Papercuts, le webzine qui tranche
Ce livre exhale l'angoisse dans un râle, un hurlement, une écriture poussée par une rage et un désespoir incommensurables. Un sentiment qui par sa violence vous laisse étranger, choqué, fasciné jusqu'à la dernière page.
On comprend le regard d'un homme égoïste sur les quelques êtres qui lui portent un amour couvert de balafres. Le reste ne lui est qu'une foule abstraite et inconsistante, un vide d'incompréhension, un vide inutile. Il observe les prémices de la guerre civile espagnole, revit en songe la Révolution d'octobre dans le palais des tzars, écoute les échos du nazisme en devenir dans un hall de gare…Communisme, fascisme…les réflexions l'effleurent mais ne s'attardent pas. Tout mouvement lui est une émotion cruelle, cela dépasse tout, il demeure enfermé dans sa propre douleur.
Une crise, une maladie. Poussé par l'alcool et la peur, il pense mourir, après avoir abandonné toute pudeur. Il reprend pied grâce à une jeune femme perdue et fragile, l'entraîne, sadique, dans une tourmente théâtrale, fataliste et odieuse. On songe au triste couple de La mort, de Schnitzler. Il se relève ainsi, ou presque. Son quotidien est hanté par la macabre présence d'une autre femme, vierge sale, sainte malsaine qui éveille la haine et l'admiration effrayée de tous ceux qui l'écoutent.
Et puis cette passion pour Dirty/ Dorotea, après une chute aux enfers à deux, à tournoyer dans la déchéance humaine avant une dernière étreinte dans la terre meuble d'un cimetière, et l'inéluctable départ d'un train.
C'est fort, c'est affreux, c'est addictif. Rarement l'écriture se fait véhicule d'une telle intensité.
On comprend le regard d'un homme égoïste sur les quelques êtres qui lui portent un amour couvert de balafres. Le reste ne lui est qu'une foule abstraite et inconsistante, un vide d'incompréhension, un vide inutile. Il observe les prémices de la guerre civile espagnole, revit en songe la Révolution d'octobre dans le palais des tzars, écoute les échos du nazisme en devenir dans un hall de gare…Communisme, fascisme…les réflexions l'effleurent mais ne s'attardent pas. Tout mouvement lui est une émotion cruelle, cela dépasse tout, il demeure enfermé dans sa propre douleur.
Une crise, une maladie. Poussé par l'alcool et la peur, il pense mourir, après avoir abandonné toute pudeur. Il reprend pied grâce à une jeune femme perdue et fragile, l'entraîne, sadique, dans une tourmente théâtrale, fataliste et odieuse. On songe au triste couple de La mort, de Schnitzler. Il se relève ainsi, ou presque. Son quotidien est hanté par la macabre présence d'une autre femme, vierge sale, sainte malsaine qui éveille la haine et l'admiration effrayée de tous ceux qui l'écoutent.
Et puis cette passion pour Dirty/ Dorotea, après une chute aux enfers à deux, à tournoyer dans la déchéance humaine avant une dernière étreinte dans la terre meuble d'un cimetière, et l'inéluctable départ d'un train.
C'est fort, c'est affreux, c'est addictif. Rarement l'écriture se fait véhicule d'une telle intensité.
[Clémence]









