Papercuts, le webzine qui tranche
« Je ne crois pas en Dieu, avec un D majuscule, et, en dépit de leur présence
bien concrète, je ne crois pas aux dieux avec un d minuscule. Pas en tant que
forces mouvant l'univers. Mais je crois en la déesse Ironie, cette salope. Elle
est intemporelle. Elle règne sur l'homme, sur les dieux et sur Dieu Lui-même.
Et elle a un sens de l'humour des plus pervers. »
Comment réconcilier mythologie antique et science-fiction ? Réponse : se laisser entraîner par l'imagination de l'auteur Dan Simmons à travers ‘Ilium'.
Ici trois récits se mêlent : la guerre de Troie version nanotechnologie avec de vrais bouts d'Homère dedans, le paysage terrestre post-humain habité par des fêtards entourés de Voynix mystérieux, et, une mission top secrète de Moravecs qui se racontent Shakespeare et Proust dans tous les sens.
Et avec ça, Dan Simmons construit son édifice. D'abord, il établit une charpente, puis des étages solides avec canalisations, viennent les ascenseurs et ensuite, il nous perd, révèle, relève et explose.
Ce livre est incroyable de condensé, d'imaginaire, de héros grecs et de petits hommes verts.
En cours et après lecture, le conseillant à tout va, j'ai pu constater que les fans uniquement de mythologie ou de SF s'accordent sur un point : ils y trouvent plus que leur compte et souhaitent approfondir l'autre domaine. Bébé dans un thème comme dans l'autre, j'en suis ressortie comblée. Un véritable coup au cœur.
La confiance.
De part, les références mythologiques très très poussées, mais non rébarbatives, sans cesse mises en parallèle et discutées avec la véritable ‘Iliade' d'Homère, donnent un aspect moderne et plein de chair. Le narrateur de cette partie est un scoliaste de notre siècle ramené à la vie par les dieux. Ceux-là, légèrement modifiés (car maîtrisant, entre autres, la téléportation quantique) jouent avec les Achéens et les Troyens, lancent les paris, ont leurs chouchous et les aident. Telle se déroule « normalement » l'épopée, jusqu'au point de pivot qui fait ‘Ilium' et non ‘Iliade'.
D'autre part, on ne peut contester l'imagination et la cohérence scientifique de Dan Simmons. C'est un fait établi, un art dans lequel il excelle. Des romans comme les sagas ‘Hyperion' et ‘Endymion' sont des références. Pourquoi ne pas le décrire naïvement, comme un mixe entre Balzac pour la rigueur et la cohérence de l'écriture, Jules Verne pour l'anticipation et J. D. Carr pour l'humour ponctuel et savoureux. Ce gars est grand, encore vivant et sa plume est terriblement sexy.
L'auteur donne confiance en son écrit, et elle est très importante pour se laisser porter aussi loin dans le temps et l'espace.
Les personnages. Entre Daeman (finalement pas si détestable) et Mahnmut, nautonier sur les océans gelés d'Europe (lune de Jupiter), ou Orphu, moravec de l'espace travaillant dans le tore d'Io, Savi la juive qui n'utilise plus les nœuds fax ou Hockenberry portant le casque d'Hadès, sans parler du courage (?) de ces cinq femmes dans le temple d'Athénée (Hélène, Hécube, Laodice, Théano et Andromaque)…Tous les persos, même les secondaires, sont pleins et complets. On les voit et on sent leurs sueurs. Nécessaires et naviguant dans l'édifice, ils participent chacun à l'intrigue qu'ils tissent sous les doigts affûtés de l'auteur.
L'intrigue…elle déroute. Mon cœur s'est arrêté de battre à deux reprises, surtout page 580, second paragraphe…ahhh…la conscience humaine…
Impossible d'en dire plus, ni de résumer cet ouvrage. Le mieux est de vous laisser tenter par cette aventure un peu extravagante. Ce retournement historique et physiquement éprouvant est à la portée intergalactique de tous. Ce roman est immense. Une fin un peu trop brute. Comment se révélera le second tome ‘Olympos' ?
Et elle a un sens de l'humour des plus pervers. »
Comment réconcilier mythologie antique et science-fiction ? Réponse : se laisser entraîner par l'imagination de l'auteur Dan Simmons à travers ‘Ilium'.
Ici trois récits se mêlent : la guerre de Troie version nanotechnologie avec de vrais bouts d'Homère dedans, le paysage terrestre post-humain habité par des fêtards entourés de Voynix mystérieux, et, une mission top secrète de Moravecs qui se racontent Shakespeare et Proust dans tous les sens.
Et avec ça, Dan Simmons construit son édifice. D'abord, il établit une charpente, puis des étages solides avec canalisations, viennent les ascenseurs et ensuite, il nous perd, révèle, relève et explose.
Ce livre est incroyable de condensé, d'imaginaire, de héros grecs et de petits hommes verts.
En cours et après lecture, le conseillant à tout va, j'ai pu constater que les fans uniquement de mythologie ou de SF s'accordent sur un point : ils y trouvent plus que leur compte et souhaitent approfondir l'autre domaine. Bébé dans un thème comme dans l'autre, j'en suis ressortie comblée. Un véritable coup au cœur.
La confiance.
De part, les références mythologiques très très poussées, mais non rébarbatives, sans cesse mises en parallèle et discutées avec la véritable ‘Iliade' d'Homère, donnent un aspect moderne et plein de chair. Le narrateur de cette partie est un scoliaste de notre siècle ramené à la vie par les dieux. Ceux-là, légèrement modifiés (car maîtrisant, entre autres, la téléportation quantique) jouent avec les Achéens et les Troyens, lancent les paris, ont leurs chouchous et les aident. Telle se déroule « normalement » l'épopée, jusqu'au point de pivot qui fait ‘Ilium' et non ‘Iliade'.
D'autre part, on ne peut contester l'imagination et la cohérence scientifique de Dan Simmons. C'est un fait établi, un art dans lequel il excelle. Des romans comme les sagas ‘Hyperion' et ‘Endymion' sont des références. Pourquoi ne pas le décrire naïvement, comme un mixe entre Balzac pour la rigueur et la cohérence de l'écriture, Jules Verne pour l'anticipation et J. D. Carr pour l'humour ponctuel et savoureux. Ce gars est grand, encore vivant et sa plume est terriblement sexy.
L'auteur donne confiance en son écrit, et elle est très importante pour se laisser porter aussi loin dans le temps et l'espace.
Les personnages. Entre Daeman (finalement pas si détestable) et Mahnmut, nautonier sur les océans gelés d'Europe (lune de Jupiter), ou Orphu, moravec de l'espace travaillant dans le tore d'Io, Savi la juive qui n'utilise plus les nœuds fax ou Hockenberry portant le casque d'Hadès, sans parler du courage (?) de ces cinq femmes dans le temple d'Athénée (Hélène, Hécube, Laodice, Théano et Andromaque)…Tous les persos, même les secondaires, sont pleins et complets. On les voit et on sent leurs sueurs. Nécessaires et naviguant dans l'édifice, ils participent chacun à l'intrigue qu'ils tissent sous les doigts affûtés de l'auteur.
L'intrigue…elle déroute. Mon cœur s'est arrêté de battre à deux reprises, surtout page 580, second paragraphe…ahhh…la conscience humaine…
Impossible d'en dire plus, ni de résumer cet ouvrage. Le mieux est de vous laisser tenter par cette aventure un peu extravagante. Ce retournement historique et physiquement éprouvant est à la portée intergalactique de tous. Ce roman est immense. Une fin un peu trop brute. Comment se révélera le second tome ‘Olympos' ?
[Anne A.]









