesticides dans la terre. Musicalement, apres, ça vient un peu naturellement… je sais pas, t’es musicien ?

J’avais une Randhy Roads et je mange bio…
Eh ben voila, musicalement tu joues ce que tu es.

Techniquement, tu sens que tu as progressé ?
Oui carrément, même si on est pas fana de guitare, si on passe pas quatre heures à faire nos gammes et si on n’est pas très solo, oui c’est clair ! Moi j’ai passé des années à jouer des solos de Metallica, de Slayer, comme je le pouvais, tu vois, mais avec Gojira, on est plutôt rythmiques, basés sur la puissance, les énergies… Les soli peut-être que ça viendra mais ça m’étonnerait quand même !

Selon toi, quel est le plus de cet album par rapport aux autres album de Gojira ?

Sa profondeur, l’émotion qui s’en dégage, le message ! Là encore c’est comme si je soutenais Joe pour répandre ce qu’il dit. Penchez vous sur les paroles, par ce que ça vaut le coup ! Quand tu écoutes un morceau que tu aimes beaucoup, si tu comprends pas les paroles, tu perds 50% du truc ! Et puis l’humilité qu’il y a dans cet album ! Joe et Mario on su rester eux-mêmes, trouver des choses spontanées, sans se perdre… leur humilité me plait beaucoup.

Quel est ton morceau préféré de Gojira ?
J’adore jouer Flying Whales, Embrace the World, j'adorais Lizard Skin... Et The Heaviest Matter of the Universe, celui-là c’est une claque !

Ton meilleur souvenir de concert ?
Sur la tournée Machine Head, on s’est retrouvé à 20 sur scène à la fin du set ; les Gojira, Machine Head, pendant que Lamb Of God finissait de jouer, avec les techniciens, c’était un joyeux bordel ! Sinon, j’ai adoré le Hellfest d’il y a deux ans ! Et récemment j’ai adoré à Londres ! On a senti qu’il y avait un truc, ça changeait du public français… Il y avait un échange particulier avec les anglais… on a adoré !

Et le pire ?
C’était à NYC, le concert se passait bien jusqu’au moment ou un colosse s’est ramené devant moi, et il me regardait fixement en me faisant des doigts, et en faisant mine de me trancher la gorge ! Et là tu vois je jouais, mais je tremblais ! J’ai flippé, je me suis dit « ce mec là il va me tuer, il va venir à la fin de concert et il va me casser la gueule ». Alors à la fin du set je me suis barricadé dans la loge jusqu’à ce qu’on parte ! J’ai vraiment eu peur !

Qu’écoutes-tu en ce moment ?
Quasiment uniquement Radio Classique… à 80%... récemment j’ai acheté un CD de chants bulgares… et sinon à l'instant j'écoutais le dernier album des Têtes Raides. Mais ce qui revient le plus souvent c’est quand même Tool.

Si tu devais partir sur une île, qu’emporterais tu avec toi parmi les catégories que je vais te citer, sachant que tu n’as le droit qu’à une seule réponse par catégorie ?
Quel objet ?

Un caleçon ? (rires)

Même pas ta guitare ?
Ah non pas ma guitare !…Mmh…sur une île ?… un couteau je pense…

Quel morceau de musique ?
Houla ! Réponse impossible ça ! Heu… un morceau de Tool !

Quel livre ?
« Le hasard n’existe pas », de Karl Otto Schmidt.

Quel film ?
Ah… j’ai pas de télé mais je sais que j’en ai vu des bons…. Heu… Arizona Dream !

Allez, et pour terminer, quelle est le premier mot qui te passe par la tête si je te dis :
Matthieu Ricard ?

Fabuleux !

Nicolas Hulot ?
Fabuleux !

B. Obama ?
Connais pas…

Cpt Paul Watson ?
Qui ?

Le capitaine du Sea Shepherd, le bateau qui éperonne les baleiniers ! C’est pourtant un de tes potos Myspace !
Ah oui ? Et ben c’est tombé à l’eau !

[Antoine]

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