Papercuts, le webzine qui tranche
Depuis Jack Lang, chaque région peut se réjouir de la présence en sonsein d'un Fond Régional d'Art Contemporain, dont la principale missionest, démocratisation culturelle oblige, la promotion de l'artcontemporain. Pour mener à bien cette sacrosainte mission, les FRACsuivent une politique basée sur trois axes : constitution d'unpatrimoine, diffusion de ce patrimoine, et sensibilisation du public.
C'est donc sensibilisé par une jeune médiatrice que j'entrepris ladécouverte de François Curlet et de ses « complices psychiques » Jos deGruyter & Harald Thys. Pénétré dans ce temple de l'avant-garde autoproclamé, mes yeux se plissèrent, mes dents émirent d'incommodantsgrincements et ma gorge se remplit d'amertume. S'offraient à mon regardincrédule une rocking chair bleue recouverte d'un plaid à la rigiditésurréaliste, une courte vidéo d'inspiration néo dada (French Farce),dont la paternité est attribuée à F. Curlet, puis l'univers gris,uniformisé, boursouflé de décontextualisations, dans lequel se côtoientcaricatures dégoulinantes de burlesque badigeonnées d'un vague artbrut, lampadaire et tirages gris. Et la jeune médiatrice de se pâmer enm'expliquant l'influence de Marcel Duchamp et d'André Breton dans lessculptures aux allures de ready-made dégénérés et les photographiesfantasmatiques du couple belge ! « Maisbonsangmaiscestbiensur »feignais-je, en constatant dépité que l'art n'était apparemmenttoujours pas sorti du néo-dadaïsme et autres surréalismes à la petitesemaine.
Pourtant, le travail de Curlet a de quoi séduire : il est porteurd'un rire grinçant, rafraichissant et salvateur comme en témoignent sadjellaba adidas, ou l'avachissement du "just donuts". OK. Pourtant,l'idiotie (concept avancé par Breton) « comme conditions de ce que, en1924, on était en droit d'espérer en termes d'art pour ce siècle (...): défiance vis-à-vis de la thèse et de la dictature de l'esprit ;contradiction portée à la culture hautaine par « une gaîté moderne » ;critique des pirouettes de la forme et de leur prétendu renouvellementau détriment de la profondeur des pensées » avait de quoi séduire ! Lecritique Jean-Yves Jouannais, dans son livre « Les Artistes del'Idiotie », livre au thème sympathique puisqu'il s'agit de promouvoirl'idiotie comme façon de lutter contre le sérieux des imbéciles, assure« qu'on ne peut vaincre le mensonge que par le mensonge, l'impureté parl'impureté, la bêtise par l'idiotie ». Ok.
Mais que l'idiotie contemporaine continue ce combat, 90 ans aprèsl'iconoclasme de Duchamp, 80 ans après les jeux sémantiques de Breton,50 ans après l'irrévérence de Dali et 25 ans après le ministère desartistes de Jack Lang, comment doit on appeler ça ? De la nostalgie ?De la ringardise ? Du poétiquement correcte ? Doit on en conclure quele divorce entre création et réception des œuvres est bel et bienprononcé, ou qu'à l'inverse l'Art Contemporain, en faisant del'innovation le seul critère de légitimation, se contente de peu ?
C'est donc sensibilisé par une jeune médiatrice que j'entrepris ladécouverte de François Curlet et de ses « complices psychiques » Jos deGruyter & Harald Thys. Pénétré dans ce temple de l'avant-garde autoproclamé, mes yeux se plissèrent, mes dents émirent d'incommodantsgrincements et ma gorge se remplit d'amertume. S'offraient à mon regardincrédule une rocking chair bleue recouverte d'un plaid à la rigiditésurréaliste, une courte vidéo d'inspiration néo dada (French Farce),dont la paternité est attribuée à F. Curlet, puis l'univers gris,uniformisé, boursouflé de décontextualisations, dans lequel se côtoientcaricatures dégoulinantes de burlesque badigeonnées d'un vague artbrut, lampadaire et tirages gris. Et la jeune médiatrice de se pâmer enm'expliquant l'influence de Marcel Duchamp et d'André Breton dans lessculptures aux allures de ready-made dégénérés et les photographiesfantasmatiques du couple belge ! « Maisbonsangmaiscestbiensur »feignais-je, en constatant dépité que l'art n'était apparemmenttoujours pas sorti du néo-dadaïsme et autres surréalismes à la petitesemaine.
Pourtant, le travail de Curlet a de quoi séduire : il est porteurd'un rire grinçant, rafraichissant et salvateur comme en témoignent sadjellaba adidas, ou l'avachissement du "just donuts". OK. Pourtant,l'idiotie (concept avancé par Breton) « comme conditions de ce que, en1924, on était en droit d'espérer en termes d'art pour ce siècle (...): défiance vis-à-vis de la thèse et de la dictature de l'esprit ;contradiction portée à la culture hautaine par « une gaîté moderne » ;critique des pirouettes de la forme et de leur prétendu renouvellementau détriment de la profondeur des pensées » avait de quoi séduire ! Lecritique Jean-Yves Jouannais, dans son livre « Les Artistes del'Idiotie », livre au thème sympathique puisqu'il s'agit de promouvoirl'idiotie comme façon de lutter contre le sérieux des imbéciles, assure« qu'on ne peut vaincre le mensonge que par le mensonge, l'impureté parl'impureté, la bêtise par l'idiotie ». Ok.
Mais que l'idiotie contemporaine continue ce combat, 90 ans aprèsl'iconoclasme de Duchamp, 80 ans après les jeux sémantiques de Breton,50 ans après l'irrévérence de Dali et 25 ans après le ministère desartistes de Jack Lang, comment doit on appeler ça ? De la nostalgie ?De la ringardise ? Du poétiquement correcte ? Doit on en conclure quele divorce entre création et réception des œuvres est bel et bienprononcé, ou qu'à l'inverse l'Art Contemporain, en faisant del'innovation le seul critère de légitimation, se contente de peu ?
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