Papercuts, le webzine qui tranche

Simon Larbalestier

[2006]

Né en Angleterre en 1962, Simon Larbalestier est un de ces artistes au nom peu évocateur, mais au travail culte et à l'univers graphique hors du commun.

Qui est il ?

Mr Larbalestier est le photographe qui a donné à Franck Black et à ses lutins (les Pixies) un visuel qui a participé à la construction d'une légende.
De ‘Come on Pilgrim' et ‘Surfer Rosa', en passant par ‘Doolittle', le monde des Pixies a été illustré par ce magicien de l'image.


Mais Larbalestier, n'a pas sévi que dans la sphère musicale, c'est aussi un incroyable photographe reporter qui a su s'engager dans des combats plus politiques en photographiant les ravages de la guerre dans ce quelle a de plus sournois. Des enfants mutilés, des familles séparées et puis surtout, la perte de l'innocence pour toutes ces victimes oubliées par le monde.

Du Cambodge à la Thaïlande, il a su montrer avec pudeur et simplicité, les instants de vie de l'enfance sacrifiée et la souffrance d'un peuple.

Vous travaillez beaucoup en Thailande et au Cambodge et prenez d'incroyables photos d'enfants. Est-ce pour vous un acte politique ou une façon de montrer une certaine dualité entre la vie et la condition de ces enfants ?

Je ne vois pas vraiment ça comme un acte politique même si je pense que par définition les photos de ce type deviennent politiques par elles-mêmes lorsqu'elles sont exposées publiquement. Je prends des photos de gens de tous âges mais il est vrai que beaucoup du site d'Anarchy Images sont des photos d'enfants et de vieillards. Ce sont certainement les plus vulnerables et nécessitant souvent le plus d'aide.

‘Boy Holding Plastic Bag' est un cliché caractéristique de votre travail. Quel est le véritable message de cette photo ?

Je dirais qu'il s'agit d'une indication de la direction de mon nouveau travail qui est un documentaire de cette nature. Le vrai message est simple – quelques pillules dans un sac zip suggère l'aide medicale minimum mais sans l'intervention des NGO (‘Non Governmental Organizations' ndlr) et d'associations caritatives au Cambodge la plupart des communautés rurales se débrouilleraient sans quelconque aide.

‘Karen Hill Tribe 1' est une photo d'une poupée en milles morceaux abandonnée sur le sol. Elle symbolise la migration des refugiés… Son incroyable expression la rend humaine. Pensez-vous que c'est qui donne la puissance de votre message ?

Les gens lisent ce qu'ils veulent dans les images. Quand j'ai vu la poupée, c'était quelques secondes avant qu'un enfant la ramasse. J'ai trouvé que c'était représentatif des communautés émigrés et des enfances brisées.

Vous avez une façon particulière de rendre les paysages et objets iréels… Quel est votre secret ou vos influences?

Il n'y a pas de secret. C'est comme ça que je vois les choses. Préregler les images en noir et blanc plutôt qu'en couleur m'aide a simplifier et a clarifier ce que je veux dire et ce que je ressens.

Vos photos ont un cachet unique. Sans nous dévoiler vos secrets, avez-vous un traitement special pour vos images ?

Beaucoup d'images que vous avez pu voir sont faites en tirage lithium dans une chambre noire traditionnelle. J'ai toujours fait mes propres développements et propres tirages comme ça je peux contrôler chaque étape. Plus récemment en Asie du Sud-Est, j'ai scanné les negatifs moi-même et une partie des valeurs tonales ont été modifiées sous Photoshop CS2 (Adobe). Rien n'est modifié. L'image reste comme elle est, j'enlève simplement la poussière et j'ajuste les courbes pour avoir des noirs très profonds – exactement de la même manière que je travaillerais dans une chambre noire.

Les images que vous avez faites pour les Pixies ont une atmosphere très particulière. Etait-ce leur musique qui vous a inspiré ou quelque chose d'autre ?

Le travail avec les Pixies a coincide avec mon depart du Royal College of Art, avec un collection spécifique d'images sur lesquelles j'étais en train de travailler et avec la rencontre avec le designer Vaughan Oliver avec qui est devenu un ami proche. Vaughan a montré à Charles des Pixies (Black Francis ndlr) de ma collection – celle de l'homme avec le dos poilu et l'autre photo de l'orchidée sortant de l'estomac – et c'est ainsi qu'à commencé le projet.
Avoir un client qui utilise vos images existantes (celles qui représentent un travail personnel plutôt que commercial) a été un gros coup de boost pour moi, j'avais 25 ans à l'époque.
Quelques années plus tard lorsque les Pixies ont splitté nous devions collaborer sur plus de projets comme Trompe Le Monde.
Mes favoris personnellement ont été les projets Doolittle et Planet Of Sound

Avez-vous encore des projets en rapport avec le monde de la musique?

Non

Quelle est votre opinion concernant la photo numérique ?

C'est une question très difficile à répondre avec si peu de recul. J'ai vu quelques tres bons travaux effectués avec le Canon 5D de certains de mes amis photojournalistes et sans aucun doute pour les images de news ou les projets documentaires qui nécessitent d'être effectués dans un delai très rapide, pouvoir shooter numériquement et avoir les fichiers d'image le même jour est très pratique.
Personnellement, comme je shoote avec des appareils équipés de range finder, je surveille de près l'arrivée du nouveau Leica M8, c'est un appareil dont j'imagine très bien me servir avec les films Leica M. Je ne peux pas encore dire comment il affectera ce que je fais mais je le vois pendant qu'une étape importante dans le photojournalisme notamment en rendant mes images plus accessibles au domaine public dans un espace de temps plus court. Cela dit, j'aime vraiment travailler avec le Leica MP, un objectif principal rapide et le Tri-X film de Kodak.

Qui aimerais-tu photographier?

Je suis actuellement en pleine immersion dans mon projet à long terme de travailler avec des enfants et des adultes désavantagés. Je suis heureux d'explorer ces projets, il a tellement d'histoire à raconter et c'est très important que le public voit ses images et comprennent la situation. Cela nous ramène à ta première question sur la photo comme acte politique. Je pense que c'est certainement dans ce contexte que les photos peuvent provoquer un changement de l'opinion publique et ainsi créer une action positive.

Spike - Pixies
‘Spike' - (Picture used for The Pixies ‘Here Comes Your Man' EP)

Boy Holding Plastic Bag
‘Boy Holding Plastic Bag'

Karen Hill Tribe 1
Karen Hill Tribe 1′
—————-

You work a lot in Thailand and Cambodgia, taking amazing pictures of children. Is it for you a political act ou a way to show to show the duality between life and the condition of these children ?

I don't really see it as a political act althought I guess by definiton photographs of this nature when displayed publically become political in their own right. I photograph people of all ages but I would agree that many on the Anarchy Images website are of children and old people. Certainly these are the most vunerable and often need the most help.

‘Boy Holding Plastic Bag' is caracteristic of your work. What is the real message of this picture?

I would say it's an indication of the direction of my new work which is documentary in its nature. The real message is simple – a few pills in a ziplock bag suggests minimal medical care but without the intervention of NGO's and charities in Cambodia most of these rural communities would simply go without any help whatsoever.

‘Karen Hill Tribe 1' is a picture of a abandonned doll in a million pieces on the ground which symbolize the migration of refugees… Its amazing expression make it human… Do you think it's what make your message powerful ?

People read into image what they want when I saw it and it was for a few seconds before a child picked up the doll it felt it was representative of migrated communities and broken childhoods.

You have this particuliar way to make the landscapes or objects unreal… What is your secret, or maybe your influences?

There is no secret this is how I see things. Preseting the images in black and white instead of colour helps me simplify and clarify what I want to say and what I feel.

Your pictures look so unique. Without telling us all your secrets, do you do a special treatement for your pictures?

Many of the images you may have seen were made as lith prints in a traditional darkroom. I've always made my own prints and developed my films so that I can control every stage. More recently here in SE Asias I have been scanning the negatives myself and as part of the workflow the tonal values are modified in Adobe's CS2. Nothing is changed the image always remains as it is I simply remove dust and adjust the curves amking sure I get very deep blacks – much in the same way as I would work in a darkroom.

The images you made for the Pixies, with this very special atmosphere, is it their musique who inspired you or something else ?

The work with the Pixies coincided with me leaving the Royal Collage of Art with a specific set of images that I'd been working on, and meeting and becoming close friends with the designer Vaughan Oliver. Vaughan showed Charles from the Pixies one of my images from my show – the man with the hairy back and the othe rimage of the orchidf coming out of the stomach – this is how the whole project started.

To have a client use your existing images (ones that represent personnal work rather than commercial) was a great boost for me and I was 25 at the time. From that point on all the images were created by me and once shot I would seek the editing advice of Vaughan. In later years just before the Pixies broke up we would work more collaboratively on projects such as Trompe Le Monde.

My personal favourites was the Doolittle project and Planet of Sound.

Do you still have projects related to music ?

No

What is your opinion about digital photography ? Do you use it? If yes, did it change your way of working?

That's a very difficult question to answer in a short time. I have seen some very good work made from the Canon 5D's from my photojournalist friends and without a doubt for news images or documentary projects on a very short time scale - to be able to shoot digitally and file your images the same day is very efficient. Personally as I shoot with range finder cameras I have been watching the arrival of the new digital Leica M8 – this is a camera I would seroiusly consider using alongside my film Leica M's. I can't say yet how it will affect what I do but I see it as an important step in the photo journalist sense in order to make my images more accessible to the public domain in a shorter space of time. That said I really do like working with a Leica MP, a fast prime lens and Kodak's Tri- X film.

What or who would you like to shoot ? Something or someone you never did, or something or someone you want to shoot again…

I'm currently deeply immersed in my own long term projects mainly working with children and disadvantaged adults. I am happy exploring these projects as there are many stories to tell and its very important that the public get to see the images and understand their (the subjects) situation which brings me back to your first question about photography being a political act. Certainly it is in the context that I do believe photographs can instigate a change of public opinon and cause positive action.

[Seba & Eric H.]

www.simon-larbalestier.co.uk

Archives

Artiste Titre de l’œuvre Rubrique Chroniqueur Option

2010 - Papercuts.fr

Design by ReeKo - Developed by GrEgOoOo

Papercuting your favorites since 2006