Papercuts, le webzine qui tranche
« Il porte à ses lèvres la tasse de café. Il la boit une seconde fois, même s'il la sait vide. Avaler le vide le réconforte. »
Deux chemins se croisent. Celui de Guillaume, conducteur de l'autorail et celui de Manon, à bord de sa 405 vert céladon. Trois morts et un traumatisé. Guillaume en avait marre de sa vie avec Alice, Manon comptait refaire la sienne. Après l'accident, le conducteur à l'anorak élimé part à la recherche de sa défunte. Tranches de vies.
Premier roman de l'auteur. La sensibilité et le sens du verbe ajoutent de la saveur à ce fait divers. L'ambiance est noire et torturée. Lecteur, assieds-toi avant de t'insérer dans les méandres de la culpabilité. Passif, on subit et comme Kemoun, on est impuissant face à cet homme, là au mauvais moment.
Le livre regorge de termes cheminots. Les employés et la mécanique. Entendre ce vocabulaire précis, un peu forcé et bientôt obsolète, est un véritable plaisir pour ceux qui aiment les trains. Le fonctionnement de l'intérieur et les rouages représentent, en quelque sorte, les sentiments émanant de cet ouvrage.
Les personnages viennent puis s'éloignent, comme ceux du second roman de l'auteur « Le veilleur du Britannia ». Ils ne sont ni attachants, ni repoussants, juste présents et ils gravitent. De brèves apparitions sans gêne. Curieuse sensation de proximité et de distance.
C'est une histoire triste. Une histoire de deux destins malheureux (ou de plusieurs, car la sensibilité n'est-elle pas « vicieusement sélective » ?). Peu de lumière, des descentes (dans le couple, dans l'approche et les constats sur les gens…), les limites, les contraintes… Pas de place pour les rêves. Même le mariage du maire sonne faux. La réalité pèse et s'alourdit lors du face à face.
« Un rail, tout lui est égal, d'être à droite ou à gauche de son jumeau, ou que ce soit un wagon-citerne ou une voiture Pullman qui lui roule dessus. »
Le roman est beau, on s'y attache, mais il ne divertit pas par les thèmes abordés, riches cependant en conscience. Je ne sais pas si je le conseille, car « le passage à niveau » est tout de même douloureux.
Deux chemins se croisent. Celui de Guillaume, conducteur de l'autorail et celui de Manon, à bord de sa 405 vert céladon. Trois morts et un traumatisé. Guillaume en avait marre de sa vie avec Alice, Manon comptait refaire la sienne. Après l'accident, le conducteur à l'anorak élimé part à la recherche de sa défunte. Tranches de vies.
Premier roman de l'auteur. La sensibilité et le sens du verbe ajoutent de la saveur à ce fait divers. L'ambiance est noire et torturée. Lecteur, assieds-toi avant de t'insérer dans les méandres de la culpabilité. Passif, on subit et comme Kemoun, on est impuissant face à cet homme, là au mauvais moment.
Le livre regorge de termes cheminots. Les employés et la mécanique. Entendre ce vocabulaire précis, un peu forcé et bientôt obsolète, est un véritable plaisir pour ceux qui aiment les trains. Le fonctionnement de l'intérieur et les rouages représentent, en quelque sorte, les sentiments émanant de cet ouvrage.
Les personnages viennent puis s'éloignent, comme ceux du second roman de l'auteur « Le veilleur du Britannia ». Ils ne sont ni attachants, ni repoussants, juste présents et ils gravitent. De brèves apparitions sans gêne. Curieuse sensation de proximité et de distance.
C'est une histoire triste. Une histoire de deux destins malheureux (ou de plusieurs, car la sensibilité n'est-elle pas « vicieusement sélective » ?). Peu de lumière, des descentes (dans le couple, dans l'approche et les constats sur les gens…), les limites, les contraintes… Pas de place pour les rêves. Même le mariage du maire sonne faux. La réalité pèse et s'alourdit lors du face à face.
« Un rail, tout lui est égal, d'être à droite ou à gauche de son jumeau, ou que ce soit un wagon-citerne ou une voiture Pullman qui lui roule dessus. »
Le roman est beau, on s'y attache, mais il ne divertit pas par les thèmes abordés, riches cependant en conscience. Je ne sais pas si je le conseille, car « le passage à niveau » est tout de même douloureux.
[Anne A.]
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