Papercuts, le webzine qui tranche
Corée, fin du XIXe siècle. Shim Chong est une toute jeune adolescente, fille
unique d'un père veuf et aveugle obligé de vendre sa progéniture à des marchands
chinois. Sa carrière de prostituée de luxe la conduira en Chine, à Singapour, à
Taïwan, à Okinawa, à Nagasaki avant de revenir en Corée, riche et apaisée, mais
seule, après avoir aimé trois hommes et en avoir subi plusieurs centaines. Sexe,
aventure, histoire politique, passion, mort… tous les ingrédients d'un mauvais
thriller – d'ailleurs n'avons-nous pas là la trame d'un futur film - à la
Scorsese sont réunis, et vous l'aurez sans doute deviné, au vu de la note
obtenue par ce roman du coréen Hwang Sok-Yong, la sauce ne prend à aucun moment.
Mélange malheureux de ‘Epouses et concubines', de ‘Shogun' de James Clavell, des ‘55 Jours de Pékin' et d'un épisode inédit de ‘Oui-Oui écarte les jambes et soupire', les péripéties successives de Shim Chong-Lenhwa-Lenka (soit les différents avatars de notre héroïne selon l'endroit où elle vend son corps – décrit, et c'est bien le seul intérêt du roman, avec beaucoup de passion par notre narrateur) ne provoquent que de nombreux bâillements au pauvre lecteur opprimé par le style autant télégraphique (descriptions météorologiques interminables, points historiques sur la situation économique du Japon totalement incompréhensibles pour l'occidental lambda) qu'ampoulé lors qu'il s'agit d'évoquer la mort charnelle de l'adolescente Chong (oui, moi aussi, je n'ai rien compris à ce passage) ou la religion bouddhiste.
En refermant ce livre, on se dit que n'importe quel film historique avec Jet Li en fera plus pour connaître l'histoire de l'Asie à cette époque (revoyez la fantastique trilogie ‘Il était une fois en Chine') et que Gong Li, en trois films (le sus-cité ‘Epouses et concubines', ‘Adieu ma concubine' et ‘Shanghai Triad') amène plus de sensualité à la prostitution orientale que les 550 pages de ce roman.
La présentation fournie par le service de presse nous évoque de façon mensongère les figures de Dos Passos, Zola et même Soljenitsyne là où on devrait plus sûrement lire Musso ou Cartland. Hwang Sok-yong est sans doute le principal représentant de la littérature contemporaine coréenne, mais avec ce roman, il risque surtout d'en devenir le tâcheron.
Mélange malheureux de ‘Epouses et concubines', de ‘Shogun' de James Clavell, des ‘55 Jours de Pékin' et d'un épisode inédit de ‘Oui-Oui écarte les jambes et soupire', les péripéties successives de Shim Chong-Lenhwa-Lenka (soit les différents avatars de notre héroïne selon l'endroit où elle vend son corps – décrit, et c'est bien le seul intérêt du roman, avec beaucoup de passion par notre narrateur) ne provoquent que de nombreux bâillements au pauvre lecteur opprimé par le style autant télégraphique (descriptions météorologiques interminables, points historiques sur la situation économique du Japon totalement incompréhensibles pour l'occidental lambda) qu'ampoulé lors qu'il s'agit d'évoquer la mort charnelle de l'adolescente Chong (oui, moi aussi, je n'ai rien compris à ce passage) ou la religion bouddhiste.
En refermant ce livre, on se dit que n'importe quel film historique avec Jet Li en fera plus pour connaître l'histoire de l'Asie à cette époque (revoyez la fantastique trilogie ‘Il était une fois en Chine') et que Gong Li, en trois films (le sus-cité ‘Epouses et concubines', ‘Adieu ma concubine' et ‘Shanghai Triad') amène plus de sensualité à la prostitution orientale que les 550 pages de ce roman.
La présentation fournie par le service de presse nous évoque de façon mensongère les figures de Dos Passos, Zola et même Soljenitsyne là où on devrait plus sûrement lire Musso ou Cartland. Hwang Sok-yong est sans doute le principal représentant de la littérature contemporaine coréenne, mais avec ce roman, il risque surtout d'en devenir le tâcheron.
[Meule]









