Papercuts, le webzine qui tranche
Attention, ‘Once, Twice’ n’est pas à proprement parler un nouvel album. Il s’agit en réalité d’une réadaptation de ‘La tendresse de fous’ de Da Silva. Repensé complétement, ré-arrangé et reparti de zéro, ce « nouvel » opus suscite nombre d’interrogations.
« Qui est cette Constance ? » Une rapide recherche sur la toile mondiale nous ressort quelques clips et morceaux dans la lignée nouvelle chanson française. Un disque en français en 2007, des participations à droite ou à gauche pour les adultes ou pour les enfants. A l’écoute de ‘Once, Twice’ qu’elle a adapté, on n’aurait pu deviner sa nationalité française. Un très bon point pour Constance : elle a un excellent accent anglais. Ce n’est pas si courant pour être souligné.
« Qui se cache derrière cet album ? » Da Silva bien sûr mais aussi un label reconnu (Tôt ou Tard) et des producteurs talentueux : Bénédicte Schmitt et Dominique Blanc-Francard. On est entre gens de bonne famille.
« Anglais meilleur que le français ? » C’est justement la principale interrogation. Bien que cet avis soit purement subjectif, reconnaissons que les arrangements folkisants et tout en nuances de la version anglophone font mouche. La voix susurrée et délicate de Constance ajoute une dimension aigre douce sublimant les instrumentations. Violons, guitare, trompette, batterie, basse, … tous les instruments desservent à merveille les onze morceaux de ce très sympathique album.
« Vrai sensibilité pop ou variétoche déguisée ? » Certainement la question la plus difficile à répondre. Les oreilles les plus attentives auront du mal à trancher si la langue de Shakespeare cache en réalité une mièvrerie franco-francaise. Certains comme Nova, radio aux goûts assurés, ont fait leur choix en diffusant sans vergogne l'abum. A vous donc de faire votre propre avis. Pour ceux qui s'interrogerait sur nos convictions, la (bonne) note de cet article tient compte de parti pris.
« Et alors, pourquoi, cet album n’est-il pas au top des ventes ? » Une dernière pour la route. Constatons tout de même avec une légère tristesse que ‘Once, Twice’ ne provoque pas trop de remous pour l’instant. Espérons que l’effet s’inversera et provoquera une bouffée d’oxygène dans notre beau pays qui a tendance à confondre défense de la langue française et défense des artistes.
[Eric H.] Envoyez un message









