Papercuts, le webzine qui tranche
« Sur ce point, je n'ai pas changé. »
La recette de ‘Marche ou crève' (1979) rejaillit : des enfants, malgré eux, sont embarqués à contempler et à participer au jeu de la mort, sous l'influence d'un adulte autoritaire. Ici, il s'agit de la torture d'une gamine dans un abri anti-atomique, dans un quartier propret de banlieue américaine, dans les années 50.
Visuellement, on se retrouve dans une époque : l'importance dans le foyer de la tv, du voisinage et ses non-dits, les sodas, les tubes de musique de cette décennie… Avec des phrases courtes, ce décor, tout prêt pour une adaptation film, s'impose et l'horreur se glisse facilement dedans.
Le narrateur, David, est un adulte qui se replonge dans le souvenir de son enfance et, surtout, le tragique été où, pré-ado, il fut le témoin des sévices que subit Megan.
« Elle représentait tout ce que je savais du sexe. Et tout ce que je savais de la cruauté. L'espace d'un instinct, cette sensation me grisa aussi sûrement qu'un vin capiteux. Je me sentais de nouveau l'un des leurs. »
L'intérêt de l'ouvrage réside dans l'ambiguïté des sentiments de David, tantôt écœuré, tantôt excité, tantôt recroquevillé de terreur ou brave et épris de justice. La progression crescendo des actes de torture, du mental des enfants ou de la transformation (même physique) de la tortionnaire, est assez troublante. On comprend aisément le bouche-à-oreille provoqué par ‘Une fille comme les autres' : une tension qui tient en haleine et ne fait décrocher le lecteur, peu d'instants de répit et un besoin de connaître la suite. Comparable à du Stephen King…celui-ci est, d'ailleurs, l'auteur de l'introduction de ce roman. Monsieur King y dévoile et détaille chaque scène. A croire qu'il a voulu pourrir le plaisir de lecture ou, même, son homologue. C'est un très mauvais placement de texte. Donc WARNING sur l'introduction, elle pourrait tout vous gâcher.
Le bémol de l'ouvrage est le fameux « tiré d'une histoire vraie ». Car en conclusion, soit l'auteur fait une mauvaise adaptation d'un fait divers, soit le livre de Jack Ketchum apporte une terrible photographie de la lâcheté humaine. Par ma naïveté, je ne peux croire que lorsque tout un quartier (y compris les adultes) soupçonne ou est au courant, personne ne moufte. Ce constat retranscrit dans le roman m'a beaucoup plus horrifiée que le rapport bourreau / victime / voyeur obligé ou même les actes sévères de torture. Et la réalité mise en doute, l'ensemble s'écroule en marshmallows, en laissant parallèlement un goût extrêmement amer envers l'Homme.
Je garde donc un souvenir mitigé sur l'ouvrage. D'un côté, la lecture est vraiment prenante concernant l'horreur, les manipulations psycho, la perversion humaine, mais de l'autre, il faut croire à une lâcheté forte de la part de l'être humain. Tout dépendra donc du lecteur et de sa foi… ça me rappelle le film ‘L'Orphelinat' de Guillermo del Toro, certains trouvent la fin tragique, d'autres heureuse. Ce livre est génial si on y croit.
La recette de ‘Marche ou crève' (1979) rejaillit : des enfants, malgré eux, sont embarqués à contempler et à participer au jeu de la mort, sous l'influence d'un adulte autoritaire. Ici, il s'agit de la torture d'une gamine dans un abri anti-atomique, dans un quartier propret de banlieue américaine, dans les années 50.
Visuellement, on se retrouve dans une époque : l'importance dans le foyer de la tv, du voisinage et ses non-dits, les sodas, les tubes de musique de cette décennie… Avec des phrases courtes, ce décor, tout prêt pour une adaptation film, s'impose et l'horreur se glisse facilement dedans.
Le narrateur, David, est un adulte qui se replonge dans le souvenir de son enfance et, surtout, le tragique été où, pré-ado, il fut le témoin des sévices que subit Megan.
« Elle représentait tout ce que je savais du sexe. Et tout ce que je savais de la cruauté. L'espace d'un instinct, cette sensation me grisa aussi sûrement qu'un vin capiteux. Je me sentais de nouveau l'un des leurs. »
L'intérêt de l'ouvrage réside dans l'ambiguïté des sentiments de David, tantôt écœuré, tantôt excité, tantôt recroquevillé de terreur ou brave et épris de justice. La progression crescendo des actes de torture, du mental des enfants ou de la transformation (même physique) de la tortionnaire, est assez troublante. On comprend aisément le bouche-à-oreille provoqué par ‘Une fille comme les autres' : une tension qui tient en haleine et ne fait décrocher le lecteur, peu d'instants de répit et un besoin de connaître la suite. Comparable à du Stephen King…celui-ci est, d'ailleurs, l'auteur de l'introduction de ce roman. Monsieur King y dévoile et détaille chaque scène. A croire qu'il a voulu pourrir le plaisir de lecture ou, même, son homologue. C'est un très mauvais placement de texte. Donc WARNING sur l'introduction, elle pourrait tout vous gâcher.
Le bémol de l'ouvrage est le fameux « tiré d'une histoire vraie ». Car en conclusion, soit l'auteur fait une mauvaise adaptation d'un fait divers, soit le livre de Jack Ketchum apporte une terrible photographie de la lâcheté humaine. Par ma naïveté, je ne peux croire que lorsque tout un quartier (y compris les adultes) soupçonne ou est au courant, personne ne moufte. Ce constat retranscrit dans le roman m'a beaucoup plus horrifiée que le rapport bourreau / victime / voyeur obligé ou même les actes sévères de torture. Et la réalité mise en doute, l'ensemble s'écroule en marshmallows, en laissant parallèlement un goût extrêmement amer envers l'Homme.
Je garde donc un souvenir mitigé sur l'ouvrage. D'un côté, la lecture est vraiment prenante concernant l'horreur, les manipulations psycho, la perversion humaine, mais de l'autre, il faut croire à une lâcheté forte de la part de l'être humain. Tout dépendra donc du lecteur et de sa foi… ça me rappelle le film ‘L'Orphelinat' de Guillermo del Toro, certains trouvent la fin tragique, d'autres heureuse. Ce livre est génial si on y croit.
[Anne A.]









