Papercuts, le webzine qui tranche
Ecrivain, chroniqueur et musicologue averti, Benoît Duteurtre a parfois été décrit comme l' « homme le plus détesté de Paris ».
A lire « Ma belle époque », recueil d'une quarantaine de chroniques parues depuis près de 20 ans dans des journaux ou revues aussi variés que Le Figaro, Libération, Têtu ou Le Monde de la musique, on ne peut s'empêcher de croire que Benoît Duteurtre se complaît dans ce rôle de pourfendeur des idées reçues, dans ce rôle de stakhanoviste du politiquement incorrect.
Ainsi, lorsqu'il plaide pour une « gauche réac » tout en fustigeant la « non-gauche », cette néo-gauche « culturelle, moralisatrice et prétentieuse » qui « voit des nazis partout », il prend le risque, totalement assumé d'ailleurs, de s'aliéner à la fois la droite (à laquelle il n'appartient pas) et la gauche (son « propre monde » mais dans lequel il ne se reconnaît pas, ou que trop peu).
De même, lorsqu'il dénonce non seulement l'interdiction de fumer dans les lieux publics, mais aussi ceux de ses amis qui refusent que l'on fume chez eux, il prend des positions volontairement iconoclastes, comme si l'extrémisme du propos pouvait servir à convaincre son lecteur.
Et lorsqu'il se gausse des velléités maritales de certains homosexuels, ce n'est pas pour faire respecter l'institution de la famille, mais au contraire parce qu'il estime que le mariage n'est qu'une « obligation un peu rasoir » à laquelle devraient vouloir échapper ceux qui n'y sont pas naturellement soumis.
Mais Benoît Duteurtre ne se contente pas de dénoncer ce qui lui déplaît dans notre société.
Si ce recueil est intitulé « Ma belle époque », c'est bien parce que les chroniques qu'il compile sont aussi l'occasion de parler de ce qu'aime leur auteur. Se côtoient ainsi des coups de cœur inattendus (l'Abbaye de Saint Wandrille, vue comme un refuge ou une « contradiction à l'angoisse du temps qui passe » ; les vaches, êtres paisibles au fond de qui « un humain sommeille » ; la fréquentation des quartiers interlopes de New York, etc.…) et d'autres plus consensuels (Alphonse Allais, James Brown, Sempé…).
Pour compléter le panorama de ce que le chroniqueur Benoît Duteurtre peut offrir, ce dernier insère également quelques chroniques plus réfléchies, consacrées notamment à la notion de « style » en littérature, à celle de « bon goût » en matière culturelle, ou à celle de « musique légère » dans le domaine musicologique.
Ainsi, grâce à un ton vif et acéré au service d'une grande variété de sujets, Benoît Duteurtre parvient à garder l'attention de son lecteur qui ne s'ennuie pas un seul instant à la lecture des quelque 300 pages de l'ouvrage.
Tout juste pourrait-on reprocher à l'auteur de se donner toujours le beau rôle, celui de l'individu qui, seul contre tous, seul contre la bien-pensance, seul contre la bêtise, a toujours raison et agit toujours de la manière la plus cohérente et la plus noble…
Mais cette immodestie, au demeurant assez discrète, participe incontestablement au charme de ces chroniques.
Entre l'immodestie et la fadeur, Benoît Duteurtre a donc choisi ; le lecteur ne lui en tiendra sans doute pas rigueur.
A lire « Ma belle époque », recueil d'une quarantaine de chroniques parues depuis près de 20 ans dans des journaux ou revues aussi variés que Le Figaro, Libération, Têtu ou Le Monde de la musique, on ne peut s'empêcher de croire que Benoît Duteurtre se complaît dans ce rôle de pourfendeur des idées reçues, dans ce rôle de stakhanoviste du politiquement incorrect.
Ainsi, lorsqu'il plaide pour une « gauche réac » tout en fustigeant la « non-gauche », cette néo-gauche « culturelle, moralisatrice et prétentieuse » qui « voit des nazis partout », il prend le risque, totalement assumé d'ailleurs, de s'aliéner à la fois la droite (à laquelle il n'appartient pas) et la gauche (son « propre monde » mais dans lequel il ne se reconnaît pas, ou que trop peu).
De même, lorsqu'il dénonce non seulement l'interdiction de fumer dans les lieux publics, mais aussi ceux de ses amis qui refusent que l'on fume chez eux, il prend des positions volontairement iconoclastes, comme si l'extrémisme du propos pouvait servir à convaincre son lecteur.
Et lorsqu'il se gausse des velléités maritales de certains homosexuels, ce n'est pas pour faire respecter l'institution de la famille, mais au contraire parce qu'il estime que le mariage n'est qu'une « obligation un peu rasoir » à laquelle devraient vouloir échapper ceux qui n'y sont pas naturellement soumis.
Mais Benoît Duteurtre ne se contente pas de dénoncer ce qui lui déplaît dans notre société.
Si ce recueil est intitulé « Ma belle époque », c'est bien parce que les chroniques qu'il compile sont aussi l'occasion de parler de ce qu'aime leur auteur. Se côtoient ainsi des coups de cœur inattendus (l'Abbaye de Saint Wandrille, vue comme un refuge ou une « contradiction à l'angoisse du temps qui passe » ; les vaches, êtres paisibles au fond de qui « un humain sommeille » ; la fréquentation des quartiers interlopes de New York, etc.…) et d'autres plus consensuels (Alphonse Allais, James Brown, Sempé…).
Pour compléter le panorama de ce que le chroniqueur Benoît Duteurtre peut offrir, ce dernier insère également quelques chroniques plus réfléchies, consacrées notamment à la notion de « style » en littérature, à celle de « bon goût » en matière culturelle, ou à celle de « musique légère » dans le domaine musicologique.
Ainsi, grâce à un ton vif et acéré au service d'une grande variété de sujets, Benoît Duteurtre parvient à garder l'attention de son lecteur qui ne s'ennuie pas un seul instant à la lecture des quelque 300 pages de l'ouvrage.
Tout juste pourrait-on reprocher à l'auteur de se donner toujours le beau rôle, celui de l'individu qui, seul contre tous, seul contre la bien-pensance, seul contre la bêtise, a toujours raison et agit toujours de la manière la plus cohérente et la plus noble…
Mais cette immodestie, au demeurant assez discrète, participe incontestablement au charme de ces chroniques.
Entre l'immodestie et la fadeur, Benoît Duteurtre a donc choisi ; le lecteur ne lui en tiendra sans doute pas rigueur.
[Nepenthes]









