Papercuts, le webzine qui tranche
Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2008.
Autobiographie d'une ex-députée néerlandaise, de son enfance à Mogadiscio en Somalie à sa protection rapprochée en Europe. Troublant, suscitant la controverse, courageux…Un nouveau regard de l'intérieur vers l'extérieur, on ne sait quoi penser. Comme elle ? Comme ses détracteurs ? Dans « Ma vie rebelle », Ayaan Hirsi Ali nous raconte son enfance faite de religion, d'excision, d'exils, puis son arrivée à 22 ans aux Pays-Bas, son sentiment de liberté de pensée et d'action. De paroles aussi ? Finalement un peu moins…
Troublant, car le lecteur occidental se voit à l'intérieur de la religion coranique sous ses différents aspects : l'ancienne et la version moderne, la foi intérieure et sa pratique intimiste ou celle qui se veut étatique et autoritaire. Dans la première partie, à travers l'oeil de l'auteur, comme un film, on regarde son enfance. On ne juge pas, car l'auteur ne le fait pas. Elle s'interroge sur l'égalité des sexes, le respect de la femme et les mauvais traitements de celles-ci sous le couvert d'Allah. Dans la deuxième partie, sa découverte de l'Occident lui montre qu'une autre façon de vivre est possible, qu'une autre manière d'appréhender la religion et de considérer la femme est possible. Elle dénonce.
Suscitant la controverse, car à travers son combat pour la dignité de la femme, elle attaque les paroles du Prophète et donc de la religion musulmane, en remettant aussi en cause leur intégration dans la société occidentale et en inspirant des mesures d'immigration plus fermes. Un point de vue rarement abordé aussi directement, pouvant être jugé de politiquement incorrect ou de droite dure. Elle clashe, et nous, on s'interroge…Pour, contre, les deux ? Enfermée pendant longtemps sans savoir donner son avis, argumenter ou penser par elle-même, elle se libère en apprenant rapidement, mais fermement sur le tas et incite le lecteur à en faire autant. Son discours ici n'est pas acquis, n'est juste qu'une démonstration de son histoire, de son vécu et de ses rencontres humaines et livresques. Il faut évidemment prendre ses distances, mais il est indéniable qu'elle pointe là où ça fait mal. Ouvrir les yeux, faire bouger les choses, mener un combat.
Courageux, car « Ma vie rebelle » nous montre une femme qui se lève et se bat pour ses idéaux. Munie de son statut de réfugiée, elle veut comprendre pourquoi dans son pays d'origine les choses ne se passent pas aussi bien que dans ce pays d'infidèles. Comprendre les mécanismes, faire de la politique. Apprendre le néerlandais, petits boulots, étude de sciences politiques…elle en chie avec espoir. Elle réussit, on la respecte. Elle défend ses idées et se retrouve la cible de tentatives d'assassinat.
Une vie qui pourrait être un film. Un livre qui doit être pris avec du recul. Certaines phrases choquent positivement par la facilité du raisonnement, d'autres négativement par les partis pris et surtout le ton de la deuxième partie. Mi-modeste mi-énervante, avec les phrases du genre « la riposte féminine à Ben Laden », son côté Elue qui en prend conscience, ces références voltairiennes et certaines de ses opinions politiques…Elle gène et pourtant…
« Ma vie rebelle » est un ouvrage intéressant pour connaître cette femme au parcours, quand même, extraordinaire, pour son vécu féminin dans l'univers de la religion, de son action en tant que femme qui va jusqu'au bout envers et contre tous, pour son combat pour la dignité féminine. Une vie et un point de vue à connaître, tout en n'oubliant pas ces limites : une vie et un point de vue.
Autobiographie d'une ex-députée néerlandaise, de son enfance à Mogadiscio en Somalie à sa protection rapprochée en Europe. Troublant, suscitant la controverse, courageux…Un nouveau regard de l'intérieur vers l'extérieur, on ne sait quoi penser. Comme elle ? Comme ses détracteurs ? Dans « Ma vie rebelle », Ayaan Hirsi Ali nous raconte son enfance faite de religion, d'excision, d'exils, puis son arrivée à 22 ans aux Pays-Bas, son sentiment de liberté de pensée et d'action. De paroles aussi ? Finalement un peu moins…
Troublant, car le lecteur occidental se voit à l'intérieur de la religion coranique sous ses différents aspects : l'ancienne et la version moderne, la foi intérieure et sa pratique intimiste ou celle qui se veut étatique et autoritaire. Dans la première partie, à travers l'oeil de l'auteur, comme un film, on regarde son enfance. On ne juge pas, car l'auteur ne le fait pas. Elle s'interroge sur l'égalité des sexes, le respect de la femme et les mauvais traitements de celles-ci sous le couvert d'Allah. Dans la deuxième partie, sa découverte de l'Occident lui montre qu'une autre façon de vivre est possible, qu'une autre manière d'appréhender la religion et de considérer la femme est possible. Elle dénonce.
Suscitant la controverse, car à travers son combat pour la dignité de la femme, elle attaque les paroles du Prophète et donc de la religion musulmane, en remettant aussi en cause leur intégration dans la société occidentale et en inspirant des mesures d'immigration plus fermes. Un point de vue rarement abordé aussi directement, pouvant être jugé de politiquement incorrect ou de droite dure. Elle clashe, et nous, on s'interroge…Pour, contre, les deux ? Enfermée pendant longtemps sans savoir donner son avis, argumenter ou penser par elle-même, elle se libère en apprenant rapidement, mais fermement sur le tas et incite le lecteur à en faire autant. Son discours ici n'est pas acquis, n'est juste qu'une démonstration de son histoire, de son vécu et de ses rencontres humaines et livresques. Il faut évidemment prendre ses distances, mais il est indéniable qu'elle pointe là où ça fait mal. Ouvrir les yeux, faire bouger les choses, mener un combat.
Courageux, car « Ma vie rebelle » nous montre une femme qui se lève et se bat pour ses idéaux. Munie de son statut de réfugiée, elle veut comprendre pourquoi dans son pays d'origine les choses ne se passent pas aussi bien que dans ce pays d'infidèles. Comprendre les mécanismes, faire de la politique. Apprendre le néerlandais, petits boulots, étude de sciences politiques…elle en chie avec espoir. Elle réussit, on la respecte. Elle défend ses idées et se retrouve la cible de tentatives d'assassinat.
Une vie qui pourrait être un film. Un livre qui doit être pris avec du recul. Certaines phrases choquent positivement par la facilité du raisonnement, d'autres négativement par les partis pris et surtout le ton de la deuxième partie. Mi-modeste mi-énervante, avec les phrases du genre « la riposte féminine à Ben Laden », son côté Elue qui en prend conscience, ces références voltairiennes et certaines de ses opinions politiques…Elle gène et pourtant…
« Ma vie rebelle » est un ouvrage intéressant pour connaître cette femme au parcours, quand même, extraordinaire, pour son vécu féminin dans l'univers de la religion, de son action en tant que femme qui va jusqu'au bout envers et contre tous, pour son combat pour la dignité féminine. Une vie et un point de vue à connaître, tout en n'oubliant pas ces limites : une vie et un point de vue.
[Anne A.]









