Papercuts, le webzine qui tranche
Pour que ceux dont la culture musicale avoisine
celle d'un programmateur d'RTL2 resituons Arno. Arno est celui à qui
l'on doit cette soudaine fascination pour l'oeuvre de Salvador Adamo. Ah
oui ! 'Les filles du bord de mer'. Je ne vous ferai pas l'affront,
cependant, de résumer le parcours d'Arno à rendre “so cool” la plus
mièvre des varietoch. Il est touchant ce rocker aux allures faussement
romantiques, partagé entre diverses cultures. Un peu kitsch par moment,
mais jamais vulgaire. On lui reconnaîtra quelques morceaux de bravoure
dans cette longue carrière (14 albums) : le très reconnu 'Dans les yeux
de ma mère', 'Je veux nager', ou des reprises originales comme 'Little
Helper' des Stones. Et pourtant, avec cette voix éraillée, ce romantisme
patenté, le poète alcoolique finit par lasser.
Car Arno Hintjens ne se renouvelle pas et 'Brussld' nous en donne l'exemple. Auto-produit avec l'aide Serge Feys, entre Ostende et Bruxelles, 'Brussld' est un opus laborieux, reprenant ce qui a fait les clefs de son succès, à savoir la voix rocailleuse et les textes imagés. Certains, certes, y verront honnêteté là où je ne vois que simplicité. Mais le rocker belge ne surprend plus et donc n'émeut plus. Pis encore, il déçoit fortement, là où pourtant il nous avait conquis avant : les covers. Maître du genre il avait su apporter sa propre touche à beaucoup d'excellent morceaux, je pense à notamment à 'Ils ont changé ma chanson' de Mélanie Safka, en duo avec Stephane Eicher. Ici c'est un 'Get Up Stand Up' sans gout ni grâce qui désespère et nous éloigne peu à peu.
Peut être que 'Brussld' nous apporte enfin la
vérité sur Arno, un artiste jouant de son allure depuis trop longtemps,
et qui finit par ne devenir qu'une pâle imitation de lui-même. Alors sur
cette longue carrière je ne vous conseillerais certainement pas
'Brussld', mais 'Charles Ernest' qui reste pour moi l'album le plus
complet.
[Mich]









