Pelican Prend son envol
[2007]
Bon, pourrais tu brièvement présenter Pelican aux personnes qui ne seraient toujours pas familières avec ce groupe ?
Bien sûr ; Pelican est un quartet instrumental de Chicago, jouant durock lourd et émotionel. Nous existons depuis 6 ans, avons sortis 3albums et sommes signés chez Hydrahead…
Du fait de l'absence de paroles, votre musique sonne quelquepeu « cinématique ». Penses tu qu'un jour Pelican travaillera avec dela vidéo sur scène ?
Ah, en fait nous avions à nos début incorporé des projections à nossets, mais nous nous sommes rendus compte que d'autres groupesfaisaient ça mieux que nous, alors nous avons décidés de rester surnotre propre territoire. En fait on travail beaucoup avec la lumière,nous n'avons pas notre propre technicien lumière, mais nous avons notreimplantation… c'est regrettable que nous ne puissions l'embarquer avecnous partout ou nous tournons… Mais je ne pense pas que le visuel estaussi important que nos morceaux, sur lesquels on préfère s'investird'avantage. De même on préfère que le public focalise sur nos morceaux,sans être distraits par une imagerie…
A propos de vidéo, j'ai entendu parler d'un DVD appelé « After the Ceilling Cracked » Qu'en est il exactement ?
Il sortira probablement en septembre, mais je reviens sur taquestion précédente, je suis d'accord avec toi quand tu dis que notremusique est d'une certaine façon « cinématique », et c'est justementafin que les personnes qui nous regardent jouer puissent se faire leurpropre film dans leur têtes que nous ne projetons pas d'images surscène.
Tu as dit un jour que Pelican n'étais pas instrumental pardessein, que si vous n'aviez pas de chanteur, c'était tout simplementque vous n'aviez pas trouvé le bon… Pensez vous un jour travailler avecun chanteur, ou un vocaliste ?
On pourrait effectivement. Nous essayons toujours d'écrire de lamusique différente de ce que l'on a fait auparavant, d'explorer sanscesse de nouveaux territoires musicaux, alors si un jour nousatteignons le point ou travailler avec de la voix semble enrichissant,alors nous le ferons. Mais je ne sais pas quand ce point arrivera.
Vous étiez pendant un temps décris comme un « Isis du pauvre», mais maintenant vous semblez être devenu une image de référence pourbeaucoup de nouveaux groupes de postcore, quel est votre ressenti à cepropos ?
Comparer les groupes entre eux est la voix de la facilité, mais à lemérite de permettre que l'on se fasse rapidement une idée assez justede la musique jouée par telle ou telle formation. Même si quand tujoues dans un groupe tu n'aimes pas t'entendre comparé à un autregroupe… Mais si d'autres petits groupes s'inspirent de ce que nousfaisons pour être créatif et composer, hé bien, c'est une bonne chose(rires).
Je rebondis sur Isis, vous êtes signés sur Hydrahead, lelabel du frontman d'Isis. Peut on parler d'un « crew Isis » ? Avez-vousle sentiment d'appartenir spécialement à une équipe ?
Certainement, Hydrahead fonctionne comme une sorte de famille, avectous les sentiments qui vont avec… Par exemple These Arms are Snakes,avec qui nous tournons en ce moment, nous on été présentés viaHydrahead, et nous savions de ce fait qu'ils seraient gentils, que nousallions bien nous entendre, que nous irions loin ensemble…Il n'y aaucune agressivité ou compétition entre les groupes d'Hydrahead, justed'extraordinaires talents de créateurs, une envie de partager desmoments avec des groupes qui ont la même ouverture d'esprit, et uneforte entraide…
Le second guitariste a un jour prononcé cette phrase, supercatchy, qui figure sur votre site : ‘we're a fucking triumphant band'…On dirait du Wagner !
Oh ! (rires) Je ne suis pas sur de bien la comprendre moi-même !Mais je pense que ce qu'il a voulu dire, c'est que nous essayons dejouer une musique qui rendrait les personnes qui nous écoutentpuissantes, fortes…En fait notre gouvernement est tellement répressif,que nous voulions créer un album qui tourne autours des thèmes du genre« trouver la force et la détermination au fond de soi », « sculpter sonpropre destin », etc…permettre aux gens de sentir qu'il était possiblede changer de vie et de se sentir mieux, via la puissance qui étaitcontenu dans l'album…C'est le concept de « The Fire in our Throat willbekon the Taw ». « City Of Echoes » parle de nos voyages, de nostournées un peu partout dans le monde, de la globalisation que nousavons constatée, du nombre croissant de similitudes que tu rencontresou que tu ailles : c'est précisément l'écho des mêmes firmes que tuvois partout…Voila pour l'aspect négatif, l'aspect positif étant leconstat que ou que nous allions, il y avait toujours des gens réceptifsà notre musique… il y a une sorte de double signification !
Justement, vous avez enregistré votre dernier album avecAndrew Schneider (Cave in), cela signifie-t-il que vous abandonnezdéfinitivement le métal pour vous concentrer vers une direction pluspostrock / darkfolk ?
Heu…. Non je ne pense pas, en fait la première fois que nous avonsrencontré Andrew Schneider, il travaillait sur un groupe extrêmementmétal, et puis il bosse avec Keelhaul qui est très heavy, et je penseque nos chansons sont d'avantage métal que celles présentes sur « TheFire in our Throat will bekon the Taw », que nous avions enregistréavec notre ami Greg, qui a plus une façon indie rock de voir leschoses… Nous voulions travailler avec quelqu'un que nous neconnaissions pas, quelqu'un qui nous permette de travailler de façonplus « heavy » (comprenez « lourd », ndr), quelqu'un qui serait trèscritique sur nos performances, et nous ne pouvions pas avoir tout çaavec notre ami… On voulait vraiment quelqu'un qui soit dans notre dos às'assurer que nous jouions nos partitions aussi bien que nous lepouvions !
Justement, si “Australasia” et “The Fire in our Throat willbekon the Taw” sonnaient de façon très différente, je n'ai pas perçu untel gap entre ce dernier et “City Of Echoes”. Que pourrais tu dire àpropos de votre évolution musicale entre 2005 et 2007 ?
Après « Australasia », on avait tous du boulot, on ne tournait pasbeaucoup, et puis après le second album, on a commencé a tourner un peuplus, voir même beaucoup, et ça a affecté notre façon de jouer de lamusique. En effet, avec la forme étirée, évoluant lentement, contenantbeaucoup de répétitions qui était celle de nos anciennes compositions,il était difficile de se faire plaisir quand tu joues et rejoues lesmêmes titres tout les soirs… Alors nous avons commencé à écrire desmorceaux plus rapides, qui évoluent plus vite, plus agressifs eténergiques, mieux adaptés à la scène. En fait, les morceaux de « CityOf Echoes » s'apparentent musicalement à ceux de « The Fire in ourThroat will bekon the Taw », mais de façon plus compacte…
Plus agressifs, plus agressifs, je veux bien, mais vous n'utilisez pas beaucoup de distorsion tout de même !
Well, et bien disons qu'on utilise la disto de la même façon que lesgroupes classiques de métal des années 70, 80, avec peu de distorsion,mais des riffs plus présents, ou toute la mélodie peut être perçue. Lesgroupes actuels utilisent une disto tellement monstrueuse que tu nedistingues plus rien ; nous voulions sonner le plus lourd, mais aussile plus claire possible…
Quels groupes vous ont influencés ?
Tellement ! En fait je crois que ce qui fait notre spécificité,c'est justement que nous quatre avons chacun un background musical trèsdifférent, que nous faisons se confronter dans le métal…
Alors dans ce cas, qu'écoutes tu en ce moment ?
Oh ! Je suis devenu complètement fan de ce groupe de pop anglaisedes années 80 appelé The Wedding Present ! Je collectionne tout ce quise rapporte à eux en ce moment ! Ils sonnent très différents de ce quel'on fait, vu qu'ils jouent de la pop, mais font preuve d'une telleinventivité en ce qui concerne l'arrangement et la façon de combinerles différentes parties de guitare ! C'est quelque chose qui m'atoujours fasciné, la façon de combiner deux mélodies différentes deguitare ! Ca rend le son tellement vaste, tellement énorme !
Et avec quels groupes aimerais tu tourner ?
(Sans aucune hésitation) Sonic Youth ! …. Et un groupe que nousavons découvert au Royaume Uni, appelé Part Chimp, ils sont sur lelabel de Mogwaï, et…ils sont incroyables ! Leur album est pas mal, maisquand tu les vois sur scène, whoa ! Ils sont tellement énormes !
En parlant de Mogwaï, vous avez tourné avec Mono, comment était-ce ?
Oh ! Ils sont super… c'était super… Ils sont tellementprofessionnels et méticuleux, chaque show sonnait à l'identique, etaprès chaque concert, ils se retrouvaient dans les loges et seconcertaient sur ce qui n'avait pas été joué correctement. Alors, moij'étais ébahi et je leur disais « Mais comment pouvez vous dire ça ?Vous avez été tellement précis ! » (rires)
Ok, vous inspirez vous d'artistes (musiciens mis à part) en particulier ?
Hum… j'adore le cinéma, spécialement la nouvelle vague française,ceux de Jean Luc Godard vers 1968, tels que « Week End », « Pierrot lafooooooo…. » (L'accent était tellement délicieux qu'il me semblenécessaire de le restituer ici, ndj). Ils sont si hypnotiques, leuratmosphère est tellement étrange… J'adore Lynch également…
Houla ! Ok, vous avez beaucoup de side projects, peux tu m'en dire un peu plus ?
Tusk est un quartet de grindcore, avec Laurent, Larry, moi et unchanteur. En fait Tusk existait avant Pelican… Lair of The Minotaur estun groupe de death classique, dans lequel jouait Brian, notre batteur,mais comme il a déménagé en Californie, il ne peut plus se permettred'avoir deux groupes aussi distants l'un de l'autre… Mais il n'empêcheque c'est un putain de heavy band ! … Et Chord, dans lequel je joueavec Brian, c'est du drone. La concept est que avant chaque concert,nous jouons un accord, qui est disséqué en plusieurs notes. Parexemple, prenons un mi majeur : il se compose d'un mi, d'un si et d'unla bémol. Du coup, l'un va jouer le mi pendant tout le concert, l'autrele si et le dernier le la bémol pendant tout le concert…mais nousn'avons fait que quatre ou cinq concerts ! (Rires)
(Rires) Il faut absolument que vous veniez jouer à Paris ! Prêt pour clore l'interview sur des associations de mots ? Allons y :
Pelican / Rock !
Mastodon / Métal !
Jean Luc Godard / Beauté
Tom Verlaine / Un putain de génie ! Marquee Moon est un de mes albums préféré !
Bill Viola / Qui ?
Guitare / Obsession
Painting / Ostie
Chicago / Froid !!! Pas en cette saison, mais la plupart du temps !
Paris (je te jure qu'il n'y a pas de piège) / Classique
Webzine / Nouveau média
Myspace / Un désastre annoncé ! Myspace va s'effondrer… ce n'est qu'une mode
Tu es conscient que ce seront là tes dernières paroles ? (Rires)
Oui, je vais recevoir une flopée de lettres d'insultes, du genre «mais qu'est ce que tu as contre Myspace ? » (Rires) Mais que veux tu…
Ok merci Tremor, ce fut un plaisir et un honneur !
Merci aussi, c'était super…Take it easy !
[Antoine]









