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Interviews

Paradise Lost | Interview avec Nick Holmes
[Hôtel Fromentin - 2009]

Paradise Lost

Je suis reçu très cordialement pour ma première interview par Nick HOLMES, chanteur du groupe chef de file du metal Gothique, PARADISE LOST. Après les politesses et présentations d’usage, ainsi qu’une courte présentation de votre webzine favori, nous entrons dans le vif du sujet:

Jay : Nick, merci de me recevoir. Nous sommes ensemble pour parler de votre nouvel album. Quels sont les thèmes que vous y abordez ?
NH : Notre musique traduit avant tout nos expériences et l’expérience des gens. Certains font de la musique pour raconter des choses, quelques fois pour lancer des critiques, mais pour moi, ce n’est pas forcément nécessaire de raconter une histoire. J’observe autour de moi et je laisse les mots décrire mes émotions et mes sentiments … Je préfère choisir en général les plus obscurs. Je suppose que je trouve les mots juste en fonction des ces observations …….

Jay : Le titre de votre album « Faith Divides Us – Death Unites Us » (La Foi Nous Divise – La Mort Nous Réuni) semble faire référence aux dangers de l’endoctrinement ou de la foi aveugle ?
NH : Le titre nous est venu pour l’album par le biais du titre éponyme. Nous avons joué ce titre, chanté ces mots, et ils sonnaient bien. C’est pourquoi nous l’avons choisi pour nommer l’album. Concernant l’explication de ce titre, je n’ai rien contre les religions, mais plutôt contre les effets qu’elles peuvent avoir sur les personnes qui ne comprennent pas ces risques.
Ce n’est pas un album-concept sur la religion. C’est juste le titre d’une chanson de l’album.

Jay : J’ai écouté votre nouvel album. Il est plus sombre, plus agressif que les précédents. Que peux-tu m’en dire ? Traduit t’il vos sentiments actuels ?
NH : C’est une photographie des moments où nous composons. Nous n’avons pas un concept de base de jouer plus ou moins heavy, cela vient assez naturellement. Depuis 10 ou 15 ans notre musique évolue de manière logique, assez naturelle… Nous essayons de produire le meilleur son possible, qui nous correspond au moment.

Jay : L’année dernière c’était le 20e anniversaire du groupe, cette année un nouvel album… Peut-on dire que nous entrons dans une nouvelle ère de PARADISE LOST ?
NH : Oui, il s’agit d’un nouveau chapitre. Il y a eu plusieurs chapitres dans notre carrière. In Requiem a marqué le départ d’une nouvelle vague pour notre groupe, dans notre musique. Cela se ressent dans les visuels, les sonorités…

Jay : Donc une nouvelle vague… Penses-tu qu’elle va durer 20 ans de plus ?
NH : Je ne sais pas. Je n’avais pas imaginé que notre groupe durerait aussi longtemps. Je ne me projette pas aussi loin. Il y des groupes comme UFO qui jouent jusqu’à avoir la cinquantaine. Je n’ai jamais imaginé aller jusque là, mais que pouvons-nous faire d’autre à part continuer ? (rires). Nous faisons notre boulot, rien de plus…

Jay : Ce n’est pas votre objectif premier de durer ? Vous faites votre musique et vous verrez ?
NH : Oui, c’est cela. Mais je tiens à dire que nous ne sommes pas encore bons à jeter. (rires)

Jay : Nos lecteurs sont très intéressés par Internet et les supports qu’il fournit pour la musique. Quelle est votre opinion sur ce support ? Projetez-vous de vendre par le biais de ce support ?
NH : Pas forcément. Nous devons apprendre à accepter Internet, et vivre avec. En anglais nous disons: « you have to learn hard to work ». Ce vecteur fait partie de notre métier. On doit l’accepter. Internet est devenu un vecteur indispensable. On doit accepter le téléchargement de musique par exemple. Ce vecteur peut aider les groupes à se développer, la musique à être partagée… Mais le téléchargement de masse est un danger pour les artistes, il devient difficile à cause du téléchargement illégal pour un groupe de vivre de sa musique.
Mais nous sommes tous des enfants d’Internet, il faut vivre avec.

Jay : Nous ne sommes pas nés avec internet. Le support physique est très important pour les gens de notre génération. Mais les plus jeunes ne comprennent pas cela.
NH : Je ne pourrais pas vivre sans Internet, c’est un peu comme la cigarette. Et je pense que c’est pour beaucoup de monde pareil, particulièrement quand vous voyagez beaucoup, Internet devient indispensable pour rester en contact avec votre famille, travailler à distance. Bien sûr cela coûte beaucoup d’argent avec les appels par Skype, les abonnements… Y compris les coûts du porno (rires).

Jay : Prévoyez-vous un clip et un single pour l’album ?
NH : Le titre éponyme fait déjà l’objet d’une vidéo. C’est plus une vidéo-single qu’un single à proprement parler comme nous faisions dans les années 90. Nous ne sommes pas des habitués de ce type de support.

Jay : Depuis 20 ans maintenant vous êtes un des modèles, une référence du Métal Gothique. Comment abordez-vous sereinement un nouvel album et une nouvelle tournée avec le poids de… cette couronne sur votre tête ?
NH : Nous n’y pensons pas lorsque nous composons ou enregistrons. Nous ne vivons pas dans le passé et n’avons jamais pensé à ce que nous avons fait il y a 10 ans. Nous faisons toujours comme ça. Ce que nous avons fait avant était très bien, mais bon c’est le passé. Nous ne vivons seulement le présent. Nous ne vivons jamais dans le passé.

Jay : Vous ne vivez pas dans le passé, et vous ne vous projetez pas dans le futur non plus…
NH : C’est cela. Juste le présent.

Jay : Parlons maintenant des sessions d’enregistrement. as-tu quelque chose de spécial à nous raconter ? Des anecdotes peut-être ?
NH : Des anecdotes ? Et bien, nous avons enregistré l’album en Suède, c’était le milieu de l’hiver. Il fait -15°C dehors au mieux, donc vous ne sortez jamais de chez vous.

Jay : Obligés de travailler alors ?
NH : Bien obligés, si vous ne travaillez pas, vous buvez. C’est bosser ou être bourré. Et pas question de boire, donc on a travaillé ! Il n’y a aucune distraction. Nous avons enregistré quoi qu’il en soit, mais on était content d’avoir internet pour le coup (rires).

Jay : Parlons maintenant de la tournée si tu veux bien. Vos shows sont réputés pour leur qualité et leur simplicité. Allez-vous apporter quelque chose de nouveau dans vos spectacles ?

NH : Tout à fait, nous allons travailler sur les ambiances d’éclairage et les ambiances. Nous ne sommes pas des artistes particulièrement « remuants ». Les gens nous critiquent souvent : « vous ne bougez pas sur scène ». Je leur réponds « Ce n’est pas forcément incompatible avec notre musique ». Nous ne faisons pas ce type de musique où vous traversez la scène en courant dans tous les sens. Nous allons toutefois essayer d’améliorer la qualité de nos concerts par le biais de l’ambiance et de la lumière. Et nous allons essayer d’utiliser mieux l’espace.

Jay : Je vous ai vus à Bordeaux en 2007. Un très beau spectacle. Quel souvenir gardes-tu de cette date en France ?
NH : Bordeaux je m’en rappelle très bien. Je me suis cassé une dent suite à une chute. J’ai eu mal pendant 3 semaines.

Jay : Donc pas forcément un bon souvenir ?
NH : C’était après le spectacle. Le spectacle, lui, était très bien, un très bon public.

Jay : As-tu quand même pu goûter quelques spécialités du Bordelais, comme les cannelés malgré ta dent cassée ?
NH : Non, je n’ai pas vraiment eu le temps d’apprécier. Je ne pensais qu’à ma dent (rires).

Jay : Vous avez prévus des dates jusqu’en décembre. Allez-vous étendre la tournée sur 2009 ?
NH : Je pense que oui. Prolonger la tournée en Europe du nord, peut-être aussi les USA.

Jay : Ca marche pour vous aux USA ?
NH : Pas tellement, non.

Jay : Les USA ne sont pas forcément une bonne terre d’accueil pour le Métal Gothique ?
NH : Je ne sais pas. Nous étions contents de tourner là-bas dans les années 90. J’aime tourner dans ce pays. Nous pourrions sûrement tourner sur la côte Ouest, nous ferions de bons concerts. Mais je pense que New York est plus indiquée pour se produire là-bas.

Jay : New-York est une ville culturelle…
NH : Oui. La tournée que nous avions faite était géniale. Mais la plupart du public était venue voir Nightwish, nous tournions avec Nightwish. Donc nous pourrions faire notre propre tournée là-bas.

Jay : Et votre pays natal, le Royaume Uni ? J’ai lu dans une ancienne interview, réalisée il y a 5 ou 6 ans, que vous aviez du mal obtenir un succès mérité dans votre propre pays. Est-ce que votre statut a changé là-bas ?
NH : Je ne pense pas avoir dit ça un jour. Je n’ai pas parlé de succès mérité.

Jay : C’était une vieille interview…
NH : Non franchement je ne peux pas avoir dit ça, en tout cas pas dans ces termes, pas le terme mérité.
Je ne sais vraiment pas. Notre perception est meilleure au Royaume Unis, les tournées sont toujours très sympas. Mais nous n’atteignons jamais le top là-bas. L’Angleterre est comme les Etats-Unis pour la musique : la musique est jetable, les courants musicaux sont changeants. Nous jouons pour un label allemand, et l’Angleterre n’est pas un territoire de prédilection.

Jay : Et pour la France ?
NH : La France est ok. Il y a toujours de la présence aux concerts même si nous faisons moins de date que l’Angleterre ou la Hollande.

Jay : L’interview touche à sa fin. Veux-tu dire quelque chose en particulier à nos lecteurs ?
NH : Oui. Pour les premières parties, nous allons tourner avec Samael, y compris en France, et Katatonia pour le Royaume Uni.
Nous allons aussi ajouter des titres supplémentaires sur notre page Myspace, en écoute gratuite. (Au moment ou nous publions ces lignes, The Rise of Denial est disponible sur le site). N’hésitez pas à aller jeter un œil sur Myspace et le site Internet pour les nouveautés.

Jay : Une dernière question : tu connais le jeu video Guitar Hero ?
NH : Guitar Hero oui bien sûr !

Jay : Est-ce que nous aurons un jour la chance de voir un titre de PARADISE LOST sur Guitar Hero ?
NH : Ce serait avec plaisir, ce serait fantastique, il y a pas mal d’argent à faire (rires). Je pense que Greg n’aurait rien contre le fait d’apparaître dans le jeu vidéo musical le plus populaire du moment.

Jay : Merci pour tes réponses. Au revoir.
NH : C’était un plaisir. Au revoir.

[Jay]

www.paradiselost.co.uk

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