A.D.G | J'ai déjà donné...
[Le dilettante - 2007]
![]()
ADG, dit Alain Fournier, dit Camille, né en 1947, mort en 2004.
Parution inédite post-mortem grâce à la complicité et à la réunion de
proches et de fans sous l’association ‘les Amis d’ADG’. Refusé,
retravaillé, ce roman se retrouve finalement publié cette année par la
fortuite rencontre inopinée invraisemblable entre une amie de et le
‘despote éclairé’, soit le patron des éditions Le Dilettante. Dernier
roman donc d’un homme qui aime la Nouvelle-Calédonie et les jeux avec
les mots, dernier tome de la série policière qu’il a créé, avec ses 2
protagonistes, Machin (né Djerbitskine) et Maître Pascal Delacroix.
Histoire : un cadavre en forme de jambe avec un short jaune est sensé
appartenir à Machin. Mais le doute plane et une enquête est alors menée
dans un lieu paradisiaque grâce à la découverte d’un manuscrit écrit
par le défunt. Celui-ci éclaire et fait revivre les éléments du passé
en mélangeant ceux du présent, et aide à y voir plus clair dans ce
charabia boueux.
Grande fan du commissaire San Antonio, je n’ai pas pu m’empêcher d’y trouver de nombreuses similitudes : deux acolytes, un lourd et un raisonné, des aventures abracadabrantes, des voltiges avec les mots, des inventés, des paillards, des burlesques, des femmes à chaque coin de rue, le tout éclairé par la lueur d’une enseigne lumineuse verte qui grésille ‘vit’ fait, bien fait’. Même époque, même style, même série.
Lieu différent : ici Nouvelle-Calédonie, Blois et un détour du côté de Tours. Jeter un œil à la couverture de l’ouvrage fait de l’effet, passeport du romancier criblé à l’arrière de multiples visas. Sa région natale et sa région d’adoption ici réunis. A travers un lieu, on navigue avec autant d’éléments exotiques vers l’autre, et inversement.
‘- C’est joli, ça, dit Pascal, comme nous entrions dans Blois par le boulevard Daniel-Dupuy, tu devrais écrire…
- Trop fainéant, bougonnai-je, tourne après la gare.
- ça sent le chocolat, constata Moune en se léchant les badigoinces.
- l’usine Poulain, dis-je, le vent est à l’ouest et ça parfume la ville’
‘Badigoinces’…exemple d’un parler agréable sans se presser, mais un parler pas aussi abordable ni rigolo que du San Antonio ou du Pierre Dubois, ici, on a affaire à la haute sphère intellect. Froideur, je deviens antipathique. L’ouvrage lui-même n’est pas très abordable. Nombreux clin d’œil aux potos, nombreuses références aux ouvrages antérieurs. Quand on est ni proche de l’auteur, ni assidu de ces précédents romans, une sorte d’éloignement se crée plutôt que de la sympathie ou du plaisir à lire. Dans un sens, je parlerais d’une œuvre testament : un groupement d’émotions pour les fans de jadis avec une véritable signification au mot ‘the end’ lors de la lecture du point final.
Certaines situations et surtout les rebondissements sont complètement absurdes et incompréhensibles (‘tiens, on est bloqués, et si on allait demandé à Untel ?’ Qui est Untel ? Pourquoi ? Lien inexistant). J’ai trouvé les réactions de l’avocat, après lecture du manuscrit de Machin sans intérêt, alors que c’était une idée vraiment sympa à exploiter (ici quelques lignes bateaux qui se servent à rien). Les 2 points de vue, censés être différents, sont identiques tout au long du livre malgré les 2 personnalités, alors qu’une couleur aurait pu être créé. De multiples ‘cheveux sur la soupe’ désagréables (les indices, les objets remis, les rencontres…), … un goût amer dans ma bouche façon blasée tout au long du roman. Ok pour le côté foufou policier officieux, mais des limites s’imposent.
Heureusement que parfois, d’autres passages (comme l’explication de Machin un grille-pain à la main près de la piscine) valent le coup. Ce que je retiens davantage, c’est l’émotion dégagée, le retravail visible, mais bancal, un combat, autant de la part de ces amis, que de l’auteur lui-même, en filigrane dans les lignes, en connaissance dans la tête.
Pour moi, ce livre est un cadeau pour les connaissances d’ADG, cadeau grandiose. Mais pour les non-initiés, il ne présente pas d’intérêt, autre le fait de découvrir un véritable livre testament, résumé des épisodes précédents, avec l’ultime apparition des personnages récurrents. M’est avis que les précédents romans sont davantage accessibles à tous, mais ce n’est que supposition. Si au détour d’un libraire, un autre de ses livres se manifestait à mes yeux, je le prendrais sans hésiter. J’ai envie de comprendre l’engouement, ce n’est pas innocent un regroupement en association
Ce que je ne comprends pas également, c’est le reproche des convictions politiques extrémistes envers l’auteur. Soit je suis teubé, soit c’est infondé, en tout cas, ça ne m’a pas dérangé à la lecture, pourtant de nature très critique à ce sujet.
Bref, ce livre ne fut pas, pour moi, un plaisir de lecture, j’ai pas accroché, j’me suis sentie loin, malgré ces phrases qui font sourire. (‘essayez donc de marcher avec des cothurnes quand vous pesez cent kilos et vous mendierez des nouvelles chaussures’). Puis, c’est délicat de critiquer l’ouvrage d’un auteur mort récemment…surtout que la passion de son entourage se ressent à chaque page, comme un bouillon de vie. En conclusion, je dirais que le présent livre est un énorme cadeau de l’auteur pour les fans, et un énorme cadeau des fans pour l’auteur.
[Anne A.]
Dupuy & Berberian
Global Boboland
[Fluide Glacial]
P.C. Cast & Kristin Cast
La maison de la nuit : 1 - Marquée
[Pocket Jeunesse]
Thiriet
Histoire de la Musique en 80 tomes – Tome 1
[Fluide Glacial]
Nancy Werlin
La théorie du moustique
[Nil Editions]
Guerse & Pichelin
Les losers sont des perdants
[Les Requins Marteaux]
Gyles Brandreth
Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles
[Editions 10/18]
Franz Mehring
Karl Marx, histoire de sa vie
[Bartillat]
Antoine Piazza
Un voyage au Japon
[Le Rouergue]
Hwang Sok-Yong
Shim Chong, fille vendue
[Zulma]
Pierre Christin & Jean-Claude Mézière
L'ouvreTemps
[Dargaud]
Jennifer Cardini
Feeling strange
[Kompakt/Nocturne]
Ce mix est irrésistible, imparable, diaboliquement sexy. Jennifer Cardini, plus encore que Chloé ou Mia (grande prêtresse des platines germaniques), distille une dimension érotique dans ses productions minimales et charnelles. ...