Papercuts, le webzine qui tranche
Connaissez vous Julien Cottereau ? Vous avait-on déjà parlé de ce clown
étrangement clown ? De ce mime pas vraiment mime ? Et de ce bruiteur
exceptionnellement doué ? Et bien, si vous ne le connaissez pas, allez voir son
spectacle actuellement aux Bouffes Parisiens. Un petit bijou de créativité
récompensé par le Molière de la Révélation Théâtrale Masculine en 2007.
Difficile de résumer une prestation d'une heure et quart sans aucune
parole et pas un décor ! Au premier abord, ça peut faire peur, et pourtant
c'est une véritable performance théâtrale et clownesque qu'il nous livre !
Le spectacle commence avec le bruit d'une goutte d'eau percutant le sol.
Soudain, un petit clown débraillé avec son pantalon trop court et son chapeau un
peu de travers surgit comme projeté de la bouche d'un monstre sur scène. Il
marche un peu comme Chaplin, a ses mimiques aussi. Il se met à balayer jusqu'au
moment où il s'aperçoit qu'il est observé par nous, public. A partir de ce
moment là, il enchaîne des saynètes à mourir de rire. Il invente à chaque
instant les objets dont il a besoin, de la pomme au chewing-gum en passant pas
le chien ou le ballon...
Mais si ce n'était qu'un mime, le spectacle n'aurait rien d'exceptionnel ! Et justement, c'est aussi un bruiteur talentueux. Il fait d'ailleurs tous les sons possibles et inimaginables, de la batterie au son de la mitraillette et du pistolet en passant par le bruit du chiffon essayant les vitres ou encore le bruit de l'ogre... Il nous embarque dans une histoire rocambolesque remplie de princesses et de montres. Il fait participer le public qui devient véritablement un binome. Au cours de ses péripéties, cet petit être mi-clown, mi-ange tombe amoureux d'une jeune princesse du public. Il lui offre son coeur, ses sourires et ses grands yeux d'enfant. Osera-t-elle se laisser embrasser ?
Avec son regard et son inscouscience enfantine, Julien réveille le clown qui sommeille en chacun de nous. Les enfants rêvent et eclatent de rire et les adultes plongent dans cette joyeuse poésie dérisoire. Sur une musique d'Ed Harcourt parfaitement choisie, il nous berce tendrement. On court, on vole avec lui, on est heureux, ému et léger.. « Standing ovation » pour ce clown décidement pas comme les autres.
[Julie]









