Garden Nef Party | Angoulême
[18 & 19 juillet - 2008]

La Garden Nef Party à Angoulême (ville de la bande dessinée et durock’n roll) est un festival comme il en fleurit beaucoup dans notrevieil hexagone.
A l’heure où la jeunesse planche sur ses cahiers de vacances, nousvoilà un beau week-end en perspective. Un peu de campagne à la villesur un très joli site verdoyant.
Quelques bonnes initiatives à montrer du doigt ! La mise en placed’une navette bus gratuite (ça facilite le parking et ce n’est pas plusmal pour l’effet de serre) mais aussi la mise en place du gobeletréutilisable et consigné qui évite que le site ne devienne en quelquesheures un énorme champs de matière pétrolifère (du plastique quoi !) Etbien sûr la brigade verte qui inlassablement tout le long del’événement a traqué sans relâche le moindre détritus renégat.
Côté programmation du très bon choix. ‘BB Brunes’ égaux à eux-mêmes,rien à dire, et puis la jeunesse en a sans doute pris plein les yeux.D’autres regrettent de l’avoir loupé et de ne pouvoir ainsi fairejalouser leur petite sœur… Et puis après tout, ouvrir un festival estpeut être un moment de bravoure.
Puis vient ‘Nada Surf’ habitué aux scènes françaises et qui traînesouvent un public fidèle et admiratif, un set bien envoyé avec en bonusla participation d’un ‘Calexico’ ,à la trompette et aux claviers adonné une bien jolie couleur à ce concert.
Nous voilà presque par hasard devant Alela Diane, une premièresurprise. Un petit bout de femme à peine plus haute que sa guitare, quientonne des petites comptines folk, dépouillées de tout artifice.L’émotion et quelques notes pour transmettre la sincérité d’une musiquesubtile. Une artiste à découvrir !
Sur la deuxième scène, nous voilà désormais devant ‘Moriarty’groupe franco-us, auteur du buzz ‘Jimmy’ qui cultive avec un côté trèsdécalé une ambiance de cabaret potache et irréel aux accents decountry. A découvrir pour ceux qui rêvent de fraîcheur quasi théatrale.
Maintenant du lourd, ‘The kills’ duo rock’n rollesque et boîte àrythmer braillard et animal. C’est brut, dépouillé et ça va àl’essentiel. Le duo réinventerait presque la chimie du rock, si cen’était déjà fait. Un bonheur sur scène comme sur disque.
De retour sur la grande scène nous voilà en face de 2 grandsmessieurs, Jack White (sans sa Meg) , son ami Brendan Benson (auteur dutrès bon ‘One Mississipi’) et leurs ‘Raconteurs’, un concert trèsattendu, du moins par moi, qui au final ne laissera pas un souvenirimpérissable, une fois leur fameux ‘Steady as she goes’ passé.
La soirée bien avancée et un ‘Brian Jonestown Massacre’ et ‘HeavyTrash’ loupés, nous voilà devant nos plus modestes frenchies,auto-proclamés papes de l’électro branchée… ‘Justice’
Le duo fait ce qu’il sait faire, envoyer lourdement du gros son sansgrande finesse ni subtilités, mais les fans apprécient et c’est sansdoute cela l’essentiel.
On retiendra donc de très bon choix, pour un festival qui n’en est pourtant qu’à sa deuxième édition…
Le samedi pointant son nez, nous voilà désormais en find’après-midi devant les ‘Hushpuppies’ très bonne surprise, sonvitaminé, énergie débordante, malgré un bassiste plâtré jusqu’au genou.C’est très agréable, souvent même tubesque et ça met en forme lesfestivaliers qui pourraient avoir un lendemain difficile.
S’ensuivent les ‘’Kid Bombardos’ avec une nouvelle démonstrationde la jeunesse. ‘BB Brunes’ dans un autre style, parfois un peu tropcopier-coller sur un cocktail ‘The Strokes’ et ‘Franz Ferdinand’. Unensemble bien exécuté et sans doute plein d’espoirs pour ces jeunesbordelais.
A nouveau sur la grande scène…. ‘Mademoiselle K’ un brunexaspérante avec son essoufflement permanent de femme sur le pointd’accoucher et son ton plaintif et faussement désabusé.
Un son pas extra pour couronner le tout et quelques bâillement plus tard… un concert vite oublié.
Nous découvrons ‘Patrick Watson’ un canadien et sa troupe, quidéconcerte par sa présence scénique, sa voix haut perchée, son côtéfolk troubadour. Quelque part entre Ellioth Smith et Radiohead. PatrickWatson construit un univers doucement onirique, ponctué d’électrosubtile. C’est sans doute LA découverte de ce festival. Pour celui quecertains comparent à Jeff Buckley'du moins pour la voix.
Puis le groupe qui tourne sur presque tout les festivals cet été…‘The DO’ découverte pop franco finlandaise, qui nous a offert un trèsbon album, mais qui ne retient pas l’attention une fois sur scène. Debons morceaux, une jolie chanteuse, mais l’alchimie n’est pas là. Tropscolaires diraient certains.
Puis un petit bout des ‘Bellrays’ avec une chanteuse et sa voixtoujours aussi puissante, pour une performance comme toujours auxcroisements de la soul et du rock.
Enfin, un des morceaux de choix du festival, ‘The Hives’ suédois,sur-vitaminés, survoltés et sur-électrifiés. Ca envoi du début à lafin, grosses mélodies, grosses guitares et surtout grosse présence etsens du spectacle. C’est le genre de concert où l’on ne s’ennuie pasune seconde et où l’on se dit que le temps passe parfois bien vite. Del’énergie pure… pour les drogués du rock’n’roll, c’est sûr avec un telset, on a sa dose… A voir absolument si ce n’est déjà fait et très bonchoix de programmation là encore.
Petite pause auprès d’Adam Green et de sa country folk àfranges…(enfin du moins pour l’habit de cowboy) pour se précipiter versle clou du spectacle… l’iguane, Iggy et ses Stooges !
Là encore avec Iggy, pas de mauvaises surprises… de la musiquepure et dure pour cet éternel adolescent et ses acolytes aux mouvementscopulatoires, c’est malsain et ça sent la sueur, mais quand on est uneicône on peut se permettre toutes les perversions. Et puis un Iggy Popça vous rendrait fou n’importe quel backliner démêleur de câble demicro, épongeur de prise électrique et gestionnaire d’envahissement descène. Bref avec l’iguane c’est toujours le bordel et c’est bien pourça qu’on l’aime… Un concert un peu court mais intense… et puis commedirait ma cavalière de concert sur ce dernier, je cite « on dirait unsinge ! »
Eh oui Iggy c’est ça aussi une créature quasi humaine, nourrie àl’énergie brute et purement rock’n’roll. Un ascète voué à sa cause etça c’est sûr ça fait son petit effet.
Bref vous l’aurez compris, un festival riche en sensations qui seconclura avec les performances de Peaches et du mix des 4 Birdy NamNam.
Du bon goût pour tout les goûts… un temps à la fête et quelquespetits à côtés très sympathiques, ‘Parade’ bassiste du très bon duonoise ‘Gatechien’ qui tel un homme orchestre arrive à faire seul unereprise de ‘Nirvana’ accompagné d’une grosse caisse, de sa fidèle 4cordes et d’un clavier… bluffant !
Soleil, bonne musique, joli site et belles rencontres !! La GardenNef Party d’Angoulême c’est inévitable… on y retournera avec plaisir.
[Séba]