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S'il y a bien un photographe français connu des amateurs et des professionnels sans oublier du public, c'est bien Jean-Marie Perier. De ‘Salut Les Copains' à nos jours, il est difficile de retracer de façon concise la carrière de celui-ci.

Il est également difficile de trouver une personnalité qui n'a pas été croqué par son objectif. Malgré tout, Jean-Marie Perier est quelqu'un de discret qui préfère laisser sous le feu des projecteurs ses modèles.

Du coup, Papercuts avait bien des questions à poser à ce grand monsieur de la photo. Quelques éléments de réponse…

Votre dernier long-metrage date de plusieurs années… Vous n'avez pas envie de retenter l'expérience ?
Il date de 1980. J'ai passé huit ans de ma vie dans les années 80 à essayer de monter un film aux USA avec Benicio del Toro qui était complètement inconnu. Je n'y suis pas arrivé, ça m'a dégoûté du cinéma. Je n'ai plus le courage de discuter avec les gens de cinéma d'aujourd'hui. Je ne les connais plus vraiment.

Il y a deux ans vous avez publié vos souvenirs. Cela n'a pas été trop dur de réussir à synthétiser toutes ces années de carrière?
Non, c'est toujours un plaisir d'évoquer ces années et les gens que j'y ai rencontré. Mais je n'ai pas fini.

Lorsque vous avez commencé, les artistes et les jeunes de l'époque dont vous faisiez parti étaient perçus comme des voyous. De nos jours, comment voyez vous les jeunes et les nombreux nouveaux mouvements musicaux?
Je les trouve terriblement raisonnables mais ce n'est pas leur faute. La grande différence entre ces années et aujourd'hui, c'est la peur. Nous n'avions peur de rien. Il y a 4 ou 5 ans, il y a eu une manifestation d'étudiants à Paris. Les panneaux disaient : « On veut plus de classes, plus de profs et des vigiles à l'entrée. » Il n'y en avait pas un seul pour dire « Je veux tout repeindre en rose. » C'est terrible. Je connais beaucoup de jeunes qui veulent absolument être fonctionnaire pour avoir une retraite ( ???). Moi j'ai 66 ans et je n'ai pas de retraite.

Vous avez photographié – et continuez – des personnalités de tous styles et de tous bords. Malgré les apparences, selectionnez vous les gens que vous desirez shooter? Si oui comment se fait votre choix?
Je fais des photos quand on me les demande, donc je peux photographier n'importe qui, connu ou pas. Mais attendu que mon métier consiste à mettre les gens en valeur, j'ai heureusement le choix de pouvoir refuser. Il y a des gens que je ne photographierai jamais. (Le Pen etc…)

Avez vous une technique particulière ou une source d'inspiration pour les poses et les lieux choisis pour le shoot ou est-ce que ça vient sur le coup, à l'improvisation?
Ca dépend. Parfois c'est très mis en scène et je sais à l'avance ce que je vais faire. Parfois c'est au pif. Dans les deux cas, je vais très vite. Il n'y a rien de pire qu'un photographe lent, généralement c'est parce qu'il ne sait pas ce qu'il veut.

Est-ce que l'arrivée du numérique a changé votre façon de travailler?
Pas du tout. Je travaille en numérique depuis dix ans. Ca ne donne pas de talent si on n'en a pas mais c'est infiniment plus pratique. Je ne crois pas à la vieille guerre argentique contre numérique.
On entendait les mêmes bêtises à l'arrivée du cinéma parlant.

Qui n'avez vous pas encore eu l'occasion de photographier ? Une personne que vous aimeriez photographier en particulier ?
Frank Sinatra et Elvis Presley dans les années 50.

Les photographes qui vous ont influencé?
Lartigue parce qu'il avait l'élégance de ne photographier que le bonheur. Art Kane parce qu'il osait utiliser tous les objectifs. Avedon parce qu'il était le plus beau.

Quels sont les photographes de ‘la nouvelle generation' qui vous interpellent ?
Annie Leibowitz, La Chapelle peut-être. Mais je connais très peu les photographes.

Vous avez fait peu de n&b… Y a t il une raison particulière ?
Les journaux pour lesquels je travaillais n'en voulaient pas. Je suis comme les caniches, je fais où on me dit de faire. Les théories psychologico-poêtiques des photographes pour expliquer ce qu'il y a derrière leurs images me fatiguent. Faisons les photos et puis après taisons-nous.

Enfin, quels sont vos projets?
J'ai deux livres de photos en projet. J'écris un roman. Deux documentaires pour la télé. Et rester encore un peu en vie.


Merci à Jean-Marie Perier d'avoir eu la gentillesse et d'avoir pris le temps de repondre à nos questions.

[Eric H.] Envoyez un message

www.jean-marie-perier.net

Jean-Marie Perier - Salut l'artiste!

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