Papercuts, le webzine qui tranche
Holger Carlsen est danois, il vit au États-Unis quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Rapidement il décide d'entrer dans la résistance, histoire de prêter main forte à ses compatriotes. Une nuit, alors que lui et son équipe sont en mauvaise posture face aux Allemands, une balle vient lui frôler la tempe. L'ingénieur se réveille dans un monde fantastique où l'attendent créatures fantastiques et légendes.
L'univers dans lequel Holger pénètre ressemble au contenu d'un livre, avec de nombreuses références à Arthur et à Carolus Magnus (Charlemagne). Très vite il prend conscience du caractère exceptionnel de sa condition, semblant être lui aussi voué à jouer un rôle important dans l'histoire de ce monde.
A la lecture de "Trois Cœurs trois lions", on ne peut s'empêcher de penser à un autre roman : "Elric" (qui commence à paraître la même année sous forme de nouvelles). Michael Morcoock, son auteur, cite d'ailleurs Poul Anderson comme l'une de ses plus grandes inspirations en matière de fantasy, une évidence à la lecture de ce roman.
L'auteur y développe les mêmes théories, les mêmes idées de multivers, la même lutte inhérente : la loi contre le chaos. Que ce soit sur Midgard au cœur d'un monde de légende, dans l'Europe nazie ou sur les terres d'Elric, les luttes entre les deux camps régissent l'univers. Peu importe où nous sommes, peu importe quand nous sommes. Le champion éternel, lui aussi est déjà présent, ici sous les traits d'un physicien moyen, Holger Carlsen se révélant héros légendaire.
Néanmoins Anderson n'est pas Moorcock et Holger n'est pas Elric, ils sont même à des années lumière les uns des autres. Ce roman est un habile mélange de fantastique, de science fiction et de fantasy. A l'heure où la fantasy n'est encore que l'apanage de quelques trublions (Tolkien, Lewis, Peakes), Anderson plus versé dans la science-fiction nous apporte un regard de scientifique sur les contes et légendes, faisant débattre des grands physiciens sur la potentialité d'un multivers avant d'introduire le voyage d'Holger. Il insuffle aussi quelques notions de science à son héros, qui les utilisera à dessein lors de situations périlleuses : ou comment terrasser un dragon à l'aide de la thermodynamique.
L'histoire en elle-même est simple, les péripéties d'Holger sont autant d'épreuves initiatiques. Néanmoins même si certaines scènes finissent par lasser à la longue, la narration est fluide et l'écriture impeccable, la traduction de Jean-Daniel Brèque semble irréprochable. Ce récit honnête publié pour la première fois en 1961, sans oublier les deux nouvelles qui le suivent développant le concept même de multivers, ravira les amateurs de fantasy et de science-fiction de la première heure. Poul Anderson est un précurseur du genre, de ce roman émergent les premiers balbutiements de la science-fantasy, dont on peut sans se tromper qualifier cette œuvre de fondatrice.
L'univers dans lequel Holger pénètre ressemble au contenu d'un livre, avec de nombreuses références à Arthur et à Carolus Magnus (Charlemagne). Très vite il prend conscience du caractère exceptionnel de sa condition, semblant être lui aussi voué à jouer un rôle important dans l'histoire de ce monde.
A la lecture de "Trois Cœurs trois lions", on ne peut s'empêcher de penser à un autre roman : "Elric" (qui commence à paraître la même année sous forme de nouvelles). Michael Morcoock, son auteur, cite d'ailleurs Poul Anderson comme l'une de ses plus grandes inspirations en matière de fantasy, une évidence à la lecture de ce roman.
L'auteur y développe les mêmes théories, les mêmes idées de multivers, la même lutte inhérente : la loi contre le chaos. Que ce soit sur Midgard au cœur d'un monde de légende, dans l'Europe nazie ou sur les terres d'Elric, les luttes entre les deux camps régissent l'univers. Peu importe où nous sommes, peu importe quand nous sommes. Le champion éternel, lui aussi est déjà présent, ici sous les traits d'un physicien moyen, Holger Carlsen se révélant héros légendaire.
Néanmoins Anderson n'est pas Moorcock et Holger n'est pas Elric, ils sont même à des années lumière les uns des autres. Ce roman est un habile mélange de fantastique, de science fiction et de fantasy. A l'heure où la fantasy n'est encore que l'apanage de quelques trublions (Tolkien, Lewis, Peakes), Anderson plus versé dans la science-fiction nous apporte un regard de scientifique sur les contes et légendes, faisant débattre des grands physiciens sur la potentialité d'un multivers avant d'introduire le voyage d'Holger. Il insuffle aussi quelques notions de science à son héros, qui les utilisera à dessein lors de situations périlleuses : ou comment terrasser un dragon à l'aide de la thermodynamique.
L'histoire en elle-même est simple, les péripéties d'Holger sont autant d'épreuves initiatiques. Néanmoins même si certaines scènes finissent par lasser à la longue, la narration est fluide et l'écriture impeccable, la traduction de Jean-Daniel Brèque semble irréprochable. Ce récit honnête publié pour la première fois en 1961, sans oublier les deux nouvelles qui le suivent développant le concept même de multivers, ravira les amateurs de fantasy et de science-fiction de la première heure. Poul Anderson est un précurseur du genre, de ce roman émergent les premiers balbutiements de la science-fantasy, dont on peut sans se tromper qualifier cette œuvre de fondatrice.
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