Hell on Earth | Gibus
[15 septembre - 2009]

Ayé ! La rentrée de concerts a débuté ! Après un vide de concerts parisiens et
un plein de festivals en province, Hell On Earth se poste à mi-chemin : un
festival de hardcore au Gibus (Paris). Garance propose des groupes pour tous les
goûts hardcoresques ; le Gibus, une petite scène et de la bière Bavaria à 3
euros ; les banquettes, un recoin pour le merchandising ; les groupes, une scène
censée être dynamique. Bref, il devrait y avoir de l’ambiance. Oui, mais très
peu de chaleur humaine. Le public est épars et il fait froid dans la salle.
Beaucoup moins d’affluence que pour l’édition 2008.
Premier groupe :
18h. Pfff…trop tôt. J’ai loupé Primal Age.
18h30 : Thy will be done
Mélange de deathcore et de trash avec musiciens aux cheveux longs et barbes
à la norvégienne. Ça détonne avec l’imagerie classique, mais le mélange s’avère
sympathique avec les apparences : puissance rythmique du core et doigtés de la
structure du death.
Efficacité, compos variées, bonne pêche et présence
scénique.
La fille voit ! A défaut de pouvoir sauter, bomber le torse et se
le cogner, un léger bisou de guitares suffira à montrer la complicité du groupe.
Lorsqu’en fin de soirée, j’ai pris (et fais dédicacer) le cédé, l’accueil de ces
hommes poilus du menton et des cheveux était très émouvant.
Coup de cœur de
la soirée tant musicalement, humainement que scéniquement.
Dommage, nous
n’étions qu’une vingtaine en fosse lors de leur prestation…
Mais très bon
début de festival !
War of ages.
Hardcore plus classique.
Le
batteur est une grosse masse, haut et large, torse nu, poilu, mais chauve avec
bandana. Impressionnant visuellement, il éclipse le reste du groupe. Avec une
grosse caisse suramplifiée et ses nombreux roulements de double, on n’entendait
et ne voyait que lui. Mention spéciale au batteur donc et au chanteur dont
certaines lignes de chant à vocation voix claire sont traduites avec des chants
gutturaux. Sourires. C’était mignon. Pas mon style, mais mignon et un tantinet
effrayant par la batterie.
War From a Harlot Mouth
Samples et
déstructurations à la Dillinger Escape Plan et Converge. Harlot Mouth m’a
rappelé mon enfance…Structures barrées et voix puissante, démarche hargneuse et
rentre dedans, le chanteur vomit son chant sur le public et crache, aussi, sur
la scène et au plafond (beurk). Méchants, mais également drôles, avec un
bassiste en mode jambes sur ressorts comme un personnage de Street Fighters, ou
avec le dernier morceau très court : sample de machine à écrire repris en chœur
par les instruments. Carrément effet boeufs.
Prestation excellente, un peu
déstabilisante, mais très bon défouloir !
Mention spéciale aux t-shirts
vraiment hideux vendus sur leur stand.
La foule commence à se pointer
(enfin) et le circle pit à se former.
Waking the cadaver.
Chant de
type gruikiste. Hardcore plus classique et aussi, plus linéaire. Après War From
a Harlot Mouth, on balance entre repos des esgourdes et ennui. Mais gros effort
de présence du chanteur. Vas-y que discours tantôt fuck tantôt grand sourire
(quelle bouche énorme et ronde !), descente dans le public, participation de
celui-ci au micro. Gros style américain, trop classique, chant particulier, mais
très bonne volonté émanent de la scène envers le public.
Neaera
Alors que le Gibus se remplit, la fosse se désemplit au bout de 3 morceaux.
Trop ou trop peu. Deathcore bateau, peu de présence, peu d’entrain. Ennuyeux.
Stop / pause / Saturation ?
Est-ce la longueur du festival et le choix
de la programmation qui se font sentir ? 6 groupes sont déjà passés sur scène,
dans des styles vraiment différents. Au 7e groupe, cela commence à être dur…
Finalement, la prestation de Sworm Enemy sera du bruit de fond.
Impossibilité personnelle pour une sensibilité musicale quelconque. Une
autoroute et du bruit. Pas de Earth Crisis, direction le métro.
Garance,
qui ne fait pas uniquement les grands scènes $$$, a proposé un Hell On Earth
varié comme annoncé. Mais comme un maxi assortiment de sashimis, même si le
chinchard et la daurade, ce n’est pas mauvais, seulement une quantité suffisante
de sashimis thon et saumon aurait été préférable.
Cordialement,
[Anne A.]