Papercuts, le webzine qui tranche
Collection : les Irradiés
Après son premier roman ‘Samedi soir un DJ m'a sauvé la vie' (Françoise Truffaut, 2006), nous attendions avec impatience le second de William Pierre. Mais l'alchimie ne fonctionne toujours pas. Surtout, ne vous fiez pas au quatrième de couverture, qui ne reflète en rien le contenu de l'ouvrage :
« On peut laisser passer un ou deux trains, une ou deux rames de métro, mais à un moment, il faut bien monter.
Imaginez que ce soit le dernier train du monde…
Stéphane se trouve être conducteur de métro. Chaque jour le même trajet ; visiblement, il ne conduit pas sa vie. Il est conduit.
Mis en boîte.
Impitoyablement, des cercueils d'acier l'emprisonnent pour lui faire comprendre que sa vie est ailleurs, même s'il s'en invente une, par blog interposé, sous le nom et les traits impassibles de Steve McQueen.
Ses expériences pitoyables le conduisent dans un no man's land sentimental, où il se forge une nouvelle personnalité, héritée du culte de Josh Randall et du Rock. »
Effectivement, Stéphane, le protagoniste à la troisième personne, loupe les wagons de sa vie : boulot, amour, amitié. Seul, enfermé avec lui-même, il est fort et souhaite changer le monde qui gravite autour de lui. Face aux autres, c'est une serpillère. La quasi-totalité de l'ouvrage porte sur sa relation amoureuse avec Muriel. Et c'est là, que nous, lecteurs, sommes surpris et devons nous accrocher. Les pérégrinations conflictuelles et les sempiternelles questions du héros s'allongent, se reprennent, tournent et retournent : l'auteur met la triple dose. Le contenu de l'ouvrage n'est pas en phase avec sa présentation. Ajouter à cela, une redondance dans les propos (le groupe de musique Prefab Sprout, le terme "malickerie"…), dur dur de sortir une aiguille du jeu.
Si ! Stéphane est bloggeur pour compenser la vie réelle et ses poèmes sont vraiment intéressants, dommage que l'aspect blog n'ait été que si peu approfondi. Une certaine attente envers le personnage virtuel se créé pour échapper à la tyrannie amoureuse, et la frustration s'installe, car les passages trop peu nombreux. Certaines répliques d'introspection titillent aussi le lecteur, mais idem, trop ponctuelles.
« ça devait être ça, la post-moderne solitude : une envie de sentir beaucoup plus seul. En plein milieu des grandes métropoles et des gens, on a quelquefois le blues d'être toujours accompagné, toujours suivi, toujours entouré, oppressé. On aimerait se retrouver, revenir à un état plus solitaire, dont on a la nostalgie. »
Vivre les échecs d'une personne est un exercice à prendre avec des pincettes, difficile à faire partager en fiction. Cela peut rapidement lasser, si le rapport de connivence entre protagoniste et lecteur n'est pas stable. Ici, c'est le cas. L'auteur n'a pas trouvé l'équilibre pour ‘Le dernier train du monde'. L'adhérence est molle, donc la lecture atteinte.
Tout de même, aller jusqu'à la fin de l'ouvrage, permet de connaître un épisode vraiment sympathique. Une touche qui manquait à l'ensemble : surprise, imagination, prise de risques. La chute est bonne.
Difficile d'attaquer un auteur qui débute, un éditeur peu connu (Jacques André), mais bon…C'est à vous de juger également. Personnellement, ce roman est passé par mes yeux, ne m'a pas touché et ressort de ma vie par l'écriture de cette chronique.
Dans le principe « 2 pour le prix de un », je conseille davantage :
- ‘Le passage à niveau' de Philippe Routier (Stock, 2006) qui met en scène une relation amoureuse similaire de l'inconnu en bas de la rue, conducteur de TER. Le tout de façon concise avec une vraie trame d'histoire dedans, celle des conséquences d'un tragique accident.
- ‘L'homme qui voulait être heureux' de Laurent Gounelle (Editions Anne Carrière, 2008), à l'extrême opposé, car ce roman a pour vocation d'apprendre à tenir les rênes de sa vie, comprendre les blocages, puis vivre heureux.
Après son premier roman ‘Samedi soir un DJ m'a sauvé la vie' (Françoise Truffaut, 2006), nous attendions avec impatience le second de William Pierre. Mais l'alchimie ne fonctionne toujours pas. Surtout, ne vous fiez pas au quatrième de couverture, qui ne reflète en rien le contenu de l'ouvrage :
« On peut laisser passer un ou deux trains, une ou deux rames de métro, mais à un moment, il faut bien monter.
Imaginez que ce soit le dernier train du monde…
Stéphane se trouve être conducteur de métro. Chaque jour le même trajet ; visiblement, il ne conduit pas sa vie. Il est conduit.
Mis en boîte.
Impitoyablement, des cercueils d'acier l'emprisonnent pour lui faire comprendre que sa vie est ailleurs, même s'il s'en invente une, par blog interposé, sous le nom et les traits impassibles de Steve McQueen.
Ses expériences pitoyables le conduisent dans un no man's land sentimental, où il se forge une nouvelle personnalité, héritée du culte de Josh Randall et du Rock. »
Effectivement, Stéphane, le protagoniste à la troisième personne, loupe les wagons de sa vie : boulot, amour, amitié. Seul, enfermé avec lui-même, il est fort et souhaite changer le monde qui gravite autour de lui. Face aux autres, c'est une serpillère. La quasi-totalité de l'ouvrage porte sur sa relation amoureuse avec Muriel. Et c'est là, que nous, lecteurs, sommes surpris et devons nous accrocher. Les pérégrinations conflictuelles et les sempiternelles questions du héros s'allongent, se reprennent, tournent et retournent : l'auteur met la triple dose. Le contenu de l'ouvrage n'est pas en phase avec sa présentation. Ajouter à cela, une redondance dans les propos (le groupe de musique Prefab Sprout, le terme "malickerie"…), dur dur de sortir une aiguille du jeu.
Si ! Stéphane est bloggeur pour compenser la vie réelle et ses poèmes sont vraiment intéressants, dommage que l'aspect blog n'ait été que si peu approfondi. Une certaine attente envers le personnage virtuel se créé pour échapper à la tyrannie amoureuse, et la frustration s'installe, car les passages trop peu nombreux. Certaines répliques d'introspection titillent aussi le lecteur, mais idem, trop ponctuelles.
« ça devait être ça, la post-moderne solitude : une envie de sentir beaucoup plus seul. En plein milieu des grandes métropoles et des gens, on a quelquefois le blues d'être toujours accompagné, toujours suivi, toujours entouré, oppressé. On aimerait se retrouver, revenir à un état plus solitaire, dont on a la nostalgie. »
Vivre les échecs d'une personne est un exercice à prendre avec des pincettes, difficile à faire partager en fiction. Cela peut rapidement lasser, si le rapport de connivence entre protagoniste et lecteur n'est pas stable. Ici, c'est le cas. L'auteur n'a pas trouvé l'équilibre pour ‘Le dernier train du monde'. L'adhérence est molle, donc la lecture atteinte.
Tout de même, aller jusqu'à la fin de l'ouvrage, permet de connaître un épisode vraiment sympathique. Une touche qui manquait à l'ensemble : surprise, imagination, prise de risques. La chute est bonne.
Difficile d'attaquer un auteur qui débute, un éditeur peu connu (Jacques André), mais bon…C'est à vous de juger également. Personnellement, ce roman est passé par mes yeux, ne m'a pas touché et ressort de ma vie par l'écriture de cette chronique.
Dans le principe « 2 pour le prix de un », je conseille davantage :
- ‘Le passage à niveau' de Philippe Routier (Stock, 2006) qui met en scène une relation amoureuse similaire de l'inconnu en bas de la rue, conducteur de TER. Le tout de façon concise avec une vraie trame d'histoire dedans, celle des conséquences d'un tragique accident.
- ‘L'homme qui voulait être heureux' de Laurent Gounelle (Editions Anne Carrière, 2008), à l'extrême opposé, car ce roman a pour vocation d'apprendre à tenir les rênes de sa vie, comprendre les blocages, puis vivre heureux.
[Anne A.]









