Papercuts, le webzine qui tranche
« Dans ce livre j'ai tenté de mêler une idée de science-fiction, des
techniques issues du thriller et une ambiance parfois horrifique, le
tout intégré dans une structure classique, basée sur La Divine Comédie
de Dante et utilisant l'imagerie du poète anglais T.S.Eliot. J'ai sans
doute vu trop grand. L'écriture de ce livre a été très difficile, et je
crains que le résultat soit trop confus aux yeux du lecteur. J'ai
parfois du mal à accepter mes limites. »
Un commentaire de l'auteur lui-même des plus modeste et critique. Et
pourtant aux yeux du lecteur L'Homme nu est une histoire excellente,
belle, triste et imprégnée de mélancolie, de souvenir et de magie.
Le thème de la télépathie est ici abordé de manière différente de ses
prédécesseurs. C'est en effet une malédiction pour Dan Simmons qui
poursuit le héros : Jeremy Bremen, un mathématicien qui possède ce don
en continu. Ainsi il ne connaît pas la solitude puisque les pensées,
les pulsions des autres viennent sans cesse envahir les siennes.
Pourquoi donc une malédiction ? Car ces pensées étrangères brillent
rarement par leur beauté. En d'autres termes notre héros voit le monde
tel qu'il est réellement et non tel qu'il apparaît. Cependant ce don
lui a permis de rencontrer sa femme Gail qui le possédait également et
lorsqu'ils étaient ensemble, la conjugaison de leur don les protégeait
de la « neuro-rumeur ». Comme si ensemble ils constituaient pour
eux-mêmes une sorte de bouclier les protégeant des autres et de leurs
pensées.
Un parfait bonheur à première vue mais depuis plusieurs années, sa
femme se meurt d'un cancer et le lecteur prend l'histoire en cours de
route au moment où Jeremy emmène Gail pour la dernière fois à
l'hôpital. Le bonheur cesse donc à la mort de sa femme car les pensées
des autres pénètrent une fois de plus son esprit. Pour échapper à ce
viol mental il abandonne tout : sa maison, sa vie de professeur et de
chercheur… il tente de fuir. Mais la malchance le rattrape et il
retrouve emmêlé dans une succession d'événements.
Beauté, tristesse et magie sont les meilleur termes pour qualifier ce
roman. Outre le petit nombre de pages L'Homme nu est un de ces livres
dont l'histoire se poursuit dans l'esprit des lecteurs même après avoir
tourner la dernière page. Une histoire sans fin car ce qui est raconté
et dont la manière s'est écrit laisse des marques. Un livre qui fait
réfléchir alors Dan Simmons n'avait pas vu trop grand, mais plutôt
juste.
[MeI]









