Papercuts, le webzine qui tranche
Larry Clark
Tulsa, 1963-1975
[La Maison Européenne de la Photographie - du 10/10/07 au 06/01/08 - 2007]
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Hébergée dans l'Hôtel Hénault de Cantobre, la Maison Européenne de laPhotographie abrite en ce moment une série de personnalités pour lemoins bigarrées. Ainsi on y retrouvera les photographies de l'errancede Romain Osi, les autoportraits cauchemardesques de Choi, leterrifiant « Plancher de Jean », monument d'art brut photographié parMartin d'Orgeval, le regard plein de tendresse que Martine Barrat portesur les populations du Bronx, le devoir de mémoire effectué par RogérioReis sur les violences perpétrées dans les favelas de Rio par le biaisde son installation « Micro Ondes », la collection quasi sociologiquede livres de nus d'Alessandro Bertolotti, et enfin les photographies deLarry Clark.
Il faut dire qu'avant de faire des films, le petit Larry Clarksuivait sa maman, photographe de son état, et l'aidait à faire sourirel'objet récurent des clichés maternels : les bébés. Mais après avoirétudié auprès de Walter Sheffer et Gerhard Bakker à la Layton School ofArt de Milwaukee dans le Wisconsin, Larry Clark découvre qu'il peutshooter autre chose que des nouveaux nés. De retour en 1963, iltravaille ainsi dans sa ville natale sur des scènes de vie d'un groupede drogués accros au speed et à la marijuana, appliquant à son insu lathéorie du standing point, étant lui-même consommateur plus ou moinsoccasionnel d'amphétamines, et partageant dans une moindre mesure leurstyle de vie. En 1971, cette « enquête » de huit ans donne naissance àsa première monographie : Tulsa.
Tulsa est un documentaire violent et sans concession sur la dérived'une jeunesse américaine déboussolée, désillusionnée, perdue entresexe (un peu), violence (beaucoup) et drogues (passionnément). En 1971,du fait de la nouveauté du thème et de la radicalité desreprésentations, Tulsa fait scandale : l'Amérique ne saurait être autrechose qu'un pays de mamans confectionnant des tartes aux pommes, etrefuse violemment l'idée que puissent se passer en son sein de tellesdérives.
Mais la réalité crue des clichés (aiguille dans le bras d'une femmeenceinte, accident de revolver, vulves ouvertes de femmes partagées)n'empêche pas cependant une stylisation assez formelle de l'image,notamment dans l'usage du noir et blanc et de la lumière naturelle(travail de documentaire oblige) : une gravité émane ainsi de ces corpsconfinés dans leurs chambres closes, comme recroquevillés sur leurpropre crépuscule.
Il n'y a cependant dans le travail du photographe ni jugement moral, niaffect, ni misérabilisme : rien que les faits, natures, dans leureffarante proximité. Me viennent alors les mots d'un poète mort en 1914: « Ce sont des hommes qu'on assassine ».
Il faut dire qu'avant de faire des films, le petit Larry Clarksuivait sa maman, photographe de son état, et l'aidait à faire sourirel'objet récurent des clichés maternels : les bébés. Mais après avoirétudié auprès de Walter Sheffer et Gerhard Bakker à la Layton School ofArt de Milwaukee dans le Wisconsin, Larry Clark découvre qu'il peutshooter autre chose que des nouveaux nés. De retour en 1963, iltravaille ainsi dans sa ville natale sur des scènes de vie d'un groupede drogués accros au speed et à la marijuana, appliquant à son insu lathéorie du standing point, étant lui-même consommateur plus ou moinsoccasionnel d'amphétamines, et partageant dans une moindre mesure leurstyle de vie. En 1971, cette « enquête » de huit ans donne naissance àsa première monographie : Tulsa.
Tulsa est un documentaire violent et sans concession sur la dérived'une jeunesse américaine déboussolée, désillusionnée, perdue entresexe (un peu), violence (beaucoup) et drogues (passionnément). En 1971,du fait de la nouveauté du thème et de la radicalité desreprésentations, Tulsa fait scandale : l'Amérique ne saurait être autrechose qu'un pays de mamans confectionnant des tartes aux pommes, etrefuse violemment l'idée que puissent se passer en son sein de tellesdérives.
Mais la réalité crue des clichés (aiguille dans le bras d'une femmeenceinte, accident de revolver, vulves ouvertes de femmes partagées)n'empêche pas cependant une stylisation assez formelle de l'image,notamment dans l'usage du noir et blanc et de la lumière naturelle(travail de documentaire oblige) : une gravité émane ainsi de ces corpsconfinés dans leurs chambres closes, comme recroquevillés sur leurpropre crépuscule.
Il n'y a cependant dans le travail du photographe ni jugement moral, niaffect, ni misérabilisme : rien que les faits, natures, dans leureffarante proximité. Me viennent alors les mots d'un poète mort en 1914: « Ce sont des hommes qu'on assassine ».
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