Papercuts, le webzine qui tranche
Séance de rattrapage pour ce disque sorti en fin d'année dernière
dans l'anonymat le plus ingrat. Fondé par un ancien guitariste live de
Nevermore et d'Annihilator répondant au doux nom celte de Curran
Murphy, ce combo pratique un trash alambiqué souvent lyrique évoquant
avec surprise … autant Nevermore (pour la section rythmique syncopée -
qui a dit Meshuggah ne connaît pas Watchtower ou Coroner - que pour la
voix haut perchée et agressive de Greg Wagner) que Annihilator (pour
les soli tordus et le côté power-gothic-pop de certains morceaux – cf.
les derniers albums de Jeff Waters - la ballade sirupeuse introduisant
Drinking joy en est l'exemple le plus flagrant).
Quatorze titres résolument rentre-dedans avec une batterie bloquée sur
la double grosse-caisse, des riffs efficaces, des refrains
mémorisables, des références certaines à des groupes européens, tout
particulièrement Unleashed sur les titres ‘Hatred divine' et ‘Fear to
succeed' où l'on jurerait que Johnny Hedlund est venu pousser sa
beuglante. Seulement un sentiment de déjà entendu s'empare de
l'auditeur à mi-parcours (d'un album durant une heure), et qui possède
la discographie complète de Nevermore ne devrait pas trouver son compte
dans ce « Never to play the servant ».
Par contre, le bouseux boutonneux ne jurant que par Deicide ou Subluime Cadaveric Decomposition et qui voudrait découvrir Mercyful Fate ou Manilla Road pourra y jeter une oreille sans craindre un foudroiement des tympans. Après, il est quasiment sûr que ce groupe aura du mal à décoller (comme Nevermore d'ailleurs) et que retranscrire des titres comme ‘Never to play' ou ‘Blasphemy feeder' pour la scène relèvera de l'exploit.
[Meule]
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