Papercuts, le webzine qui tranche
Alfred Kubin - Souvenirs d’un pays à moitié oublié
Musée d’Art Moderne de Paris
[du 20/10/07 au 13/01/08 - 2007]
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Alfred Kubin (1877-1959) fut un peintre et un illustrateur autrichiendont l'importance est considérable dans l'histoire de l'art, même s'ilest très peu connu du grand public. L'exposition proposée par le MAM deParis offre l'occasion de combler ses lacunes, sur fond depsychanalyse. En effet Sigmund Freud publie en 1899 l'Interprétationdes rêves. Coïncidence, c'est à cette même époque qu'Alfred Kubin créeses dessins les plus étonnants, les plus riches en souffrance, et lesplus effrayants. Ce dernier, il est vrai, a eu un début de vie pour lemoins douloureux.
Sa mère meurt de phtisie quand il a dix ans. Ce décès et ledésespoir de son père le marquent définitivement. Un an plus tard, sonpère épouse la sœur de son épouse décédée. Très vite enceinte, ilsemblerait que ce soit elle qui initie le petit Alfred (onze ans) à desjeux interdits avant de mourir en couche. Son père devient violent,assène force coups de bâton sur le dos de son fils qui ne ressent plusque haine pour l'espèce humaine. Alfred fait une tentative de suicideen 1896, sur la tombe de sa mère.
En 1898, après s'être fait réformer de l'armée suite à une crise dedélire, il s'inscrit dans une académie de dessin à Munich, où ildécouvre les galeries de l'ancienne Pinacothèque, l'œuvre de MaxKlinger qui l'influenceront durablement. Si l'influence des Von Stuck,Egon Schiele et autres se font évidentes, puis dans une mesure moindre,celle de la nouvelle objectivité après guerre, c'est d'avantage du côtédes illustrateurs tels que Roland Topor, Gottfried Helnwein, ouPhilippe Mohlitz qu'il faut aller chercher. C'est d'ailleurs ce à quoiune bonne partie des dessins exposés furent destinés : l'illustrationde ses romans fantastico-surréalistes (dont s'inspirera Kafka pendantla rédaction de son « Château ») et de son autobiographie.
L'utilisation quasi maniaque de l'encre, de la plume, du gratté et dela vaporisation sur petit format, et le traitement de thèmes récurrentsconfèrent à l'ensemble de son œuvre un caractère obsessionnel etmalsain. La primitivité de la peur, les représentations de femmesmortifères et castratrices, les hybridations infernales à la Bosch, lesholocaustes et autres ex-votos à quelques divinités païennessanguinaires constituent une impressionnante collection digne du plusmorbide des cabinets de curiosité. Jugés prémonitoires après lescharniers du premier conflit mondial, les dessins de Kubin donnent àvoir une humanité totalement soumise, asservie par des forces obscures,monstrueuses, difformes, et toutes-puissantes. Cependant, analyseshistorico-sociales ou psychanalytiques auront beau faire, cet art gardeune grande partie de son mystère et c'est ce qui fait sa force.
Pari plutôt réussi donc, conjuguant sobriété de la mise en scène,citations-aveux hallucinées scandant l'accrochage, ainsi qu'unfilm-hommage réalisé dans les dernières années de sa vie clôturant uneexposition qui décidément, ne laissera personne indifférent.
Sa mère meurt de phtisie quand il a dix ans. Ce décès et ledésespoir de son père le marquent définitivement. Un an plus tard, sonpère épouse la sœur de son épouse décédée. Très vite enceinte, ilsemblerait que ce soit elle qui initie le petit Alfred (onze ans) à desjeux interdits avant de mourir en couche. Son père devient violent,assène force coups de bâton sur le dos de son fils qui ne ressent plusque haine pour l'espèce humaine. Alfred fait une tentative de suicideen 1896, sur la tombe de sa mère.
En 1898, après s'être fait réformer de l'armée suite à une crise dedélire, il s'inscrit dans une académie de dessin à Munich, où ildécouvre les galeries de l'ancienne Pinacothèque, l'œuvre de MaxKlinger qui l'influenceront durablement. Si l'influence des Von Stuck,Egon Schiele et autres se font évidentes, puis dans une mesure moindre,celle de la nouvelle objectivité après guerre, c'est d'avantage du côtédes illustrateurs tels que Roland Topor, Gottfried Helnwein, ouPhilippe Mohlitz qu'il faut aller chercher. C'est d'ailleurs ce à quoiune bonne partie des dessins exposés furent destinés : l'illustrationde ses romans fantastico-surréalistes (dont s'inspirera Kafka pendantla rédaction de son « Château ») et de son autobiographie.
L'utilisation quasi maniaque de l'encre, de la plume, du gratté et dela vaporisation sur petit format, et le traitement de thèmes récurrentsconfèrent à l'ensemble de son œuvre un caractère obsessionnel etmalsain. La primitivité de la peur, les représentations de femmesmortifères et castratrices, les hybridations infernales à la Bosch, lesholocaustes et autres ex-votos à quelques divinités païennessanguinaires constituent une impressionnante collection digne du plusmorbide des cabinets de curiosité. Jugés prémonitoires après lescharniers du premier conflit mondial, les dessins de Kubin donnent àvoir une humanité totalement soumise, asservie par des forces obscures,monstrueuses, difformes, et toutes-puissantes. Cependant, analyseshistorico-sociales ou psychanalytiques auront beau faire, cet art gardeune grande partie de son mystère et c'est ce qui fait sa force.
Pari plutôt réussi donc, conjuguant sobriété de la mise en scène,citations-aveux hallucinées scandant l'accrochage, ainsi qu'unfilm-hommage réalisé dans les dernières années de sa vie clôturant uneexposition qui décidément, ne laissera personne indifférent.
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