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Live-report

Hellfest | Clisson
[22, 23, 24/06/07 - 2007]

Hellfest

Un festival live report au bout de 2 mois ?!? Au moins, on ne peut pas nier que les souvenirs les plus marquants seront présents en mémoire, tandis que les futilités du moment auront disparu. Même si une terrible désillusion m’a envahie pendant et après ce festival, au sujet de l’organisation de grands événements façon française, désillusion (et colère) qui persiste en faisant depuis d’autres concerts en plein air (Magic Circle Festival ou W :O :A), l’image globale du Hellfest devient aujourd’hui moins à fleur de peau et ce live report est ciblé sur l’essentiel de mon impression. Dommage diront certains (car le vif tranchant est davantage plébiscité et lu), tant mieux pour ceux qui comprennent les raisons (outre le manque de temps rédactionnel ou la flemmouzerie aiguë chronique). Donc, je vous propose de lire les faits marquants de cette deuxième édition du Hellfest. Avec des points positifs et négatifs de manière générale et au sujet de la musique (avec comme statut de base : fille qui écoute peu de métal).

Points positifs généraux :
- LA BIERE PAS CHERE : oui, c’est très important et agréable de ne pas avoir à dépenser trop vite son argent en tise. A 3 euros le verre imprimé Hellfest et 2 euros quand il s’agissait de seulement le remplir, ce bas prix est assez rare pour être précisé. Bien sûr, je pourrais aussi préciser qu’il manquait de verres dès le deuxième jour et que le manque de toilettes ne donnait pas envie de boire des litres…mais passons. Avec les verres, vienne une très bonne initiative : celle du possible ramassage de 60 gobelets vides sur le site, échangés au bar contre un verre rempli. Dans le thème écolo voulu par l’organisation, ça a très bien fonctionné et permis de s’abreuver en fin de festival au moment où le porte-monnaie se sent bizarrement beaucoup plus léger qu’à l’arrivée.

- LES BENEVOLES. Contrairement au personnel rémunéré qui faisait souvent la gueule, les bénévoles, sur lesquels la mauvaise humeur des festivaliers ou les désagréments leur retombaient toujours dessus, gardaient leur sourire au beau fixe (ou alors je suis tombée sur des cas). Ça fait réellement plaisir. La pluie, l’organisation, et pourtant ce sourire. Merci à eux.

- L’AFFICHE TERRIBLE. Aussi bien que le Graspop aux mêmes dates avec des groupes connus, très connus et peu connus mais qui devraient. En voici la liste complète (oui, ça ne rigole pas chez Papercuts) : Korn (annulé), Slayer, Dream Theater, Megadeth, Machine Head, Type o Negative, Within Temptation, Emperor, Neurosis, Immortal, Children of Bodom, Hatebreed, Blind Guardian, Kreator, Therion, Mastodon, Cannibal Corpse, Mayhem (remplacé par Enslaved), Moonspell, Edguy, Pain of Salvation, Converge, Chimaira, Brujeria, Lamb of God (annulé), Atheist, Napalm Death, Cynic, Brutal Truth, Earth Crisis, Epica, Dark Tranquillity, Amon Amarth, Vader, After Forever, Behemoth, Aborted, Unearth, Walls of Jericho, Korpiklaani, 1349, Misery Index, Scarve, The Arrs, Secrets of the Moom, Sworn Enemy, Kickback, Mumakil, Lyzanxia, Dew Scented (annulé), Ephel Duath, Salem, Coldworker, Heavenly, Interlock, Animosity, Orthodox, Kaizen, Primal Age, Fubar, Furia, Ellipsis, Moho, Mistaken Element, Hacride, Homestell, Slit, Gutworm, Ufich Sormeer, Dylath-Leen, Tromatized Youth, Impureza, Imply in All, Destinity, Bloodsimple (annulé), The Setup, Manigance, Dornfall, Zero Mentality, Grumlee (au cœur de la ville de Clisson), Defdump, 7th Nemesis, Klone, Zubrowska (les 3 derniers groupes sont les gagnants d’un concours lancé par le webzine VS).

- LES CHIOTTES DE SCIURE. Bon la pénurie des chiottes est une chose. Les chiottes préparées avec amour sont une autre. Voici un bon endroit pour y déposer sa pêche. Avant d’entrée dans l’isoloir, on devait se munir d’une coupelle remplie de sciure. Après installation et surtout après la fin de l’effort fourni, on recouvre le tout avec notre gamelle de sciure. Après chaque utilisateur, la lunette des toilettes est nettoyée par les bénévoles. Pour aider à patienter, des blagues sont accrochés un peu partout (à l’intérieur comme à l’extérieur). Le tout est dans un grand esprit hippy avec les couleurs, les décors, les typo, l’humour et le reste. Bref un petit moment de détente dans ce monde de semi-brutes. Par contre, le deuxième jour, il fallait s’armer de patience, une bonne heure de file d’attente pour en profiter.

- LE LECLERC ET LE MACDO. Avec les intempéries, se déplacer dans le joli centre-ville de Clisson restait le privilège de guerriers-festivaliers. Pour les moins aventureux, restaient le Macdo et le Leclerc, mais quelle fête ! L’ouverture des portes fut pris d’assaut par des centaines de métalleux et une dizaine de petits vieux à caddy. Séquence inoubliable. Certains stands ont été ravagés dès les premières minutes : bottes en caoutchouc et k-ways. D’autres ont pris leur temps : ravitaillements de bières et de bouffe. Au Macdo, les sets papier des plateaux étaient à l’effigie du Hellfest et les horaires d’ouverture aménagés pour les festivaliers (a priori, le centre-ville aussi, en proposant des menus spéciaux, concerts et autres). Une rumeur circule, comme quoi Peter Steele se serait rendu de lui-même personnellement au Macdo…

Points négatifs généraux
- LES CHIOTTES. Mon plus grand souci. Dans le camping, une dizaine au fin fond du campement. Super la nuit (surtout que le camping n’était pas éclairé). Restriction au niveau des boissons. Sur le site : un unique chiotte (disparu le deuxième jour) et les chiottes à sciure. Donc pause pipi pour tout le monde un peu partout. Hygiène zéro. A priori selon l’organisateur, certains points ont été mis de côté, afin d’économiser pour le déficit financier de l’année précédente en pouvant assurer une affiche rentable. Je ‘préfère’ ça à un déséquilibre total d’organisation : 36 000 personnes et une dizaine de chiottes à la sciure…car un gamin de 7 ans aurait réussi à faire le calcul nécessaire…

- LE MANQUE DE COMM. L’organisation n’est pas fervente de communication externe. Pendant l’attente du vendredi, qui oscillait entre pluie et soleil, afin d’entrer sur le site, rien ni personne ne nous informe de notre situation. Seuls des festivaliers en direct téléphonique avec des bénévoles ou des membres de groupe, situés à l’intérieur de l’enceinte, peuvent en informer les autres. Du coup, nous savons qu’un groupe électrogène a cramé sur la grande scène et que le matos n’est pas encore monté pour la petite scène. L’attente est longue. Moment de divertissement : un festivalier mécontent grimpe sur les abris en préfabriqués de vente de tickets. Il se fait alors pousser de façon très violente par un gars, justement, de la com du Hellfest. On a loupé de peu un futur tétraplégique. Bref…un départ décevant pour l’orga. Pendant 3 jours, aucune comm. Hormis la risible apparition de Benjamin Barbaud (le gérant principal du Hellfest) pendant le set de Neurosis, avant Emperor le dernier jour, où il dénonce les intempéries et surtout Korn. Le groupe a annulé, il ne faut en aucun cas leur permettre de remettre les pieds en France, mobilisons-nous, car c’est inadmissible. Bref, en gros, l’organisation était mauvaise, car a)y’avait de la pluie, b)Korn a annulé. Un panneau géant à l’entrée établissait une sorte des 10 commandements du bon festivalier, avec le mot ‘respect’ à chaque ligne, il aurait été judicieux de l’appliquer aussi à l’organisation. Parfois admettre ses erreurs permet de faire relativiser l’autre partie. Comprendre ses erreurs permet de ne plus les faire les années suivantes. Pour le Hellfest, anciennement Furyfest, certaines grossières erreurs n’ont pas été corrigées (chiottes, attente à l’entrée, décalage sur les groupes…), à croire que l’expérience ne sert à rien.

- LES INTEMPERIES. C’était prévu, mais on pensait tous qu’on y échapperait. Jeudi soir, le camping etait déjà rempli (d’ailleurs camping payant 5 euros le premier jour, gratuit après…hum…comme une impression de m’être fait avoir). Entre la boue,la pluie et la nuit, monter les tentes n’était pas chose aisée. Pas de lumière, un peu galère. La pluie, les petites gouttes, les rayons de soleil, la terre qui se transforme en boue. Un site impraticable sans bottes en caoutchouc. Des meules de foin en nombre insuffisant furent répandues, afin de recouvrir le sol. Le samedi, la fosse de la scène moyenne était déserte faute de n’avoir pu solidifier un minimum le cloaque. Ça alternait entre pluie, beau temps furtif, nuages foncés. Du coup, tout ceci nous conduitsit à considérer le kit de survie du festivalier open air : des bottes en caoutchouc, un k-way, une lampe de poche, une crème solaire, une casquette (mon parapluie ayant décédé à cause du vent, je préconise donc pour plus de sûreté pluviale le k-way moche, mais pratique).

- LES CHEVAUCHEMENTS DE SET. Les 2 grandes scènes (Main Stage et Gibson Stage) font face l’une à l’autre. La troisième (Discover Stage) est située sous un chapiteau (avec des étoiles en visu intérieur), mais excentrée du site. La troisième scène peut donc jouer indépendamment des 2 autres. Mais ce n’est pas le cas des 2 grandes scènes. C’est pourtant ce qui s’est passé. Il a été rare d’entendre en entier le set d’un groupe, sans avoir le début ou la fin bouffée par la scène d’en face. Cela surprend autant les groupes que les festivaliers. La raison officielle : obligation de terminer les concerts à temps pour permettre à la ville des horaires raisonnables pour accueillir les festivaliers en quête de soirées nocturnes. Je ne sais pas si cette raison a valu, en tout cas, elle fut pénalisante pour le respect du bon déroulement du festival.

Coups de cœur groupes :
- WALLS OF JERICHO. Comme à chaque fois, une pêche d’enfer de la part des membres du groupe. Une chanteuse qui tient le chant et la scène au respect et en haleine, mieux qu’un homme (non pas que je fasse du sexisme, mais c’est rare qu’une femme chanteuse ne fasse pas potiche). Elle gère la scène de manière vraiment vivante. Walls of jericho est un groupe de live. Coup de boule dans ta face, de la vie et de la sympathie. Entre un hardcore riche et musclé, un chant plein d’intentions et le sourire complice de Candace entre les chansons, on ne peut que succomber au charme réel de Walls of Jericho. Bien sûr, il fallait pouvoir accéder à cette scène toute de boue qu’elle était, mais ceci est une autre histoire.

- EPHEL DUATH. Le combo italien cette fois-ci au nombre de trois : guitare, chant et batterie. Manque de basse, mais pas en intention, groupe technique ambiance screamo pianissimo, vraiment étonnant sur scène. Malgré un vent qui triturait malsainement le matos et le rideau de fond de la scène. Ce batteur ! Avec ses cheveux-courts/barbe et son porte-partitions, une maîtrise et une technique de ouf ! Décrété par myself : batteur meilleur que l’univers ! C’était vraiment prenant.

- MEGADETH. Pas fane, seulement de sa jolie bouche en forme de cœur ou de chou. Ici, la puissance du jeu de Dave Mustaine est un truc de malade. Une aura qui l’entoure et qui se disperse à coup de vagues de watts d’amplis. Très très impressionnant, d’autant que le vent accentuait cette poussée d’aura, à droite et à gauche. Pour les amateurs de Megadeth, ils ont du être déçu que le matos du Hellfest ne supporte pas le open air. Certains effets guitareux ont été accentués par les bourrasques. Mais l’aura est là, et surtout, maintenant, tout de suite, et plus que jamais, je comprends le sens du mot ‘musicien compositeur de talent’.

- KAIZEN. Petit groupe français qui monte monte, doté récemment d’un troisième album. Logés sous le petit chapiteau, le groupe transpire par sa prestation énergique et charnelle. Un moment défouloir qui agira autant sur le public que sur les zicos. Même si la musique ne fait pas forcément dans l’original, ça claque, ça passe plus que bien, on a envie de crier ‘encooooooooooooore’ lorsque sonne la dernière note. Un régal pour l’ouïe comme pour la vue. Encore un groupe fait pour le live ! Je recommande chaudement. (élément bonifiant : les membres du groups sont sympathoches)

- PAIN OF SALVATION. Sur la grande scène, fin d’après-midi. Commençant à partir bouffer au camping, je me retrouve happée par une amie qui me ‘force’ à aller voir Pain of Salvation. Pour la patte littéraire, ma réaction fut : stupeurs et tremblements ! La sympathie (limite l’Amûr) contenue dans le groupe, déborde à travers les enceintes pour se loger dans le public. Je n’avais jamais vu ça. Même si la musique ne sera pas celle que j’écouterais dans mon salon, Pain of Salvation fut un coup de cœur, au vue de l’énergie positive déployée sur scène, mêlée à son professionnalisme. Très impressionnant, limite émouvant. Après…pour dire vrai, je ne me souviens plus vraiment de leur zik. Seul souvenir vague : du prog moderne à tendance variété métal , une voix qui pousse dans les aiguë et la justesse. Une chanson ambiance disco, et une autre dans le style des comptines, avec des loupiottes de lumière bleutée qui scintillent comme des étoiles au fond de la scène.

Déception groupes
- 1349. Déplacé à la dernière minute, ce groupe se retrouve finalement sous le chapiteau. Mais son influence publicale étant importante, tout le monde ne pourra rentrer. Dommage, ça avait l’air plutôt sympa à entendre de l’extérieur, malgré le son merdique qui en ressortait. Les festivals, c’est aussi la découverte de nouveaux groupes (connus ou pas). Je ne sais pas si c’était la volonté du groupe ou celle de l’orga, mais ce déplacement était vraiment une mauvaise idée. Tant pis pour moi, 1349, ce sera pour une autre fois.

- TYPE O NEGATIVE. Grosse déception. Même s’il paraît que c’est la teutch excentrique normal du groupe, je trouve personnellement que c’est du foutage de gueule. Un chanteur bourré qui chante archi-faux. Des jeux sonores d’applaudissement et de huements de public enregistrés qui ne servent à rien. Oui, c’est drôle…5 minutes. Les fans auraient peut-être préférés de la musique. Perso, j’ai été déçue par cette tête d’affiche. Type o Negative devrait rester sur CD.

-LES GROUPES ANNULES CAUSE INCENDIE. A cause de crame du groupe électrogène sur la scène principale, et surtout de non-matos de secours, les 3 premiers gros groupes ont du annuler leur prestation : Dew Scented (que j’adore), Lamb of God et Bloodsimple. Ca devait arranger l’orga niveau timing, car à l’intérieur (paraît-il), tout n’était pas encore installé (la grande scène sera achevée de monter le samedi après-midi). Du coup, avec le coup de l’attente, puis le problème pour pouvoir accéder au site (qui fut un bordel monstre, certaines personnes ont attendu quelques heures avec leurs billets en main pour entrer, à cause du nombre insuffisant d’agents de sécu. Pas de sécu pour les filles, on pouvait entrer avec n’importe quoi. Un autre exemple de réduction de budget ?). Bref pour ces groupes, ce fut très compliqué de savoir qui était annulé ou quand le problème sera résolu. Les rumeurs et les nouvelles provenaient des festivaliers VIP…Le vendredi d’ouverture fut donc une cata. (comme l’ouverture de chaque Fury/Hellfest, ce genre de souci m’énerve assez pour très bien m’en souvenir et remarquer qu’il n’y a pas d’amélioration au sein du même staff). Donc déception…

- SCARVE. Groupe que j’aime beaucoup. Avec leurs récents déboires concernant leur line-up, ils se retrouvaient sans chanteurs (au nombre de 2 : une voix death et une voix claire). Tout le monde s’interrogeait quant à leur maintien de prestation au Hellfest. Et c’est avec surprise que ce fut un unique chanteur intérimaire : Bob du groupe Watcha. Assurer les chants était un défi qu’il a très bien relevé. Bien sûr, ça en faisait beaucoup pour un seul homme (en, je pense, peu de temps), mais c’est un pari réussi. Alors pourquoi classer Scarve dans les points négatifs ? Le son était atroce. Scarve a une musique complexo-technico-death, et un bon son est capital pour ce genre de musique. Ce ne fut pas le cas ici. Avec du vent et une mauvaise maîtrise de leur son, Scarve était inaudible. Dommage…

Il y aurait beaucoup d’autres points à soulever, comme la mauvaise solidarité entre les métalleux festivaliers le premier jour, même galère, mais aucun effort pour prendre la situation avec le sourire : l’esprit bougon français l’a remporté sur l’esprit fraternel du métal. Côté musique, plein de supers groupes : Misery Index (death), Dornfall (heavy), Converge (hardcore chaotique), Machine Head (du remember d’adolescence dans ma tête), Ellipsis (rock à énergie avec une nana pas godiche), 7th Nemesis…Bref, niveau groupes encore une fois, rien à redire, c’était géant ; ils donnaient tout au public, beaucoup ont voulu annuler comme Korn, à cause des conditions de l’orga (avec matos/pluie sur scène, conditions d’accès – 9 heures pour Moonspell -, loges, etc), puis ont finalement joué. Beaucoup d’étrangers festivaliers sont repartis écœurés (canadiens, australiens, belges, norvégiens…). L’année prochaine ce sera sans moi. Après 4 années consécutives, il est temps de se rendre à l’évidence : autant aller sur d’autres festivals, certes, plus loin, autant onéreux, même affiche, mais surtout plus respectueux envers le public.

Chiottes de sciure : http://lescopeaux.dabord.free.fr/
Walls of Jericho : http://www.allhailthedead.com/
Kaizen : http://kaizen.cyberblast.free.fr/
Scarve : http://www.scarve.net/
Ephel Duath : http://www.myspace.com/ephelduath
7th Nemesis : http://7thnemesis.free.fr/
VS : http://www.vs-webzine.com

[Anne A.]

www.hellfest.fr

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