Papercuts, le webzine qui tranche
Premier roman de l'auteur, on en reste bouche bée. Une force dans les mots et les sensations, malgré une position et un parler appréhendables : Cissé est un jeune de cité, pas tout à fait comme les autres jeunes de son quartier, mais vivant, à la manière d'un atome autonome, parmi eux. Il meurt dès les premières pages, puis raconte son avant de 16 à 18 ans. Troublant, lucide, ironique, détaché et présent, on se glace et on sourit aussi. Premier roman réussi aussi. Malgré un thème pouvant rapidement basculer dans la facilité et les préjugés.
Mais ici, ce n'est donc pas le cas (sauf en autodérision flagrante). De par sa position intérieurement excentrée du monde la cité et son œil mi-lucide mi-psychopathe, Cissé se livre sans tabou ni pincette. Grâce à l'écriture de l'auteur qui se fond, cette fausse biographie devient juste. On grince des dents par ses actions, celles des autres et ses pensées. Connecté, déconnecté. Lorsqu'il s'arrête de respirer en cours d'anglais ou intègre la notion de sang impur, on se sent impuissant, mal à l'aise…Un stade de mal être qui écarte les idées reçues et fait de ce roman un coup de poing au cortex.
Cette tension et cette violence ne sont pas faciles à lire, mais sont entrecoupées d'humour. Car Cissé n'est mauvais garçon qu'avec lui-même. Avec les autres, pas forcément ou différemment, voire finalement pour sa perte en voulant sauver la vie d'un homme. Quand il fait la plaidoirie ou passe des mots tendres en cours, on sourit. Puis on retombe, sa lucidité et ses actes brûlant nos yeux. Ce roman tranche comme un scalpel propre.
« Abreuvons nos sillons » ne laisse pas indemne par son personnage. Il est guidé par sa Voix(e) jusqu'au bout et on le suit. Un livre d'une intensité rare que je conseille, même si le thème est pesant de réel et le style pas franchement rigolade dans le fond. Se plonger dedans comme plonger en apnée le temps d'une lecture violente d'émotions fictives.
Mais ici, ce n'est donc pas le cas (sauf en autodérision flagrante). De par sa position intérieurement excentrée du monde la cité et son œil mi-lucide mi-psychopathe, Cissé se livre sans tabou ni pincette. Grâce à l'écriture de l'auteur qui se fond, cette fausse biographie devient juste. On grince des dents par ses actions, celles des autres et ses pensées. Connecté, déconnecté. Lorsqu'il s'arrête de respirer en cours d'anglais ou intègre la notion de sang impur, on se sent impuissant, mal à l'aise…Un stade de mal être qui écarte les idées reçues et fait de ce roman un coup de poing au cortex.
Cette tension et cette violence ne sont pas faciles à lire, mais sont entrecoupées d'humour. Car Cissé n'est mauvais garçon qu'avec lui-même. Avec les autres, pas forcément ou différemment, voire finalement pour sa perte en voulant sauver la vie d'un homme. Quand il fait la plaidoirie ou passe des mots tendres en cours, on sourit. Puis on retombe, sa lucidité et ses actes brûlant nos yeux. Ce roman tranche comme un scalpel propre.
« Abreuvons nos sillons » ne laisse pas indemne par son personnage. Il est guidé par sa Voix(e) jusqu'au bout et on le suit. Un livre d'une intensité rare que je conseille, même si le thème est pesant de réel et le style pas franchement rigolade dans le fond. Se plonger dedans comme plonger en apnée le temps d'une lecture violente d'émotions fictives.
[Anne A.]
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