Laurent Houssin et Benoît Springer | L'Allée des Rosiers...
[2007]
« La seule contrainte était que nous devions tous dessiner les mêmes personnages ».
Laurent Houssin et Benoît Springer, deux des trois illustrateurs de la
bande dessinée « Allée des Rosiers » parue aux éditions Carabas, nous
ont permis de mieux comprendre la difficulté et la richesse de leur
collaboration. Papercuts les a invités à vous en dévoiler les dessous.
Comment s'est passée la réalisation des dessins ?
Laurent Houssin : sur un forum,
j'ai repéré une annonce de Séverine qui recherchait un illustrateur
pour un petit carré de chez carabas, j'ai répondu à l'annonce
tardivement, quelqu'un avait déjà répondu (Lionel Larchevêque "Je veux
un chat " dans collection les petits chats carrés chez carabas sur un
texte de Séverine ). Suite à cette prise de contact, nous avons
éventualisé une autre collaboration, elle m'a proposé quelques mois
plus tard "Fausse alerte", j'ai fait des pages d'essai durant l'été
2006 qui ont plu à Séverine et Benoît. Séverine m'a envoyé un découpage
d'après lequel j'ai réalisé un story-board, nous l'avons ajusté quand
c'était nécessaire puis j'ai attaqué les pages. Au fur et à mesure de
l'avancée de Benoît et Oliver, j'ai vu leurs pages qui donnaient des
repères et indications sur les décors, persos...
Benoît Springer : Comme pour
n'importe quel album de Bande Dessinée. Chacun a fait ses pages de son
côté en suivant le découpage texte de Séverine, comme pour n'importe
quel album. Laurent et Olivier nous soumettaient leurs découpages et
nous vérifiions que tout roulait. Il n'y a rien eu de particulier dans
notre façon de travailler. Ce qui est particulier c'est l'idée qu'a eu
Séverine de traiter son histoire en 3 parties et de les faire mettre en
image par 3 dessinateurs différents.
Qui a établi la charte graphique ?
LH : la charte graphique avait
été posée par benoît dans "trois ardoises", il m'a fourni des ruffs
avec les personnages et décors qui n'existaient pas dans "trois
ardoises", les ruffs se sont complétés par les pages terminées
d'olivier et Benoît.
BS : J'ai réalisé l'ensemble
des designs des personnages principaux, ainsi qu'un croquis pour
l'entrée de l'immeuble. Ce qui assurait une unité aux 3 histoires. Pour
tout le reste, par contre, chacun a fait avec son style graphique et
narratif. L'intérêt du projet résidait dans le fait de lier par une
même histoire des styles graphiques différents et les faire cohabiter.
La seule contrainte était que nous devions tous dessiner les mêmes
personnages et qu'ils devaient être reconnaissables d'une histoire à
l'autre.
Avez-vous tous les trois le même style ?
LH : je ne saurai pas moi-même
définir mon style... Dans l'allée des rosiers, Séverine et Benoît m'ont
demandé de rester fidèles à ma façon de dessiner, c'est ce que je me
suis efforcé de faire. Je pense que nous avons trois styles bien
différents au départ. En fait, c'est difficile de reprendre un univers
graphique aussi bien maîtrisé, difficile de ne pas tomber dans
"l'ersatz de ...", difficile d'échapper à la comparaison, la difficulté
a donc été pour moi de faire abstraction de l'existant tout en en
tenant compte (elle est bonne celle-là)
Vous avez travaillé chacun de votre côté ?
LH : En ce qui me concerne,
oui, avec un suivi de Séverine et Benoît qui ont toujours été très
disponibles, pédagogues et encourageants.
BS : Chaque auteur a travaillé
dans son coin mais Séverine et moi suivions l'avancée de chaque
nouvelle à travers les roughs que nous envoyaient Olivier et Laurent.
Quel est votre style de prédilection ?
LH : j'aime bien les choses
spontanées, lâchées, fonctionner à l'instinct et suivre mon
inspiration. Ce qui se traduit parfois chez moi par le mélange des
traitements: de la caricature au semi réalisme, mais crée au final une
certaine cohérence dans laquelle je me retrouve bien.
BS : Je n'ai pas de style de
prédilection. J'ai un dessin plutôt réaliste, mais dont je change,
déforme, adapte le style dans la limite de mes moyens en fonction de
l'ambiance des projets sur lesquels je travaille.
Avez-vous rencontré Séverine Lambour ?
LH : Nous avons correspondu par
mail et pas par téléphone... ça ne nous a pas manqué puisque cette
méthode de travail a fonctionné, cela dit j'aimerais bien rencontrer
Séverine, Benoît et Olivier.
[Mei]