Papercuts, le webzine qui tranche
Mais si vous connaissais Aaron! Ce duo français, sensation du
moment, propulsé à la vitesse d'une balle sur le devant de la scène.
Pourquoi un tel « buzz » me direz vous? Pour un titre et quel titre!
‘U- turn (Lili)' titre phare de la bande originale du film, ‘Je vais bien ne t'en fais pas'.
Aaron composé de Simon Buret au chant et de Olivier Coursier
accessoirement ancien membre de Mass Hysteria (instruments,
arrangements), a frappé un grand coup, un air mélancolique, un
arrangement implacable, une voix profonde et pénétrante et un piano
pour rentre le tout intensément mélancolique. ‘U- Turn' vous prend à la
gorge pour ne plus vous lâcher.
On peut penser à du Coldplay à la première écoute, tant l'émotion
dégagée se rapproche du sentiment issu de ‘ Trouble' (pépite parmi les
pépites)
Mais Aaron aurait pu s'arrêter là, le morceau de la gloire et puis s'en va…
Il n'en est rien, l'album regorge de merveilles sonores, de l'émotion
en veux tu en voilà, la voix chevrotante de Buret accompagnée des
arrangements sublimes de son camarade, des accords mineurs, du violon
et beaucoup de piano.
Au travers de titres comme ‘Mister K' on peut sentir toute la puissance
dégagée par le groupe, quelquepart entre Ghinzu et Radiohead, Aaron,
creuse un trou bien à lui.
Si certains auront vite fait de dénoncer un album trop homogène,
nous ne pouvons que réclamer un peu d'indulgence. Certes, ils n'osent
pas réellement mais ils se construisent et avoir une identité à soit
dans un univers musical trop souvent formaté, c'est déjà beaucoup.
Et puis poser des titres tout simplement magnifiques comme ‘Strange
fruit' sur un premier album, ce n'est pas encore ce que l'on apelle «
oser » mais ça y ressemble beaucoup, piano, voix et frissons, tout
simplement.
Des morceaux pop intimiste aux délicats arrangements électro qui posent le décor d'un avenir prometteur, même si Aaron est encore parfois un peu maladroit sur certaines compositions, ‘Artificial Animals Riding On Nerverland' est la bonne surprise française de ce début d'année, un « artwork » splendide, pour un album envoûtant.
Les joyeux drilles passeront sans doutes leur chemin car Aaron est
avant tout profondément sombre, que voulez vous, les poêtes ne sont pas
tous des marrants…
Mais la mélancolie est souvent salvatrice, Aaron vous le prouvera, je n'en doute pas un instant.
[Seba]









