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Entre un Live de Rage Against The Machine et certains discours de Rousseau que je lis en ce moment, rien ne valait, comme pause pour redéfinir les approches contemporaines françaises, un ouvrage sur Mai 68. Il était temps de s'y intéresser pour y voir plus clair dans l'Utopie communautaire, la rébellion généralisée…et puis, il s'agit aussi de notre histoire…

« Ce que mes yeux ont vu »

Un ouvrage pas comme les autres, où se pèle-mêlent les rencontres, les actions et les compréhensions/impressions de l'auteur (auto)biographe. Difficile d'accès au début, car tout se chevauche (une impression de coq-à-l'âne, de flou, de bazar, de non-relecture avec certaines notes de références, de décousu). Puis on comprend ces réminiscences forcenées, la volonté de condenser cette période où tout s'enchaîne, tout se rencontre : tout y mettre pour ne rien oublier, et cela s'avère nécessaire. Incidence directe : nous, lecteurs, sommes totalement embarqués dans l'aventure de l'auteur, par son trajet yeux-cortex, rencontres-ouvertures-recherches pour Savoir. Avec ce plus : la partie ‘glossaire', qui n'est pas une simple énumération de noms, de sigles, de partis politiques ou d'événements, mais une poussée en avant pour se renseigner davantage en fournissant aux lecteurs une base solide (la très connue, mais surtout la moins). Tout le monde a sa place dans "Choses vues" !

« Ce temps retrouvé de la révolution »

Ce n'est pas un panorama explicativement historique des faits, mais Daniel Lindenberg nous fournit les éléments essentiels pour les expliquer. Cet ouvrage n'est pas suffisant pour se faire une idée de Mai 68, mais il est indispensable pour l'appréhender justement sans oublis. Ce bouillonnement et cet aboutissement mai 1968 prennent réalité dans les idéaux et l'inachèvement du passé. Ca devait éclater et l'ouvrage nous raisonne avec passion…

On se transbahute également dans les années 60 où se prépare, de lieux mythiques à d'autres cafés de Saint Germain des Prés, on (re)découvre les journaux de l'époque, la division à outrance des parties de gauche, les rencontres de l'auteur des acteurs actifs médiatisés ou non (Georges Lapassade, Jean-Paul Sartre, Louis Althusser…), la culture musicale et la littérature révolutionnaire, avec des mots plus ou moins barbares sur lesquels il faut s'accrocher (fondamentaliste, situationniste, marxisme, ultrabolchévisme, psychiatrie institutionnelle…) qui font passer ma génération pour des incultes et des passifs broyés par la machine commerciale !

Cette effervescence intellectuelle de l'époque me semble d'un autre temps…Seulement 40 ans nous en sépare…En comparant l'activisme dans cet ouvrage et ce qui est aujourd'hui dehors dans la rue, j'éprouve de la honte…On a oublié les fondamentaux, mais ce livre comme une piqûre de rappel !

[Anne A.]

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Daniel Lindenberg - Choses vues, une éducation politique autour de 68

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