Papercuts, le webzine qui tranche
Après une démo médiocre, le quatuor désormais bien
connu de la scène angevine (à travers Sexypop et Cut the Navel String
entre autres), revient avec un vrai album composé de onze titres dont
sept nouvelles compos. Exit la pop, exit les influences foireuses, Kilø a
décidé de rester dans le noise core des trois morceaux qui nous
avaient les plus attiré (morceaux re-produits pour l'occasion).
Produit par David Potvin (Lysanxia) au studio nantais Le Dome, ‘Lock the dogs Out' s'inscrit dans un noise core mélangeant les influences d'Unsane et de Sick of it All. Passons rapidement sur l'esthétisme que le groupe a souhaité donner à ce nouvel album : l'artwork de Colin Manierka (Maximum Douglas records) oscille entre dessins scientifiques du milieux du siècle dernier, science fiction un peu vieillotte et délires psychiatriques. On aurait toutefois apprécié un peu plus le rendu en digipack, mais le résultat, sans être franchement novateur est assez intéressant.
Malgré une intro inutile (‘Audio Four'), 'Underated', nous amène progressivement vers le coté lourd et HxC du groupe. La gorge de Pierre Kolko se prête parfaitement à l'exercice noise de Kilø, en alternant hurlements hardcore et parties chantées. Le résultat se ressent sur 'Hellscrack', avec un petit break guitare qui n'est pas sans rappeler QOTSA. Si la composition de cette album a été particulièrement travaillée (je pense notamment à l'excellent riff d''Echo'), le groupe ne parvient malheureusement pas à garder l'auditeur attentif. Passé les 5 premiers morceaux l'auditeur sentira poindre un certain ennui, une redondance dans la voix. Kilø peine à venir à bout de ses morceaux, à leur apporter le plus qui aurait pu les démarquer.
Sans être l'album noise de l'année, on reconnait à
‘Lock The Dogs Out', outre une production parfaite, une intention,
louable au demeurant, d'apporter à la scène hardcore française un son et
des mélanges qui ont fait leur preuve outre-Atlantique.
[Mich]









