Papercuts, le webzine qui tranche
Un double album dans un superbe digipack tel un joyau dans son coffret de velours : la première impression qui se dégage lorsque l’on fait connaissance avec Zalem est forcément positive. Nul doute que l’on a affaire à un groupe qui aime le sens du détail. L’écoute attentive de l’heure et demie qui compose ‘Stigma’ nous le confirme, les angevins aiment peaufiner les détails de leur musique. A une heure où tout va très/trop vite, s’offrir une telle parenthèse temporelle est un véritable plaisir.
On épluchera le livret cherchant les messages cachés au fil des pages tout en se laissant bercer par les delays des guitares. Ne vous méprenez pas, voyez y simplement une accalmie. La ligne d’horizon s’obscurcit soudainement, l’orage gronde. Les guitares se font incisives, la batterie lourde et la basse vrombit. Seule une nappe de clavier légère semble indiquer l’éclaircie. L’ouragan succède au tonnerre, le temps se ralentit, les repères sont brouillés, le monde se retrouve chamboulé. ‘Stigma’ est un album qui saura comment s’y prendre pour vous retourner, toujours prêt à se rendre où l’on ne l’attend pas.
Zalem fait partie de ces groupes pour lesquels les mots sont superflus. Seule la musique compte. Les angevins l’ont d’ailleurs bien compris puisqu’ils ont décidé de se passer de vocalises, seulement quelques phrasés poétiques seront présents comme pour illustrer le propos et colorer la musique d’une différente teinte. Pour le reste, le combo a su enrichir sa musique de nombreux instruments claviers, percussions et cordes (xylophone, violon et piano notamment). Tout en finesse vous trouverez au détour d’une montée quelques notes en filigrane. Enchainant sans aucun complexe les ambiances, Zalem nous gratifie de véritables montagnes russes musicales et prend son temps lors de morceaux qui peuvent dépasser aisément la dizaine de minutes. On pense tour à tour à Pelican, Russian Circles, Iliketrains ou Equus. Les références sont flatteuses mais c’est tout simplement une façon déguisée de démontrer que Zalem est définitivement rentré dans la cour des grands.
[Eric H.] Envoyez un message









