Papercuts, le webzine qui tranche
Il est des souvenirs gravés à jamais dans les
sillons d'un vinyle caressé par un diamant passé d'âge. Une mélodie de
la Motown qui vous hante encore et encore, une soul qui ne reviendra
sans doute jamais. Loin de moi l'idée de faire dans le oldie revival, le
vinyl a laissé sa place au cd, celui ci est en passe de s'effacer dans
les méandres de l'immatériel, et bien soit ! Mais il est une quête qui
ne pourra s'abandonner derrière les révolutions technologique, c'est
celle de retrouver ces tonalités, ces sons qui vous ont fait vibrer
jadis.
Généralement, ou malheureusement devrais-je dire,
cette quête vous fait passer dans des recoins assez inavouables : une
chanteuse, nouvelle midinette fraichement débarquée dont l'organe étonne
malgré la pâleur de sa peau, et qui versera, malgré un premier album
plutôt honorable, dans les méandres d'une pop soul(ante). Où encore
cette alcoolique de premier ordre, qui malheureusement doit d'avantage
sa notoriété à ses frasques peoplaires, plus qu'à un album génialissime.
Et pourtant, les Dap-Kings ont participé à cette desintox, et c'est une
personnalité différente qu'il viennent (re) servir ici.
Car Sharon Jones and the Dap-Kings c'est une
histoire qui dure depuis 2002. Ils nous reviennent ici avec “I Learned
the Hard Way”, leur 4ème album, un mélange subtile de funk et de soul,
parfaitement interprété. Sharon Jones chante, sur ce nouvel opus, tout
en retenue, une voix légèrement éraillé qui vous fait frémir tout vos
membres, notamment sur 'If You Call' (qui rappellera sans doute sous
certain aspect James Brown). L'ouverture, 'The Game gets Old', nous
renvoie doucement dans une funk 70's. Les cuivres caressent doucement
vos oreilles sur 'The Reason'. La basse et la guitare en retrait sur
'She ain't a Child no more' nous balancent entre funk et rythm'n blues.
C'est un vrai voyage dans le temps que nous offre Sharon Jones and the
Dap-Kings.
Attention, je vois poindre par là quelque critique
visant à décrier les revivals. Je ne pense pas qu'il faille y voir dans
cette album, une volonté marketing d'interprété classiquement et sans
nouveauté une soul. La sincérité qui se dégage de cette album convaincra
les plus rétissant, quand aux autres il ne nous reste plus qu'à
arpenter les couloirs du métro d'une démarche chaloupé avec 'Better
Things' dans notre Mp3. (le vinyl c'est pas pratique à transporter quand
même).
[Mich]









