Papercuts, le webzine qui tranche
« C'est un sourire profond, pas cette sorte de bonheur passager,
plutôt cette espèce rare qui vient lorsque quelque chose d'intérieur et
d'indicible est tiré du sommeil et ramené à la vie. »
Avant d'arriver à cet heureux constat, on se demande si l'on est en
mesure de partager l'insoutenable avec l'auteur. Son récit
autobiographique débute par une oppressante description de torsions, de
douleurs, de déchirures. Une violence inouïe. On le prend dans nos
bras, on s'imprègne de son mal être tandis que le regard court sans
relâche sur les pages.
Haine de soi, alcool et drogue. C'est entre vie et mort que James
débute une cure de désintoxication. Lentement reprendre l'usage de ses
sens, lentement découvrir la confiance, le partage et tant de valeurs
qui lui étaient soit inconnues, soit porteuses de souvenirs coupables.
Un homme volontaire, au courage formidable qui, par son expérience,
démontre que la foi en ses convictions dépasse de loin l'appui sur un
système de pensée déresponsabilisant. Passant tout contact au crible de
son intelligence aiguë, il repousse la mascarade et embrasse
l'authenticité pour finalement ouvrir la bogue de son être. On est
touché à l'extrême par sa gratitude envers les gestes généreux. Son
existence émiettée rencontre et se mêle à d'autres bris. Ce qui en
résulte est magnifique.
L'écriture est d'une intensité rare, nous sommes aux antipodes d'une
verveine verbale vous escortant au pays des rêves. Ce livre ne se
referme qu'à la fin, et le visage de tout lecteur sera le théâtre
vibrant d'émotions diverses et superbes.
« Ses yeux, sa main comprennent le sens de mes mots, ont déjà vu, connu ce type de dégâts. Il n'y a ni jugement ni condescendance. Que de l'espoir. »
[Clémence]









