Festival de Dour
[2006]
18ème édition pour l’incontournable festival européen. Cette année encore, une affiche plus qu’alléchante, plus 200 groupes, six scènes et 250 000 festivaliers attendus. Pour être franc, le festival de Dour n’a pas dérogé à la règle et a encore été cette énorme fête réunissant les amoureux de musique, de toutes les musiques. Avec comme faire-valoir l’éclectisme, l’affiche 2006 pouvait se targuer de réunir du rock indé, de l’electro, du hip-hop, du metal et du hardcore et on en passe. Le tout de 11 heures à 6 heures du matin !
Forcément avec un tel emploi du temps, les quatre jours se sont vite avérés… fatiguants. Surtout si l’on rajoute à ça, la chaleur et la fameuse poussière de ‘la plaine de la machine de feu’ – nom du site du festival, on aurait presque eu besoin d’une semaine de récupération. Malgré tout, ces quatre jours sont restés placés sous le signe du bon esprit.
Dans un souci d’exactitude pour les horaires, les festivaliers ne peuvent se procurer les horaires de passage que le jour même. Même si l’on apprécie cette bonne volonté, on regrette un peu de ne pas pouvoir planifier à l’avance les emplois du temps de la journée. Sinon à part ce petit point noir, l’organisation du festival a été une véritable réussite.
Mais revenons à nos moutons. La première journée a surtout été l’occasion de se repérer sur le site (et de réussir à différencier les scènes au nom pas forcément très évocateurs comme ‘The Red Frequency’, ‘La Petite Maison Dans La Prairie’, ‘The Last Arena’ ou ‘Club Circuit Marquee’) et de profiter des joies gastronomiques de la Belgique (frites et bières bien sûr). Avec un bon voyage de plusieurs heures dans les pattes, impossible d’ettendre 6 heures du mat pour dormir. Malgré tout, nous avons quand même pu profiter des sets de Wir Sind Helden et de Birdy Nam Nam et attendre en vain l’apparition d’Amelie qui s’était fait voler ses bagages à l’aéroport.
Après une bonne nuit de sommeil, le vendredi s’annoncait comme une journée bien chargée et ensoleillée. Et qui dit ‘journée bien chargée’, dit journée où nous avons loupé beaucoup de choses. Nous avons déserté la scène de Charles Ingalls résolument dub ce jour là pour se concentrer sur un programme très sympathique. Un petit Oomph ! de derrière les fagots très camisolé mais assez déchaîné tout de même. Un peu de binaire n’a jamais fait de mal. Sans oublier un petit Gojira par chauvinisme et respect. En début de soirée arriva l’une des têtes d’affiche incontournable de ces quatre jours, Peeping Tom. Précisons que Dour a eu la classe d’obtenir le tout premier concert du groupe. Mike Patton excelle toujours dans le rôle de crooner, mais les interventions de Rahzel ont semblé un peu fades voire inutiles. A l’image de l’album un peu inégal, ce premier concert a laissé un souvenir un peu plat. Pas mauvais, juste plat. Bauchklang ont fait bien meilleure impression et ont litteralement soufflé et déchainé leur auditoire au simple son de leurs voix. Encore plus blasants sur scène que sur album, les allemands ont été l’un des meilleurs concerts du week end. Plus tard dans la soirée, on a heureusement réussi à esquiver Within Temptation, mais malheureusement trop crevés, nous avons profité de Fischerspooner de la tente.
Après une grasse mat tardive et un apéro un peu trop poussé, la crainte était de louper Ms John Soda, side project d’un Notwist. Heureusement il n’en fut rien et ce premier concert du samedi annonça une journée bien remplie. Vint ensuite Mudhoney, groupe culte de Seattle ayant inspiré le grunge (pour ceux qui ne suivent pas). Concert culte peut-être mais pas forcément très captivant. Les Islands furent beaucoup plus convaincants avec leur pop faussement légère et enjouée. An Pierlé et White Velvet commencèrent leur concert très crooner tandis que Puppetmastaz déchainait les foules. Concept intéressant mais vite rébarbatif. A 21 heures, tandis que I Am X faisait vibrer les masses avec son electro dancefloor facile et assez racoleur, Troy Von Balthazar entamaît un set minimaliste et intimiste de toute beauté. Une heure coupés du monde, sensation que l’on ne retrouvera que le lendemain avec Final Fantasy. Le duo fou Fingathing (dj+contrebassiste) réalisa un set absolument dément dans le ‘Dance Hall’ plein à craquer pour l’un des meilleurs concerts de ce samedi. Douche tiède avec Archive, décidément bien peu passionnant ce soir là. Et enfin, conlusion de notre journée folle : Arab Strap. Concert magique malgré l’ébriété apparente du groupe et le peu de monde venu soutenir ce joyau de la pop à cette heure tardive.
Le dimanche, la fatigue commence à se faire sentir. Aujourd’hui, objectif principal : voir les Dandy Warhols. On commence tranquillement avec Gravenhurst. Véritable pépite en album, le trio n’a pas réussi à récréer la magie sur scène. Ajoutons à cela une chaleur à crever et un après-midi absolument pas propice à la mélancolie du groupe et vous obtenez une grosse déception. Les Nada Surf trancheront fortement au niveau atmosphère mais même si l’effet madeleine de Proust fonctionne, ce n’est pas ce qu’on recherchait aujourd’hui. Final Fantasy arrive à nous envoûter au simple son d’un violon et d’un sampler. Une claque scènique et un concert hors-norme. Heavy Trash fatigue rapidement après ce doux moment et nous laissons le rockabilly aux adeptes pour partir voir Bell Orchestre qui comprend certains membres de Arcade Fire. Le ska survolté des Mad Caddies trancha fortement avec les envolées lyriques de l’orchestre. Enfin vint le moment des Dandy Warhols soit un concert très classieux, très dandy (logique) et composé de tubes et rien que de tubes. Le public était bien au rendez-vous à la vue de cette foule compacte et diversifiée chantonnant les airs les plus accrocheurs des Dandy. Un bien beau concert. On rassemble encore les dernières forces pour rentrer se coucher. Demain le festival de Dour ne sera plus qu’un (bon) souvenir – en attendant l’année prochaine…[Eric H.]
Melissa Auf der Maur
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