Papercuts, le webzine qui tranche
(transcription littérale de conférences données en 1969)
Cette liberté à laquelle nous aspirons tous. Cette liberté qui fait si peur, au fond, car elle semble contredire tellement de fondements de notre morale sociale. Oser interroger cette morale sociale, se libérer des dogmes, religieux ou sociaux, s'affranchir d'un conditionnement établi depuis des siècles et des siècles, tenant les rênes de nos instincts. Où est le bien ? Ou est le vrai ? Et une fois que l'on a senti comment vivre cette vérité, comment la mettre en pratique, sans heurter, sans blesser celui qui croit et défend les valeurs sociales et ses institutions, qui s'effondre avec l'illusion d'un rêve de stabilité, d'éternité, d'un couple, d'une situation ? Ce rêve social, paisible et organisé, un rêve inaccessible pour beaucoup dont la nature humaine déborde. Et face à l'échec, l'insécurité d'obtenir, de préserver, surgit la peur, la violence ; se tapit tout au fond le voile de l'angoisse. La fuite du temps, le point final, inexorable, présent.
Cette liberté nous est accessible aisément, on peut la comprendre, saisir son essence immédiatement. Il est bien plus difficile de la mettre en pratique, cette fluidité si logique dans ce confinement de murs absurdes auxquels tout le monde s'efforce de croire pour se rassurer, auxquels chacun se heurte et s'étonne de son inaptitude à se conformer à leurs codes grossiers.
Apprendre à désapprendre, douter des certitudes avariées, responsables de tant de drames. Plusieurs changements individuels peuvent faire de grandes choses. Se regarder en face. Vraiment. Et parvenir à reconnaître ses préjugés, et s'en défaire ainsi sans d'autre effort que celui d'admettre. Admettre la médiocrité, la fuite, sa propre violence. Son inaptitude à regarder avec attention, respect.
La pensée de Krishnamurti est un profond bouleversement. Elle convainc sans chercher à convaincre, établit une à une des évidences. Libère.
Il ne reste qu'un silence, la volonté de vivre au présent, intensément. Utiliser la pensée pour servir l'acte et non comparer, séparer, distancier; créer ce que d'autres poussent à endosser de résignation, ce regard désabusé qui vous pousse à accepter l'absurdité.
Au final, cette joie de savoir que l'on a le pouvoir, que l'on a le droit et le devoir de rétablir un regard sain et frais sur cette existence défilant au pas de course. Une innocence du cœur face aux brimades et luttes de pouvoir. Une véritable, une inestimable liberté. Ineffable de beauté.
Cette liberté à laquelle nous aspirons tous. Cette liberté qui fait si peur, au fond, car elle semble contredire tellement de fondements de notre morale sociale. Oser interroger cette morale sociale, se libérer des dogmes, religieux ou sociaux, s'affranchir d'un conditionnement établi depuis des siècles et des siècles, tenant les rênes de nos instincts. Où est le bien ? Ou est le vrai ? Et une fois que l'on a senti comment vivre cette vérité, comment la mettre en pratique, sans heurter, sans blesser celui qui croit et défend les valeurs sociales et ses institutions, qui s'effondre avec l'illusion d'un rêve de stabilité, d'éternité, d'un couple, d'une situation ? Ce rêve social, paisible et organisé, un rêve inaccessible pour beaucoup dont la nature humaine déborde. Et face à l'échec, l'insécurité d'obtenir, de préserver, surgit la peur, la violence ; se tapit tout au fond le voile de l'angoisse. La fuite du temps, le point final, inexorable, présent.
Cette liberté nous est accessible aisément, on peut la comprendre, saisir son essence immédiatement. Il est bien plus difficile de la mettre en pratique, cette fluidité si logique dans ce confinement de murs absurdes auxquels tout le monde s'efforce de croire pour se rassurer, auxquels chacun se heurte et s'étonne de son inaptitude à se conformer à leurs codes grossiers.
Apprendre à désapprendre, douter des certitudes avariées, responsables de tant de drames. Plusieurs changements individuels peuvent faire de grandes choses. Se regarder en face. Vraiment. Et parvenir à reconnaître ses préjugés, et s'en défaire ainsi sans d'autre effort que celui d'admettre. Admettre la médiocrité, la fuite, sa propre violence. Son inaptitude à regarder avec attention, respect.
La pensée de Krishnamurti est un profond bouleversement. Elle convainc sans chercher à convaincre, établit une à une des évidences. Libère.
Il ne reste qu'un silence, la volonté de vivre au présent, intensément. Utiliser la pensée pour servir l'acte et non comparer, séparer, distancier; créer ce que d'autres poussent à endosser de résignation, ce regard désabusé qui vous pousse à accepter l'absurdité.
Au final, cette joie de savoir que l'on a le pouvoir, que l'on a le droit et le devoir de rétablir un regard sain et frais sur cette existence défilant au pas de course. Une innocence du cœur face aux brimades et luttes de pouvoir. Une véritable, une inestimable liberté. Ineffable de beauté.
[Clémence]









