Nancy Werlin | La théorie du moustique
[Nil Editions - 2009]


Neuf lettres pour décrire l’impression générale ressentie après la
lecture de ce roman:D-E-C-E-P-T-I-O-N.
Ce livre rédigé sous la forme d’une lettre d’un adolescent à sa plus
jeune sœur pour lui rappeler le contexte familial houleux dans lequel
ils ont vécu, ne restera certainement pas dans les annales. Il apparaît
même difficile de croire que ce livre a reçu de nombreux prix.
La trame en quelques mots : une mère alcoolique, droguée et limite
bipolaire fait subir sa rage de vivre à sa progéniture. Et le moins
qu’on puisse dire c’est qu’elle n’y va pas avec le dos de la cuillère.
Une sorte de « Vipère au poing » réactualisé. Mais attention ne vous
méprenez pas : la similitude entre les deux livres se limite au thème
abordé et pas à la qualité du récit.
LE point faible du roman réside dans l’angle choisi pour narrer le
quotidien difficile de ces trois frère et sœurs : une simple énumération
d’événements spécifiques dans l’existence chaotique d’une famille en «
décomposition ». De plus, alors que le livre est censé raconter
l’intimité d’une mère et de ses enfants, on ne vit à aucun moment
l’histoire «de l’intérieur» et c’est vraiment regrettable…
En outre, l’auteure se borne à présenter des faits sans chercher à
comprendre les raisons de ces actes et nous n’apprenons rien sur les
pensées les plus intimes des protagonistes. Ainsi, par exemple, Nancy
Werlin a bien insisté sur l’aspect de l’entourage passif des victimes de
telles maltraitances, alors pourquoi n’a-t-elle pas continué son
cheminement en nous faisant découvrir ce qui pouvait se cacher dans le
subconscient des différents personnages ?
Il va de soi que le cas du harcèlement moral en milieu familial doit
être très difficile à canaliser mais cela ne justifie pas une telle
platitude du récit.
En ce qui concerne la « simplicité » du style, même si cela reste très
dérangeant, c’est justifiable par le jeune âge du soi-disant narrateur :
Matthew Walsh, 17 ans.
Pour ce qui est du genre du livre, le « terme » suspense utilisé par de
nombreux journalistes, parait plus qu’erroné car après 50 pages, nous
savons directement où nous mènera l'histoire.
Comme vous l’aurez compris, vous pourrez sans problème faire l’impasse
sur « la théorie du moustique ».
[Catherine J.]
www.laffont.fr
Les dernieres chroniques
Tanxxx
Rock Zombie !
[Les Requins Marteaux]
Morvandiau
Les affaires reprennent
[Les Requins Marteaux]
Morvandiau
Mémoires d'un commercial
[Les Requins Marteaux]